Les images de la magnifique papillon des roches et du splendide pic épeiche : « Éblouissant et rare à observer »

Picchio muraiolo. Crédit : Simone Proietti

Le Picchio muraiolo, un oiseau rare et fascinant, séduit les passionnés de nature par son plumage coloré et son vol spectaculaire. Avec une taille d’environ 17 cm, il évolue fréquemment sur des parois rocheuses et, durant l’hiver, s’aventure parfois dans des zones urbaines, rendant ses observations encore plus précieuses.

Picchio muraiolo. Crédit : Simone Proietti

Picchio muraiolo. Crédit : Simone Proietti

Une des spécies les plus prisées par les amateurs de birdwatching et photographes naturalistes, le picchio muraiolo (Tichodroma muraria), est un petit oiseau rare aura un plumage exceptionnel. Grâce à son vol élégant et ses couleurs vives, il est souvent surnommé « papillon des rochers ».

Picchio muraiolo. Crédit : Simone Proietti

Picchio muraiolo. Crédit : Simone Proietti

Cette espèce magnifique est difficile à apercevoir, car elle habite principalement des parois rocheuses en montagne, dans des zones isolées et escarpées des Alpes et des Appennins en Italie. Pourtant, durant l’hiver, ces oiseaux, mesurant environ 17 centimètres et pesant 20 grammes, descendent d’altitude et peuvent parfois atteindre des environnements urbains, se posant sur la façade de hauts châteaux ou de bâtiments historiques.

Picchio muraiolo. Crédit : Simone Proietti

Picchio muraiolo. Crédit : Simone Proietti

Le plumage joue un rôle central dans l’identité du picchio muraiolo. Le dos est d’un gris clair uniforme, tandis que la gorge et la poitrine des mâles sont noires, alors que celles des femelles sont d’un mélange moins marqué de blanc, gris et noir. Les ailes arrondies, ornées de nuances rouge vif et de blanc, contrastent avec le noir de son corps. Ce spectacle, accompagné d’un vol « à battement erratique et glissant », a inspiré le nom de « papillon des rochers ». Un observateur novice pourrait facilement le confondre avec un grand papillon à distance. Même lorsqu’il se pose sur des surfaces verticales avec les ailes légèrement ouvertes, il pourrait ressembler à un lépidoptère coloré. Certains peuvent même le prendre pour un colibri lorsqu’ils aperçoivent une sphinge dans leur jardin. Cependant, les détails de cet oiseau, comme son long et fin bec légèrement courbé, indiquent clairement son appartenance au monde aviaire. Ce bec lui permet de se nourrir d’insectes et arthropodes, notamment des araignées, qu’il déniche dans les crevasses des rochers.

Picchio muraiolo. Crédit : Simone Proietti

Picchio muraiolo. Crédit : Simone Proietti

Un picchio muraiolo est généralement aperçu de loin, et cette distance rend les rencontres inattendues assez rares, d’autant plus que peu de personnes connaissent cet oiseau exceptionnel. Parmi les chanceux ayant rencontré certains d’entre eux se trouve un photographe naturaliste, qui a récemment partagé des photos magnifiques de ce petit oiseau. “Rencontrer le picchio muraiolo est toujours un défi – explique-t-il. Il est d’abord peu répandu, puis il fréquente des milieux naturels souvent difficile d’accès.” “En été – continue-t-il – il faut marcher des kilomètres pour approcher les parois rocheuses en montagne, tout en espérant apercevoir un oiseau aussi petit qu’attrayant au moment où il prend son envol. En hiver, à la recherche de nourriture, il descend et parfois se retrouve dans des zones urbanisées, perchés sur des murs de bâtiments historiques, dans de vieilles carrières ou des ruines.

Picchio muraiolo. Crédit : Simone Proietti

Picchio muraiolo. Crédit : Simone Proietti

Malgré ces fréquentes excursions dans des environnements modifiés par l’homme, repérer cet oiseau reste difficile. Comme l’indique la guide de Svensson, lorsqu’il grimpe sur les parois, sa coloration grise et noire peut “éclipser” sa présence. C’est lorsque il prend son envol qu’il attire vraiment l’attention, comme on peut le voir sur la photo ci-dessous à ailes déployées.

Picchio muraiolo. Crédit : Lucianocasa/Wikipedia

Picchio muraiolo. Crédit : Lucianocasa/Wikipedia

Pour l’apercevoir – souligne le photographe – il faut prêter attention à ses mouvements, lorsqu’il scrute chaque petite fissure à la recherche de proies, surtout des araignées. Ils sautillent souvent de haut en bas sur les parois, mais parfois, ils s’élèvent dans les airs avec un mouvement d’ailes typique qui révèle leurs couleurs, le rouge carmin contrastant avec le noir et les taches blanches des rémiges. À ce moment-là, on comprend pourquoi on le surnomme aussi ‘papillon des rochers’, un oiseau fascinant qui attire le regard et qui se déplace avec une agilité remarquable même sur les falaises les plus escarpées.

Picchio muraiolo. Crédit : Simone Proietti

Picchio muraiolo. Crédit : Simone Proietti

La Lipu précise que les picchi muraioli se retrouvent généralement en altitude dans les Alpes et les Appennins, à une altitude de 1.400 à 2.700 mètres, non loin de ruisseaux et de zones végétales discontinuées. Lorsqu’ils vivent des hivers rigoureux, ils peuvent également se rendre en Sicile et au Gargano dans des zones anthropisées.

Picchio muraiolo. Crédit : Simone Proietti

Picchio muraiolo. Crédit : Simone Proietti

Il est important de noter que malgré son nom de « picchio », le picchio muraiolo appartient à la famille des Sittidae et ne fait pas partie de la famille des véritables pics (Picidae). Son comportement acrobatique, avec des grimper et un stationnement sur des surfaces verticales, rappelle les véritables pics, mais du point de vue taxonomique, il n’y a aucun lien. En Italie, le statut du picchio muraiolo est considéré comme favorable : selon la Lipu, entre 2.000 et 6.000 couples reproducteurs vivent dans le pays, ce qui représente la deuxième population la plus importante d’Europe. Leur caractère discret et les lieux difficiles d’accès où ils nichent sont indéniablement des facteurs de protection pour cette espèce.

Picchio muraiolo. Crédit : Simone Proietti

Picchio muraiolo. Crédit : Simone Proietti