Un nouveau système offensif viendra redistribuer les cartes sur le champ de bataille. Son coût réduit et ses capacités avancées en font un acteur clé dans les opérations militaires modernes. Découvrez comment une conception initialement iranienne est devenue un atout majeur pour les forces américaines.

La guerre contre l’Iran a mis en avant une des ironies les plus frappantes de la situation actuelle. Les États-Unis se sont inspirés du dron kamikaze iranien Shahed-136, l’ont reproduit, amélioré et renommé LUCAS, pour l’utiliser contre les forces de Téhéran.
Le vice-amiral Brad Cooper, commandant du Commandement central des États-Unis (CENTCOM), n’a pas hésité à affirmer l’importance de cette arme sur le terrain. Lors d’une conférence à Tampa, en Floride, il a résumé son évaluation par un mot : « Indispensable ».
Les initiales LUCAS signifient Low-Cost Uncrewed Combat Attack System, ou système d’attaque non piloté à faible coût. Ce dron kamikaze, destiné à un usage unique, a été engagé pour la première fois lors des bombardements initiaux de l’Opération Epic Fury, une offensive conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.
Une arme à 35 000 dollars face à des missiles à des millions

Le principal atout de LUCAS réside dans son coût. Chaque unité est évaluée à environ 35 000 dollars, une somme négligeable en comparaison des 2 à 2,5 millions de dollars d’un missile de croisière Tomahawk. D’après The War Zone, Cooper a fièrement expliqué l’origine du système : « Nous l’avons capturé, l’avons examiné, l’avons envoyé en Amérique, y avons apposé une étiquette ‘Fabriqué en Amérique’, et l’avons renvoyé pour le tirer sur les Iraniens ».
Au-delà de son prix, le dron LUCAS présente des capacités qui en font une menace tactique précieuse. Des porte-paroles du CENTCOM expliquent que le système possède un long rayon d’action et peut opérer au-delà de la ligne de vision, offrant un intérêt stratégique sur le large théâtre d’opérations au Moyen-Orient. Il est également équipé de terminaux Starlink permettant des tactiques de troupeaux coordonnées et des attaques dynamiques en réseau, tout en maintenant les opérateurs humains dans le circuit décisionnel.
L’équation des coûts qui change la guerre
Cooper a souligné l’évolution de la relation entre les coûts offensifs et défensifs. « Si je remonte quelques années, on entendait souvent que nous abattions un dron de 50 000 dollars avec un missile de 2 millions », a-t-il rappelé. « Aujourd’hui, nous passons beaucoup de temps à abattre des drones de 100 000 dollars avec des armes de 10 000 ».
Le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, présent lors de la même conférence, a insisté sur la suffisance des réserves de munitions pour soutenir la campagne aussi longtemps que nécessaire. Cependant, la capacité de l’Iran à tirer des missiles et des drones, bien que réduite, reste présente. Téhéran détient encore des milliers de projectiles et d’aéronefs non pilotés, même si une partie significative de ses lanceurs de missiles balistiques longue portée a été détruite ou rendue inutilisable.
La durée du conflit reste une incertitude inquiétante pour les analystes et les chefs militaires. Le président Donald Trump avait estimé que la campagne durerait entre quatre et cinq semaines, mais l’administration a reconnu que les délais pourraient s’étendre. Ce qui semble certain, c’est qu’aussi longtemps que cela durera, LUCAS sera l’une des armes les plus rentables de l’arsenal américain.
