Découverte de deux gènes stimulant le système immunitaire contre le cancer

Cellule T du système immunitaire impliquée dans la défense contre les tumeurs : une nouvelle étude publiée dans Nature a identifié deux gènes qui peuvent réactiver le système immunitaire contre le cancer.

Un nouvel éclairage sur les cellules immunitaires révèle comment des gènes spécifiques peuvent restaurer leur efficacité contre le cancer. Cette recherche prometteuse pourrait transformer l’approche des thérapies basées sur les cellules T, ouvrant la voie à des traitements plus performants et ciblés contre différentes formes de cancer.

Cellule T du système immunitaire impliquée dans la défense contre les tumeurs : une nouvelle étude publiée dans Nature a identifié deux gènes qui peuvent réactiver le système immunitaire contre le cancer.

Cellule T du système immunitaire impliquée dans la défense contre les tumeurs : une nouvelle étude publiée dans Nature a identifié deux gènes qui peuvent réactiver le système immunitaire contre le cancer.

Le système immunitaire est capable de reconnaître et d’attaquer les cellules tumorales, mais au fil du temps, certaines de ses cellules essentielles peuvent perdre cette capacité. Une nouvelle étude publiée dans Nature montre que des gènes spécifiques peuvent influencer ce processus.

Cette recherche a été réalisée par des scientifiques du Salk Institute for Biological Studies, du UNC Lineberger Comprehensive Cancer Center et de l’Université de Californie à San Diego. Elle se concentre sur les lymphocytes T CD8, également connus sous le nom de cellules T « tuant » ou cytotoxiques. Ces cellules jouent un rôle crucial en reconnaissant et détruisant à la fois les cellules infectées par des virus et les cellules tumorales, participant ainsi au développement de la mémoire immunologique.

Dans ce travail, les chercheurs ont analysé en détail l’activité génétique de ces cellules immunitaires pour comprendre ce qui les pousse à maintenir une réponse efficace ou à perdre progressivement leur aptitude à combattre la maladie. “Notre objectif à long terme est d’améliorer l’efficacité des thérapies immunitaires en créant des stratégies pour concevoir des cellules T plus performantes,” a déclaré une des co-autrices de l’étude.

Les résultats montrent que certains “interrupteurs génétiques” peuvent influencer de manière décisive le destin des cellules T. Comprendre ces mécanismes, précisent les auteurs, pourrait aider à développer à l’avenir des thérapies mobiles plus efficaces contre le cancer et certaines infections chroniques. Dans ce cadre, les thérapies basées sur les cellules T, comme les CAR-T, représentent l’une des applications les plus avancées de l’immunothérapie oncologique, déjà utilisées pour traiter certains cancers du sang, tels que les leucémies et les lymphomes.

Comment les chercheurs ont découvert les gènes qui réactivent les cellules T

Pour comprendre comment les cellules T évoluent dans le temps, les chercheurs ont construit un atlas génétique détaillé des états des cellules T CD8. Cet outil permet d’observer comment ces cellules peuvent se déplacer sur un spectre allant d’une condition hautement protectrice à une forme fortement compromise.

Un des principaux problèmes est que les cellules T efficaces et celles en état d’épuisement fonctionnel peuvent sembler très similaires lors d’analyses immunologiques traditionnelles. En analysant l’activité génétique et différents modèles expérimentaux, les scientifiques ont identifié les facteurs moléculaires qui orientent ces cellules vers une réponse immunitaire durable ou vers l’épuisement.

Parmi les régulateurs identifiés se dégagent deux facteurs de transcription, codés par les gènes ZSCAN20 et JDP2, qui n’avaient pas été associés auparavant à ce processus d’épuisement des cellules T.

Les expériences ont montré qu’inactiver ces deux gènes permet aux cellules T déjà épuisées de récupérer la capacité d’attaquer les cellules tumorales. “Nous avons activé des interrupteurs génétiques spécifiques dans les cellules T pour voir s’il était possible de restaurer leur fonction antitumorale sans compromettre la mémoire immunitaire à long terme,” a expliqué une autre autrice de l’étude. “Nous avons découvert qu’il était possible de séparer ces deux résultats.”

D’après les chercheurs, cette découverte suggère que l’épuisement des cellules T n’est pas nécessairement un état irréversible, mais peut être modulé par des interventions sur des mécanismes génétiques clés. L’atlas génétique développé dans cette étude constitue également un outil pour étudier l’évolution des cellules T lors des réponses immunitaires prolongées et pourrait aider à identifier de nouvelles cibles moléculaires pour les thérapies immunitaires.