Une image satellite commerciale révèle en détail un véhicule spatial réutilisable chinois évoluant en orbite depuis 2020. Cette photographie, récemment publiée par les services de renseignement américains, lève partiellement le voile sur les caractéristiques et les activités de ce programme largement confidentiel.
Une photographie prise en orbite par un satellite commercial américain montre avec un niveau de détail exceptionnel un véhicule spatial réutilisable chinois, similaire au X-37B. Ce véhicule a réalisé quatre missions depuis 2020, la dernière étant toujours en cours.

La Chine développe depuis plusieurs années un programme de véhicules spatiaux réutilisables dont les caractéristiques et les objectifs restent pour la plupart inconnus. Une nouvelle image permet toutefois de mieux comprendre la configuration de l’un de ces engins, souvent désigné dans les publications occidentales sous le nom de Shenlong. Cette photographie a été prise en 2024 par Maxar Technologies, aujourd’hui Vantor, et n’a été diffusée en haute résolution que le 26 octobre 2026, dans un rapport public de la Defense Intelligence Agency (DIA) américaine.
L’image présente un véhicule doté d’ailes delta, de portes de soute, d’une protection thermique sombre et d’un module de service équipé de panneaux solaires, une configuration qui rappelle, selon la presse américaine, celle du X-37B, l’avion spatial sans pilote de la Force spatiale américaine.
À l’instar de son homologue américain, l’appareil chinois est lancé par une fusée classique, reste en orbite pendant de longues périodes puis retourne sur Terre, avec la capacité d’atterrir de manière autonome sur une piste.

Depuis 2020, la Chine a conduit quatre missions dans le cadre de ce programme. Certaines ont duré près de neuf mois. La quatrième mission a débuté en février 2026, et le véhicule était toujours en orbite au moment de la publication du rapport.
On ignore cependant combien d’unités ont été construites et quels sont leurs objectifs opérationnels. Le nom même de l’appareil demeure incertain, les médias officiels chinois le désignant simplement comme un vaisseau spatial expérimental réutilisable, sans révéler de détails sur son fonctionnement.
Tests de rendez-vous et de capture en orbite
Une analyse des données publiques de suivi orbital, réalisée par l’astrophysicien Jonathan McDowell, indique que le véhicule a libéré un petit objet en juin 2026 avant de s’en rapprocher à nouveau en juillet. Cette séquence correspondrait à une manœuvre de récupération, un processus qui aurait été répété entre août et septembre.
Ces observations laissent penser que la Chine teste des technologies de rendez-vous et de capture en orbite, peut-être à l’aide de mécanismes robotiques, bien que les méthodes employées n’aient pas été confirmées publiquement.
Ces capacités peuvent servir à la maintenance, l’inspection ou la récupération de satellites. Elles pourraient également avoir des applications militaires, notamment pour l’approche et l’interférence avec les équipements spatiaux d’autres nations.

L’avertissement de la DIA sur les capacités chinoises
La photographie s’inscrit dans une évaluation plus large de la DIA concernant les capacités spatiales de la Chine. Le rapport estime que le pays dispose de plusieurs systèmes laser basés au sol, avec différents niveaux de puissance, conçus pour perturber, dégrader ou endommager les satellites en orbite terrestre basse.
Le document juge également possible que Pékin possède, d’ici la fin de la décennie, des systèmes à énergie dirigée plus puissants, y compris des équipements déployés dans l’espace. Il souligne les tests chinois impliquant des missiles antisatellites, des bras robotiques et des technologies de ravitaillement de satellites en orbite géosynchrone, à environ 36 000 kilomètres d’altitude.
Ces informations, bien que significatives, proviennent d’une évaluation des services de renseignement américains. La photographie témoigne néanmoins des progrès des satellites commerciaux d’observation, capables désormais de photographier non seulement la surface terrestre, mais aussi d’autres équipements en orbite, grâce à une technique nommée imagerie non-terrestre (*non-Earth imaging*).
