Découvrez une installation artistique fascinante sur la côte française, où un colossal serpent en acier de 130 mètres attire l’attention des visiteurs. Située près de l’estuaire de la Loire, cette œuvre est le fruit de la créativité d’un artiste connu pour ses pièces provocantes.

Le Serpent d’Océan devant la côte de France. Crédit : Google Maps
Si vous recherchez les coordonnées 47°16′04″N 2°10′15″O sur Google Maps en mode satellite, vous trouverez une création artistique incroyable : un gigantesque et sinuosité d’un squelette de serpent, visible même depuis l’espace. Appelé Serpent d’Océan, il mesure 130 mètres. Cette œuvre se situe précisément dans la zone intertidale de l’estuaire de la Loire, le plus long fleuve de France, qui s’étend sur 1.006 kilomètres. Le serpent semble émerger de la plage face à l’Océan Atlantique et est régulièrement submergé à marée haute, en raison de sa position au sein d’une zone de marée où l’eau change de niveau plusieurs mètres chaque jour. Cette représentation d’un serpent marin à la gueule ouverte évoque l’imaginaire collectif, en dépit de ses dimensions impressionnantes. Qu’est-ce que ce serpent exactement ?

Tout comme la célèbre Volvo Island en Illinois (États-Unis), où une Volvo S80 est garée depuis 13 ans, le Serpent d’Océan est répertorié comme une attraction touristique sur Google Maps. Cependant, il ne s’agit pas d’une astuce marketing, mais bien d’une œuvre d’art véritable. Le Serpent d’Océan est en effet une installation audacieuse de l’artiste franco-chinois Huang Yong Ping (né en 1954), connu pour ses travaux expérimentaux et provocateurs.
Ce serpent, entièrement construit en acier, a été installé à Mindin dans la commune de Saint-Brevin-les-Pins (Loire Atlantique), sur le promontoire sablonneux appelé “Nez-de-Chien”, en raison de sa forme évoquant la tête d’un chien. Cette œuvre a été inaugurée le 20 juin 2012 lors de l’édition de cette année du festival Estuaire, avec le support financier du Fonds européen de développement régional de l’Union Européenne (UE).
Le serpent semble surgir du sable comme s’il était le résultat d’un grand excavation archéologique, sa colonne vertébrale rappelant le pont de Saint-Nazaire. Sa position fait également écho aux “carrelets”, des bateaux de pêche typiques de la côte atlantique française. L’œuvre vise probablement à allier mythologie chinoise, où les dragons tiennent une place importante, et le beau paysage européen, tout en évoquant l’hybridation culturelle influencée par la mondialisation, un thème cher à l’artiste.
Le serpent symbolise également le pouvoir et la connaissance, des éléments présents dans de nombreuses œuvres de Yong Ping, décédé en 2019. Par exemple, dans l’œuvre Empires (2016), exhibée au Grand Palais de Paris dans le cadre de la série “Monumenta”, un gigantesque serpent (plus de 240 mètres) se dresse au-dessus de plus de 300 conteneurs et un immense chariot élévateur, une réflexion sur le commerce mondial et l’influence économique. Les squelettes de serpents occupent aussi une place centrale dans Bâton Serpent (2003) et Le Grand Vivant (2016). Les thèmes liés à l’environnement, la faune, la rencontre des cultures, ainsi que l’impact nocif de l’homme lui étaient particulièrement chers. Aujourd’hui, le Serpent d’Océan sert désormais d’habitat aux créatures peuplant l’écosystème fragile des zones de marée.
