Découverte de la première exolune : une lune au-delà de notre système solaire, révélations d’une étoile déchue

Illustration d'une possible exolune autour de l’exoplanète Kepler–1625b. Crédit : NASA, ESA, et L. Hustak (STScI)

Une découverte fascinante pourrait transformer notre compréhension des exolunes, suggérant l’existence d’un satellite naturel autour d’un objet astronomique unique. Cette recherche pourrait ouvrir de nouvelles perspectives sur la disponibilité de mondes potentiellement habitables au-delà de notre système solaire.

Illustration d'une possible exolune autour de l’exoplanète Kepler–1625b. Crédit : NASA, ESA, et L. Hustak (STScI)

Illustration d’une possible exolune autour de l’exoplanète Kepler–1625b. Crédit : NASA, ESA, et L. Hustak (STScI)

Des chercheurs auraient découvert la première exolune, c’est-à-dire un satellite en orbite en dehors du Système solaire. Identifier ces objets dans l’espace profond pose de grands défis, car ils sont plus petits et moins lumineux que les planètes. Déjà, la NASA a annoncé avoir détecté le six millième exoplanète. Bien que des exolunes aient été précédemment postulées, des vérifications ont souvent invalidé ces observations, les considérant comme des erreurs dans le traitement des données liées aux changements de luminosité des exoplanètes. Cette nouvelle exolune a été identifiée à l’aide d’une méthode alternative, observant les oscillations d’un objet substellaire en orbite autour de l’étoile HD 206893, située à 133 années-lumière. Les experts notent que les anomalies observées pourraient être causées par une exolune massive.

Importance de cette découverte réside également dans le fait que l’objet substellaire n’est pas une planète, mais une naine brune, un type d’étoile qui se situe entre un géant gazeux et une vraie étoile. Ces objets peuvent fusionner le deuterium, mais pas l’hydrogène, ce qui indique qu’ils manquent du “moteur” des véritables astres. La possible identification d’une lune extrasolaire autour d’un tel objet incite à envisager une nouvelle terminologie, à moins que le terme exolune ne soit considéré comme adéquat pour les naines brunes et les planètes.

Une équipe internationale de recherche a mis en lumière cette potentielle exolune autour de la naine brune HD 206893 b. Pour cette étude, des scientifiques du LIRA – Observatoire de Paris de l’Université Sorbonne ont collaboré étroitement avec plusieurs autres institutions. Parmi les participants, le Centre for Interdisciplinary Exploration and Research in Astrophysics (CIERA) de l’Université Northwestern, l’Observatoire Austral Européen (ESO), le Département de Physique et Astronomie de l’Université Johns Hopkins, la Faculté des Sciences de l’Université de Lisbonne, l’Université de Cologne, et bien d’autres. La recherche, sous la direction du professeur Q. Kral, a impliqué l’observation de l’étoile HD 206893 à l’aide de l’instrument GRAVITY monté sur le Very Large Telescope (VLT) situé au Chili, dans un des cieux les plus sombres du monde. Cet équipement permet d’obtenir des données astrométriques de très haute précision. En analysant les oscillations anormales de la naine brune, les chercheurs ont suggéré la présence d’une exolune. “En utilisant le VLTI/GRAVITY, nous avons surveillé les positions astrométriques d’HD 206893 B sur diverses échelles de temps, courtes (de quelques jours à quelques mois) et longues (annuelles). Cela nous a permis d’isoler d’éventuelles oscillations résiduelles dans le mouvement de la composante B attribuables à une lune en orbite”, ont précisé les chercheurs dans le résumé de l’étude.

Si elle s’avérait réelle, l’exolune serait de dimensions impressionnantes. Les chercheurs ont évalué que cet objet pourrait avoir une masse équivalente à presque la moitié de celle de Jupiter, soit environ l’équivalent de 150 planètes Terre. Pour achever son orbite autour de la naine brune, cette méga-lune mettrait près de 8 mois. “Notre analyse met en lumière des résidus astrométriques préliminaires dans l’orbite de HD 206893 B. Si interprétés comme un indice d’une exolune, ces résidus correspondent à un candidat (HD 206893 BI) avec une période orbitale d’environ 0,76 an et une masse de 0,4 masse jovienne. Toutefois, la source de ces résidus demeure ambiguë et pourrait résulter de facteurs systématiques”, expliquent les scientifiques.

Actuellement, nous ne pouvons pas affirmer sa présence avec certitude. Toutefois, la méthode basée sur l’influence gravitationnelle semble plus adaptée pour identifier ces objets éloignés. Découvrir des exolunes est également crucial pour la recherche de la vie dans l’espace. Comme observé dans notre Système solaire, bien que des planètes comme Jupiter et Saturne ne soient pas susceptibles d’accueillir la vie (étant des géants gazeux), certaines de leurs lunes – à l’image d’Europe et d’Encelade – montrent un potentiel pour abriter la vie au sein de leurs océans souterrains. Étudier ces corps célestes lointains pourrait ainsi contribuer à répondre à l’une des grandes questions de l’exploration spatiale. Les détails de l’étude intitulée “Recherche d’exolunes avec VLTI/GRAVITY autour du compagnon substellaire HD 206893 B” ont été publiés sur Arxiv et sont déjà approuvés pour parution dans une revue scientifique.