De récentes observations de l’objet interstellaire 3I/ATLAS révèlent des caractéristiques intrigantes, avec des queues multiples qui alimentent des débats parmi les experts. Des hypothèses évoquent à la fois une nature cométaire et des origines technologiques. Les nouvelles images à l’appui d’une étude approfondie promettent d’éclairer ce mystère céleste.

3I/ATLAS parmi les étoiles. Crédits : International Gemini Observatory/NOIRLab/NSF/AURA/K. Meech/Jen Miller/Mahdi Zamani
De nouvelles images de l’objet interstellaire 3I/ATLAS, prises le 8 novembre, montrent des queues multiples, dont au moins une se dirige vers le Soleil (une contre-queue). Selon un professeur de l’Université de Harvard, cela pourrait être le résultat de moteurs à fusée d’un vaisseau spatial voyageant au cœur du Système solaire, une théorie qu’il soutient depuis longtemps en raison des anomalies observées. Cependant, pour la majorité des experts, 3I/ATLAS est clairement une comète alien, c’est-à-dire provenant d’un autre système stellaire, en raison des caractéristiques cométaires, même si elles sont rares, détectées jusqu’à présent. Les multiples queues seraient dues au récent passage au périhélie, le point le plus proche du Soleil atteint le 29 octobre ; ce passage, provoquant une augmentation de la chaleur, aurait catalysé la sublimation de la glace à la surface de l’objet, créant ainsi les différents jets. Toutefois, selon le professeur, il est encore impossible de le prouver de manière définitive, et l’option d’un « ensemble de propulseurs à jet utilisés pour la navigation d’un vaisseau spatial » ne peut être exclue, comme expliqué dans un article publié sur Medium.
Nouvelles images de 3I/ATLAS après le périhélie
Les nouvelles images proviennent d’observations effectuées à une montagne non spécifiée à 04h10 UTC (05h10 en France) le samedi 8 novembre 2025. Comme expliqué dans cet article, 3I/ATLAS est observable avant l’aube même depuis notre pays avec un télescope amateur. Les clichés ont été réalisés et traités par des experts en observation de comètes. Ces magnifiques photographies, dont beaucoup sont partagées dans un groupe Facebook, témoignent de l’engagement de la communauté scientifique amateur dans cette aventure.
« Ce matin tôt, 3I/ATLAS a révélé une structure complexe de sa queue », témoigne l’un des experts. L’objet a été observé à 29 degrés d’élongation du Soleil, soit l’angle apparent entre l’étoile et l’objet. « L’image composite résultant de 24 poses de 35 secondes en vert, de 2 en rouge et de 2 en bleu avec un télescope Rowe-Ackermann Schmidt Astrograph de 11 pouces montre une chevelure de 5′ d’arc et 4-5 queues ou jets », précise-t-il. L’analyse des angles permet de déterminer la direction des queues de la comète.
L’expert mentionne que la comète était à 7-10° au-dessus de l’horizon lors de sa capture « sous la lumière intense de la Lune », avant que le crépuscule n’entrave les prises de vue. Ces images impressionnantes affichent une structure de queue inusuelle, distincte de celle observée sur la comète C/2025 A6 (Lemmon) le mois dernier. Les raisons peuvent être variées ; la comète pourrait avoir 10 milliards d’années et provenir du disque mince de la Voie lactée. Durant ce long voyage, elle n’aurait pas eu d’interactions rapprochées avec d’autres étoiles, ce qui aurait permis au Soleil de « briser » (sublimer) la coque glacée de l’objet à plusieurs endroits après une période de temps prolongée sans telles interactions. Cependant, selon le professeur, ces jets peuvent aussi être le résultat de propulseurs d’un vaisseau en manœuvre.

Hypothèse des moteurs en marche
Les vaisseaux spatiaux sont équipés de buses directionnelles, essentielles pour changer de direction dans l’espace, où l’absence d’atmosphère rend les surfaces aérodynamiques inutiles. Dans de telles conditions, il est possible de changer de direction uniquement en modifiant l’angle de poussée. Ces buses étaient présentes sur la navette spatiale et se retrouvent sur le Falcon 9 de SpaceX, ainsi que sur de nombreux autres véhicules en orbite. Ils figurent également dans des films tels qu’Interstellar ou Apollo 13. Lorsqu’ils sont activés, ces moteurs produisent des jets visibles. Si 3I/ATLAS était un vaisseau spatial, selon les propos du professeur, sa taille serait colossale, donc les jets de ses moteurs devraient être considérables, comme le montrent les images.
« Étant donné qu’un grand nombre de jets apparaît dans de nombreuses directions, la poussée non-gravitationnelle observée de 3I/ATLAS nécessite qu’il ait expulsé beaucoup plus de 10–20 % de sa masse initiale près du périhélie. Seule une fraction de cette masse entraîne une quantité de mouvement dans une direction prédéfinie », explique le professeur d’astronomie. « Cela indique que le nuage de débris autour de 3I/ATLAS doit constituer une part substantielle de sa masse initiale s’il s’agit d’une comète naturelle. En revanche, des propulseurs technologiques pourraient donner à l’objet une poussée avec une masse bien moins importante, mais expulsée à une vitesse plus élevée ».

Dans une déclaration rapportée par un portail spécialisé, il est mentionné que l’astrométrie de 3I/ATLAS « a montré qu’il continue de suivre les éphémérides », c’est-à-dire des tableaux qui prévoient et calculent par avance la position des corps célestes. En d’autres termes, l’objet interstellaire se déplace comme prévu. « Les écarts étaient meilleurs qu’une seconde d’arc. Il n’a ni ralenti ni libéré de petites sondes », indique l’expert, en réponse à l’une des théories selon laquelle 3I/ATLAS aurait pu libérer des sondes près du périhélie. Autrement dit, il n’y a pas de preuve indiquant un changement de direction ou de décélération, donc ce que l’on observe serait simplement le résultat de la sublimation de la glace autour du noyau cométaire. D’autres observations seront essentielles pour déterminer avec précision les caractéristiques de ce fascinant visiteur extraterrestre.
