Cet été, les États-Unis subissent une épidémie record de cyclosporiase, touchant des milliers de personnes dans des dizaines d’États. La laitue iceberg est pointée comme source majeure de contamination par les autorités sanitaires, qui enquêtent sur cette flambée exceptionnelle.
Depuis mai, les autorités sanitaires américaines observent une hausse anormale des cas de cyclosporiase, une infection intestinale provoquée par le parasite Cyclospora cayetanensis.
Les dernières données des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) estiment qu’environ 18 000 personnes sont tombées malades à travers le pays, un chiffre bien supérieur à la moyenne habituelle, qui dépasse rarement les 4 000 cas par an.
Les chiffres confirmés indiquent que plus de 1 600 cas contractés sur le territoire américain ont été validés en laboratoire, répartis dans 34 États, avec un total de 45 États touchés sur 50.
La situation est d’autant plus préoccupante que cette augmentation représente environ six fois le nombre de cas enregistrés à la même période l’année dernière.
Pour la première fois lors de cette épidémie, deux décès ont été confirmés, tous deux dans le Michigan, liés à des personnes souffrant de problèmes de santé préexistants, aggravés par l’infection et la déshydratation qu’elle provoque.

Le problème de la laitue contaminée
Les enquêtes menées conjointement par le CDC, la Food and Drug Administration (FDA) et les autorités étatiques désignent la laitue iceberg comme la source du plus important foyer identifié, touchant déjà neuf États et plus de 1 900 personnes infectées.
Suite à ces investigations, un rappel de produits de laitue iceberg a été émis, concernant ceux fabriqués au Mexique par Taylor Farms, distribués dans les restaurants et vendus en supermarchés sous la marque Marketside.
Parallèlement, un second foyer de contamination, avec plus de 400 cas concentrés dans le Michigan, l’Ohio, la Virginie-Occidentale et le Kentucky, est suspecté par les enquêteurs de provenir d’une source alimentaire commune, les légumes frais étant également sous surveillance.
Qu’est-ce que la cyclosporiase et comment se manifeste-t-elle ?
La cyclosporiase est une infection intestinale causée par le parasite Cyclospora cayetanensis, un protozoaire transmis par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par des matières fécales humaines, généralement via des produits frais comme la laitue, les framboises, le basilic et les pois gourmands ou les pois cassés.

La transmission ne se fait pas directement d’une personne à l’autre, car le parasite a besoin de plusieurs jours à semaines dans l’environnement pour devenir infectieux.
Les symptômes les plus fréquents incluent :
- Diarrhée aqueuse persistante, pouvant durer des semaines sans traitement ;
- Perte d’appétit et de poids ;
- Douleurs abdominales ;
- Ballonnements ;
- Nausées ;
- Fatigue ;
- Parfois, une légère fièvre.
Ils apparaissent généralement entre deux et 14 jours après le contact avec l’aliment contaminé, et peuvent fluctuer entre phases d’amélioration apparente et de rechute.
Le diagnostic se fait par analyse des selles, recherchant les oocystes caractéristiques du parasite (la forme résistante par laquelle il se transmet dans l’environnement, similaire à celle de Toxoplasma gondii, responsable de la toxoplasmose), ou par tests moléculaires (PCR), plus sensibles que la microscopie traditionnelle.
Une fois l’infection confirmée, le traitement de première ligne repose sur une combinaison d’antibiotiques.

Pourquoi est-il si difficile de stopper ces épidémies ?
L’absence de transmission directe entre personnes limite la propagation, mais complique la recherche rapide de la source d’une épidémie. Les symptômes n’apparaissent que plusieurs semaines après l’exposition initiale, obligeant à reconstituer, cas par cas, l’alimentation de chaque patient durant cette période.
Pour compliquer encore le diagnostic, le parasite passe souvent inaperçu lors des examens de laboratoire courants, ce qui nécessite de demander un test spécifique pour le détecter.
Ce facteur, associé à la sous-déclaration typique de ce type de maladie, amène les enquêteurs à penser que le nombre réel de cas pourrait être bien supérieur à celui des statistiques officielles.