Une tempête solaire exceptionnelle a offert une vue détaillée de la variation des radiations dans l’espace aérien. Les mesures ont enregistré des niveaux supérieurs aux seuils d’alerte à haute altitude, sans qu’une alerte n’ait été émise pour l’aviation.
Une tempête solaire a permis d’observer avec une précision inédite la manière dont les radiations varient dans l’espace aérien. Les données ont révélé des valeurs supérieures aux seuils d’avertissement en altitude, sans qu’une alerte aux radiations n’ait été diffusée pour l’aviation.

Cet événement s’est produit le 11 novembre 2025, à la suite d’une éruption solaire de classe X5. Il s’agit du phénomène de cette nature le plus intense depuis décembre 2006 et il a constitué une occasion rare de suivre les radiations depuis le sol, à l’aide de ballons et d’avions.
Cette recherche, dirigée par l’Université du Surrey et publiée dans la revue Space Weather, a rassemblé des mesures provenant de stations britanniques, de ballons météorologiques lancés au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, ainsi que de capteurs installés sur des vols transatlantiques.
La combinaison de ces sources a permis de reconstituer une image tridimensionnelle de l’événement.

Les radiations ont dépassé les seuils en altitude
Au-dessus de Lerwick, dans les îles Shetland, les ballons ont enregistré des valeurs supérieures à 30 microsieverts par heure, soit le seuil d’avertissement modéré défini par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
Ces mesures ont été effectuées vers 14,6 kilomètres d’altitude, une zone plus fréquentée par les jets d’affaires. Près de 19 kilomètres, les valeurs ont excédé 80 microsieverts par heure, correspondant au seuil d’avertissement sévère.
Toutefois, les ballons lancés plus tard en Cornouailles et aux Pays-Bas n’ont pas détecté d’augmentations comparables. L’exposition dépendait de la position géographique, de l’altitude et du moment de la mesure.

Qu’en a-t-il été pour les avions de ligne ?
Sur un vol entre Londres et New York, la dose cumulée a atteint 52,9 microsieverts, contre une moyenne de 37,1 microsieverts pour les vols de comparaison.
Aucun des deux vols commerciaux analysés n’a franchi le seuil d’avertissement modéré. Les valeurs les plus élevées mesurées par les ballons ne reflètent donc pas l’exposition des passagers de ces avions.
Malgré tout, aucune alerte aux radiations n’a été diffusée pour cet épisode, bien que des dépassements aient été enregistrés dans les couches supérieures de l’atmosphère.
Davantage de capteurs pourraient optimiser les alertes
Les systèmes actuels s’appuient principalement sur des modèles nourris par des observations terrestres et spatiales. L’étude souligne l’intérêt de les compléter par des mesures directes dans l’atmosphère, qui peuvent identifier les variations locales.
Pour les scientifiques, une surveillance mieux coordonnée pourrait permettre une évaluation plus fine de ces événements et guider les décisions de l’aviation lors des futures tempêtes solaires.
