Crans-Montana : que va-t-il se passer pour les jeunes brûlés ? « La greffe de peau n’est que le début »

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Onze jeunes ont été blessés dans l’incendie de Crans-Montana et reçoivent des soins spécialisés à l’hôpital Niguarda de Milan. Les brûlures profondes nécessitent une intervention chirurgicale pour éviter des complications graves. Cet article explore le processus de traitement des brûlures sérieuses et les étapes cruciales de la guérison.

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Onze jeunes sont blessés dans la tragédie de Crans-Montana, actuellement hospitalisés à l’hôpital Niguarda de Milan. Comme l’a précisé Franz Wilhelm Baruffaldi Preis, directeur du Centre de Brûlures de Niguarda, dans le cas de brûlures profondes, il est essentiel d’intervenir chirurgicalement dès que possible pour enlever le tissu nécrotique et ainsi limiter le risque d’infections.

L’hôpital de Milan abrite également l’une des banques de tissus en activité en Italie. Ces établissements ont pour mission de prélever, conserver et mettre à disposition de la peau humaine provenant de donneurs en cas de besoin. Toutefois, le traitement d’une brûlure grave ne se limite pas à une greffe de peau. C’est une étape d’un processus bien plus complexe comportant plusieurs interventions chirurgicales. Cet article explique la broméline, un médicament utilisé dans les phases initiales des brûlures sévères.

Qu’est-ce qui définit une brûlure sévère et comment est-elle traitée ?

Les brûlures sont classées par trois niveaux selon leur profondeur. Plus une chaleur intense est en contact avec la peau longtemps, plus la lésion est profonde. Le premier degré se manifeste par une rougeur, semblable à un coup de soleil. Le second degré atteint l’épiderme et le derme.

S’il s’agit d’un second degré superficiel, accompagné de bulles, cela touche l’épiderme et le derme superficiel, permettant une guérison spontanée. En revanche, lorsque le derme est plus profondément atteint, on parle de second degré profond. Dans ce cas, la capacité de guérison spontanée n’existe plus.

Quand une intervention chirurgicale s’avère-t-elle nécessaire ?

En effet, dès que l’on constate une brûlure de second degré profond ou de troisième degré, qui touche tout le derme ou va même jusqu’aux tissus sous-cutanés comme les muscles et les os (ce qu’on appelle la carbonisation), une opération chirurgicale est requise.

Comment se déroule une intervention en cas de brûlure ?

Tout d’abord, les tissus brûlés doivent être retirés le plus rapidement possible, car ils favorisent la contamination bactérienne et accroissent le risque d’infection, pouvant mener à des cas graves de septicémie, secourue par le choc hémodynamique. C’est pourquoi les jeunes brûlés lors de l’incendie de Crans-Montana ont été rapidement opérés.

Cette opération est appelée escarectomie, c’est-à-dire l’excision de la peau carbonisée. Évidemment, lorsque des tissus brûlés sont enlevés, les tissus sains sont exposés et requièrent une protection adéquate durant la même opération.

Cette intervention se fait-elle en une seule fois ?

Non. Actuellement, à l’hôpital Niguarda, les salles d’opération fonctionnent 24 heures sur 24, même si 11 patients brûlés y sont traités, car l’escarectomie constitue un traumatisme chirurgical important. Un patient ayant des brûlures couvrant 60 % de son corps ne peut pas subir l’ablation de tous ces tissus en une seule fois. Il est donc nécessaire de procéder par étapes pour que le patient puisse supporter les opérations et se stabiliser entre chaque intervention.

Comment les zones exposées sont-elles couvertes ?

Il existe deux phases. La première, simultanément à l’ablation des tissus brûlés, consiste à couvrir les zones exposées avec de la peau de banque, également appelée peau homologuée, provenant de donneurs. Cette peau est soigneusement préparée et conservée dans des banques de tissus. Heureusement, Italia bénéficie d’un réseau bien établi et efficace, comme on peut le constater en période d’urgence.

Que se passe-t-il si la peau humaine n’est pas disponible ?

En cas de pénurie de peau humaine, on peut avoir recours à des substituts dermiques d’origine animale, provenant du poisson, de la brebis, du porc ou du bétail, après avoir été décellularisés. Cette étape est cruciale pour éliminer la capacité immunitaire, garantissant ainsi que l’organisme recevant la greffe l’accepte, au moins temporairement.

En quoi consiste la troisième phase ?

Ce revêtement par peau homologuée ou tissu animal est essentiel pour protéger les zones vitales exposées, favorisant également la stabilisation du patient. Il est important de se rappeler que la brûlure constitue une véritable maladie touchant tous les organes et systèmes, et pas seulement la peau.

En général, un délai d’environ 15 jours est nécessaire, durant lequel les patients améliorent leurs conditions générales, notamment ceux qui sont intubés, et peuvent être extubés. Après cette phase de récupération, on entame la troisième phase de la chirurgie des brûlures, axée sur la reconstruction, qui mènera à la guérison effective.

Comment s’effectue la reconstruction d’un tissu brûlé ?

La reconstruction peut être réalisée à l’aide de greffes prélevées sur le même patient ou par des lambeaux issus de techniques chirurgicales variées, qui représentent les grandes avancées dans le domaine des brûlures.

Pourquoi est-il nécessaire de remplacer la peau greffée par celle du patient ?

La peau greffée n’appartient pas au patient et est donc sujette au rejet. Cependant, elle peut être conservée pendant environ deux semaines, entre la deuxième et la troisième phase, car l’ustion entraîne une immunodépression sévère, repoussant ainsi le rejet comparé à des conditions normales.

Cette situation se produit car la brûlure affaiblit considérablement le système immunitaire, permettant au patient de tolérer la peau homologuée, du moins durant un temps. Cependant, après deux semaines, son corps la reconnaît comme étrangère et le système immunitaire se met en route pour la rejeter. C’est pourquoi la troisième phase devient essentielle.

Que faire si un patient présente des brûlures étendues sur tout le corps ? D’où provient la peau pour les greffes ?

Pour les brûlés graves, lorsque les brûlures couvrent plus de 20 % de la surface corporelle (comme dans le cas des jeunes de Crans-Montana), une technique chirurgicale est utilisée pour contourner ce problème : il s’agit des greffes en réseau.

Qu’est-ce que les greffes en réseau ?

Cette technique consiste à passer la peau prélevée sous un appareil qui la transforme en réseau, élargissant ainsi la portion réellement prélevée, ce qui modifie le rapport peau greffée/surface à couvrir de 1:1 à 1:2, allant même jusqu’à 1:6. Cette méthode permet d’utiliser moins de peau donneuse pour une plus grande surface receveuse.

Grâce à cette technique, le patient guérit car elle favorise la progression des kératinocytes, c’est-à-dire des cellules de l’épiderme, permettant ainsi la régénération de la peau.

La guérison est-elle définitive ?

Les brûlés graves nécessitent souvent plusieurs interventions tout au long de leur vie, car la possibilité d’amélioration, tant sur le plan esthétique que fonctionnel, subsiste toujours. Il est essentiel d’envisager l’avenir de ces jeunes avec espoir, car la chirurgie des brûlures a beaucoup évolué ces dernières années. Autrefois, la méthode était principalement réparative, visant à la cicatrisation, sans tenir compte des cicatrices souvent visibles et défigurantes. Aujourd’hui, l’accent est mis sur une chirurgie régénérative.

Les techniques régénératives utilisées aujourd’hui permettent d’obtenir de meilleurs résultats, avec des tissus plus élastiques, moins rétractés et éloignés des séquelles cicatricielles souvent observées suite à des brûlures graves.