La broméline, un agent enzymatique utilisé en milieu hospitalier, joue un rôle essentiel dans le traitement initial des brûlures graves, en permettant une élimination contrôlée du tissu nécrotique. Ce procédé favorise la préservation des tissus sains, réduisant ainsi les complications et améliorant les soins aux patients. L’importance de cette approche est soulignée par les experts.

La broméline est utilisée dans les centres pour grands brûlés au début du traitement pour retirer l’escarre, selon des protocoles cliniques spécialisés.
La broméline, récemment mise en avant après l’incendie de Cras-Montana, est un médicament peu connu en dehors des milieux spécialisés mais utilisé pour la prise en charge initiale des brûlures graves dans les heures suivant le traumatisme. Il s’agit d’un extrait enzymatique utilisé pour retirer l’escarre, le tissu nécrotique qui se forme à la suite de lésions dues à la chaleur ou aux flammes, conformément aux protocoles adoptés dans les centres pour grands brûlés. Parmi eux, l’Hôpital Niguarda de Milan a demandé en urgence ce médicament à l’Hôpital Villa Scassi de Gênes, suite au transfert de certains des blessés de l’incendie du Nouvel An.
“Le médicament — précise un expert — provoque une escarolise enzymatique, dissolvant l’escarre de brûlure, évitant des pertes de sang massives qui compromettent la survie du patient.”
Cette description clinique, fondée sur l’expérience directe du centre spécialisé, met en avant le potentiel technique du traitement : la broméline n’est pas une thérapie générique, mais une procédure sélective de débridement qui peut réduire les risques associés à la gestion chirurgicale traditionnelle. Le médicament à base de broméline, approuvé dans l’Union Européenne sous le nom commercial NexoBrid, est indiqué pour la retirer l’escarre en cas de brûlures thermiques de second et troisième degré, comme l’indique la documentation de l’Agence européenne pour les médicaments (EMA).
L’élimination contrôlée du tissu nécrotique par des enzymes protéolytiques permet de préserver le tissu vital environnant et de préparer la plaie aux étapes suivantes des soins. Une révision systématique de la littérature scientifique montre que l’utilisation de la broméline peut réduire la nécessité d’excision chirurgicale, raccourcir les temps d’hospitalisation et diminuer l’incidence de complications infectieuses chez les patients avec des brûlures graves.
Qu’est-ce que l’extrait de broméline
La broméline est un concentré d’enzymes protéolytiques extraits de l’ananas (Ananas comosus), généralement tirés de la tige. Dans le cadre clinique, cet extrait est formulé comme un médicament topique destiné à un usage hospitalier, distinct des compléments alimentaires à base de broméline, et est exclusivement destiné à la gestion des brûlures en milieu spécialisé.
La formulation clinique est autorisée dans l’Union Européenne pour l’utilisation dans les brûlures thermiques profondes, allant des brûlures à épaisseur partielle du derme (second degré) jusqu’aux brûlures à épaisseur totale (troisième degré), et doit être appliquée dans des centres pour grands brûlés sous supervision médicale.
Comment fonctionne la broméline
Dans le contexte des brûlures graves, la broméline agit comme agent de débridement, autrement dit, comme un mélange d’enzymes protéolytiques qui élimine sélectivement les tissus devitalisés de la peau, dissociant l’escarre qui couvre la plaie.
Comme expliqué dans les documents réglementaires de l’EMA, la dégradation enzymatique de l’escarre permet le traitement du tissu cutané vivant et favorise sa conservation, créant les conditions pour une gestion clinique plus efficace des lésions aux étapes suivantes. L’application se fait localement, sous forme de gel, suivant des protocoles précis qui nécessitent une préparation minutieuse de la zone brûlée et une surveillance du patient.
Pourquoi la broméline est-elle importante dans la gestion des brûlures graves
Dans le cas de brûlures profondes, la phase initiale du traitement est essentielle : une élimination incomplète ou tardive du tissu nécrotique peut favoriser les infections, accroître la perte de fluides et étendre les dommages aux tissus environnants.
L’approche avec la broméline permet une élimination plus sélective de l’escarre, réduisant l’invasivité comparée à l’excision chirurgicale traditionnelle et limitant l’hémorragie intraopératoire. Les preuves cliniques indiquent que ce procédé peut contribuer à améliorer la gestion globale des lésions, en préservant une plus grande quantité de tissu cutané vital et en réduisant, dans certains cas, le recours à des interventions chirurgicales ultérieures.
