Une récente étude met en lumière des biomarqueurs du Parkinson, détectables dans le sang avant l’apparition des symptômes moteurs. Cette découverte pourrait transformer la manière dont la maladie est diagnostiquée et traitée, permettant une intervention anticipée et potentiellement plus efficace.

Certains signaux biologiques du Parkinson sont détectables dans le sang, mais uniquement avant l’apparition des symptômes moteurs, tels que des mouvements lents, rigidité, instabilité, tremblements et contractions musculaires involontaires. Cette recherche a été menée par une équipe de Chalmers University of Technology à Göteborg, en Suède, et est publiée dans la revue npj Parkinson’s Disease du groupe Nature.
Selon les résultats, il existe une période bien définie où la maladie peut être identifiée avant que les dommages neuronaux entraînent des symptômes cliniques plus marqués. “Nous avons identifié un laps de temps limité où le Parkinson peut être détecté avant l’apparition des symptômes moteurs”, déclare l’expert. Le fait que ces signaux biologiques se manifestent uniquement lors des phases initiales et ne soient plus actifs au fur et à mesure que la maladie progresse rend particulièrement intéressant de se concentrer sur ces mécanismes.
En collaboration avec des collègues de Chalmers University of Technology et de l’Oslo University Hospital, l’équipe a identifié des modèles biologiques mesurables dans le sang, liés à des processus mobiles actifs lors des phases précliniques du Parkinson, mais qui s’évanouissent avec l’apparition des symptômes moteurs.
Cette découverte est significative, car la plupart des diagnostics de Parkinson sont généralement établis lorsque la neurodégénérescence a déjà progressé. L’Organisation Mondiale de la Santé souligne que les symptômes moteurs apparaissent seulement après une perte considérable de neurones dopaminergiques, restreignant l’efficacité des interventions précoces. Dans ce cadre, la découverte d’une fenêtre biologique avant l’apparition des symptômes ouvre de nouvelles possibilités, tant pour le diagnostic précoce que pour le développement de traitements capables d’agir avant que les dommages cérébraux ne deviennent irréversibles.
Les signaux du Parkinson dans le sang avant les symptômes
Dans l’étude publiée dans npj Parkinson’s Disease, l’équipe a examiné ce qui se produit dans les phases très précoces du Parkinson, qui chez certains patients peuvent précéder l’apparition des symptômes moteurs de plusieurs décennies.
Les chercheurs se sont concentrés sur deux processus biologiques clés :
- la réparation des dommages à l’ADN, c’est-à-dire le mécanisme par lequel les cellules corrigent les altérations génétiques ;
- la réaction mobile au stress, un mécanisme de protection déclenché lorsque les cellules subissent des conditions néfastes.
Grâce à des techniques d’apprentissage automatique, l’équipe a identifié un modèle spécifique d’activité génique lié à ces processus. Ce modèle a été observé uniquement chez les patients dans la phase préclinique, tandis qu’il n’a pas été détecté chez des sujets sains ni chez des patients présentant déjà des symptômes du Parkinson.
Selon l’expert, “nous avons montré que ces biomarqueurs reflètent des aspects biologiques précoces de la maladie et peuvent être mesurés dans le sang. Cela pave la voie à des tests de dépistage à grande échelle, basés sur des échantillons de sang, qui sont simples et accessibles.”
D’après les chercheurs, comprendre ce qui se passe dans cette fenêtre temporelle pré-symptomatique pourrait non seulement faciliter un diagnostic anticipé, mais également aider à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, dans le but de ralentir ou de bloquer la progression du Parkinson avant l’apparition des symptômes moteurs.
