Les structures en forme de champignon, souvent observées dans les villes, cachent un rôle crucial dans la distribution de l’eau. Les tours hydrauliques, au-delà de leur apparence unique, sont essentielles pour maintenir la pression dans les réseaux d’eau, offrant une solution fiable à nos besoins quotidiens.

Dans de nombreuses villes italiennes (et ailleurs) se dressent des structures au design innovant inspiré du champignon. Ces imposantes constructions, atteignant parfois plusieurs dizaines de mètres, dominent le paysage urbain. Sans entrer dans des détails techniques, ces géantes “fungiformes” sont des tours hydrauliques, des éléments essentiels des aqueducs qui assurent l’approvisionnement en eau des foyers. Selon l’article “An overview of storage tank types”, publié en juin 2025 par des chercheurs de l’Université de Belgrade et du Central Institute for Conservation, il existe plusieurs types de réservoirs : réservoirs cylindriques avec toits fixes (plat, conique, géodésique, etc.), réservoirs horizontaux, hémisphériques, sphéroïdaux, “bullet tank”, et les fameuses tours hydrauliques. Celles-ci se trouvent à une hauteur élevée pour ne pas seulement stocker l’eau (les réservoirs enterrés accomplissent cette tâche avec succès), mais aussi garantir une pression constante dans le réseau d’eau en utilisant le poids de l’eau et la gravité.

Ces tours sont particulièrement visibles dans les villes plates, souvent situées en bord de mer, où il est difficile d’installer un réservoir enterré à une altitude favorable. La gravité constitue la méthode la plus efficace et fiable pour créer de la pression sans recourir à des mécanismes coûteux. De plus, ces réservoirs suspendus peuvent fournir de l’eau même en cas de panne de pompes, lorsqu’il n’y a pas d’électricité ou pendant les pics de consommation. Pourquoi ont-ils la forme d’un grand champignon ?

Plusieurs raisons expliquent la prévalence de ces tours à l’aspect caractéristique. Comme précisé dans l’article dirigé par Marko S. Jarić et Sanja Petronic, les “Mushroom-shaped water towers” représentent simplement une variante des tours hydrauliques classiques, souvent cylindriques ou en forme de cabane. Elles peuvent être fabriquées en acier, en béton, en béton armé et renforcées avec d’autres matériaux. Le « pied » du champignon peut atteindre des hauteurs significatives de 40 à 50 mètres (la hauteur dépend de la pression nécessaire pour desservir une zone spécifique). Une conception avec une vasque supérieure spacieuse (le “chapeau” du champignon) et un pied robuste et étroit présente de nombreux bénéfices structurels, hydrauliques et fonctionnels par rapport à la structure cylindrique traditionnelle.
Concernant les avantages structurels, la vasque large distribue et répartit mieux le poids de l’eau, ce qui permet au fût d’être plus élancé et moins encombrant tout en conservant la même capacité, évitant ainsi des échafaudages lourds nécessaires pour soutenir une tour hydraulique classique. Cette forme assure également une meilleure stabilité face aux intempéries, comme le vent. De plus, une vasque plus large maintient un niveau d’eau plus constant, ce qui bénéficie aussi à la pression du réseau d’eau, la rendant plus uniforme. Par conséquent, il y a moins de fluctuations de pression et moins de risques de stagnation ou d’infiltration.

Comme l’explique un expert sur une plateforme en ligne, un réservoir de ce type « ne sert pas seulement à accumuler l’eau, mais aussi à stocker l’énergie nécessaire pour son distribution. Un réservoir en forme de champignon maintient l’eau à une pression d’utilisation adéquate« . « Si l’eau était conservée dans un trou au sol – continue l’expert – chaque fois qu’une personne ouvrait un robinet, une pompe devrait se mettre en marche pour fournir la pression requise. Cela serait également le cas si l’eau était entreposée à la même hauteur que l’utilisateur. En revanche, lorsque l’eau est stockée bien au-dessus des utilisateurs, la pression hydrostatique – celle générée par le poids de la colonne d’eau – pousse l’eau à travers les tuyaux jusqu’à l’utilisateur sans intervention d’une pompe. »

La forme en champignon facilite également les inspections par les opérateurs, qui auraient plus de difficultés à contrôler et maintenir un grand bloc cylindrique. La préfabrication et la modularité sont également simplifiées, rendant l’infrastructure plus facile et moins coûteuse à réaliser, tout en nécessitant moins de matériaux. De plus, l’impact visuel des tours hydrauliques est à prendre en compte, les structures s’intégrant mieux au paysage urbain grâce à leur fût réduit, parfois avec des solutions architecturales audacieuses et spectaculaires qui en font un élément distinctif du panorama. Parmi les « champignons » les plus connus en Italie figure sans aucun doute la tour piézométrique de l’Eur à Rome, construite dans les années 1950 en préparation pour les Jeux Olympiques de 1960, et qui abrite même un restaurant offrant une vue imprenable sur la ville.