Pourquoi de plus en plus de jeunes développent des cancers du côlon : signes d’alerte et moment idéal pour un dépistage

L’acteur James David Van Der Beek, mort d'un cancer du côlon le 11 février 2026. Crédit : Getty

James David Van Der Beek, célèbre acteur connu pour son rôle dans « Dawson’s Creek », est décédé à 48 ans d’un cancer du côlon. Son décès a choqué de nombreux fans, rappelant l’importance de la sensibilisation sur le cancer colorectal, qui touche de plus en plus de jeunes dans le monde.

L’acteur James David Van Der Beek, mort d'un cancer du côlon le 11 février 2026. Crédit : Getty

L’acteur James David Van Der Beek, protagoniste de la célèbre série télévisée Dawson’s Creek, est décédé le matin du mercredi 11 février à causa d’un cancer du côlon, contre lequel il se battait depuis 2023. La nouvelle de sa disparition a laissé ses nombreux fans dans la tristesse, qui lui rendent hommage avec des messages de condoléances sur les réseaux sociaux. La jeune âge de la star, seulement 48 ans, ajoute à la peine. Bien que le cancer soit souvent associé à un certain âge, de plus en plus de jeunes reçoivent ce diagnostic. Le cancer du côlon figure parmi les néoplasies en forte augmentation surtout chez les personnes de moins de 50 ans, considérées auparavant « à l’abri ».

Les principaux sintômes mentionnés par l’Institut Supérieur de la Santé (ISS) incluent du sang dans les selles, une perte de poids inexplicable, des douleurs abdominales, un gonflement, de la fatigue, ainsi que la constipation ou la diarrhée. En cas de symptômes, il est conseillé de consulter un médecin. L’histoire de Joe Faratzis, un jeune de 28 ans à Los Angeles qui a ignoré deux symptômes – douleurs et sang sur le papier hygiénique – est révélatrice : il a été diagnostiqué avec un cancer du côlon à quatrième stade, avec des métastases au poumon et au foie. L’Associazione Italienne pour la Recherche sur le Cancer (AIRC) recommande un test de sang occulte dans les selles à partir de 50 ans, mais face à la hausse des cas chez les jeunes, les experts suggèrent de commencer même plus tôt. La Fondation Veronesi cite des données américaines indiquant que les tests devraient commencer dès 45 ans.

D’après la littérature scientifique, plusieurs raisons expliquent la hausse des cas de cancers intestinaux chez les personnes de moins de 50 ans. Un récent article publié dans la revue Nature Tests Endocrinology a mis en évidence l’impact des aliments ultra-transformés, chargés en sucres raffinés et en graisses saturées, qui augmentent également le risque de diabète de type 2 et d’obésité. Selon les auteurs, ces aliments typiques des régimes occidentaux favorisent l’inflammation et perturbent le microbiote intestinal, créant un environnement propice à l’apparition de polypes pouvant évoluer vers des cancers.

Un autre études de l’Université du Missouri à Kansas City indique qu’entre 1999 et 2020, les diagnostics de cancer du côlon chez les enfants de 10 à 14 ans ont augmenté de 500 %; chez les adolescents de 15 à 19 ans, de 300 %; et parmi les jeunes de 20 à 24 ans, de 185 %. Parallèlement aux aliments ultra-transformés, un mode de vie plus sédentaire, la consommation de viande rouge, de boissons sucrées et l’ingestion de microplastiques (estimés à 5 grammes par semaine) contribuent aussi à déséquilibrer le microbiote intestinal et à provoquer une inflammation chronique. Comme l’explique un professeur de l’Université de Californie, la cause précise de cette augmentation notable des cas de carcinome colorectal chez les jeunes est encore inconnue, mais il est certain qu’elle est liée à un facteur environnemental et non génétique.

Une étude récente de l’Université de Californie à San Diego, parue dans Nature, associe l’augmentation des cas de cancer du côlon chez les jeunes à la colibactine, une toxine produite par certains souches d’Escherichia coli, un bactérie normalement présent dans notre intestin mais également un pathogène opportuniste. Les mutations liées à cette toxine sont plus fréquentes chez les moins de 40 ans atteints de cette néoplasie par rapport aux plus de 70 ans, ce qui implique que cette substance peut endommager l’ADN et déclencher le cancer. Comprendre pourquoi les jeunes présentant ce cancer montrent plus de mutations associées à cette toxine pourrait aider les scientifiques à déterminer ses effets déclencheurs.

Concernant les bactéries, une étude présentée à une conférence de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) a révélé que les régimes riches en sucres sont liés à une modification du microbiote intestinal, augmentant la population de Fusobacterium nucleatum, un micro-organisme reconnu pour induire l’inflammation intestinale. Cette condition entraîne un « vieillissement accéléré » du côlon, et il est révélateur que chez les moins de 50 ans diagnostiqués, les cellules apparaissent environ 15 ans plus vieilles que leur âge réel. Le bactérie Fusobacterium nucleatum pourrait également provoquer des mutations de l’ADN, semblables à celles causées par la colibactine d’E. coli.

La consommation d’alcool est liée à une augmentation significative du risque de plusieurs cancers, y compris le cancer du côlon, et il est connu qu’un nombre croissant de jeunes consomment des quantités significatives d’alcool (notamment à travers le binge drinking). Une étude menée par des chercheurs du National Cancer Institute des National Institutes of Health (NIH) a établi que cesser de boire réduit considérablement le risque de développer des polypes bénins précancéreux, et par conséquent, le cancer du côlon.

Selon l’AIRC, le cancer du côlon (ou carcinome colorectal) est la troisième néoplasie la plus diagnostiquée au monde, après le cancer du sein et du poumon. En Italie, l’Institut Supérieur de la Santé (ISS) prévoit 48.700 nouvelles diagnoses pour 2024. Selon les données de l’Associazione Italienne Registri Tumori (AIRTUM), c’est le deuxième cancer le plus mortel en Italie, causant environ 20.000 décès chaque année, et ceci implique de plus en plus de jeunes.