Un nouvel éclairage sur les maladies cardiovasculaires remet en question des idées reçues. Des recherches récentes révèlent que les événements comme les infarctus et les AVC ne surviennent pas sans signes précurseurs. Les résultats d’une étude menée sur des millions de cas sont à découvrir.

Les maladies cardiovasculaires, y compris les AVC et les infarctus, représentent encore la première cause de mortalité dans le monde et en France. Bien que ces pathologies soient souvent dues à des facteurs de risque modifiables, elles demeurent souvent silencieuses et ne se manifestent que dans des stades avancés ou, comme dans le cas de l’infarctus ou de l’AVC, au moment où elles se produisent. Cette caractéristique a façonné l’idée que ces événements potentiellement mortels sont imprévisibles.
Un nouvel étude réalisée par Northwestern Medicine et l’Université Yonsei en Corée du Sud remet en question cette perception. Après avoir examiné les dossiers médicaux d’environ 9 millions d’adultes en Corée du Sud et environ 7 000 personnes aux États-Unis sur une période de plus de dix ans, les auteurs de l’étude concluent qu’il est faux de croire qu’événements comme infarctus et AVC surviennent sans avertissement dans 99% des cas.
Les facteurs de risque étudiés
Pour mener à bien cette recherche, les chercheurs ont analysé quatre facteurs de risque bien connus des maladies cardiovasculaires : hypertension, glycémie élevée, cholestérol élevé et tabagisme (actuel ou passé). Les valeurs de santé cardiovasculaire idéales définies par l’American Heart Association (AHA), une des principales associations cardiologiques des États-Unis, ont servi de référence.
L’étude a principalement considéré deux niveaux de risque. Le premier regroupe les valeurs non optimales, c’est-à-dire celles qui ne signalent pas encore de maladie diagnostiquable, mais sont hors des plages considérées comme saines. Cela inclut : pression systolique (la « maximale ») égale ou supérieure à 120 mm Hg, diastolique (la « minimale ») égale ou supérieure à 80 mm Hg, cholestérol total supérieur à 200 mg/dL, glycémie à jeun supérieure à 100 mg/dL et tabagisme, même passé.
Le second niveau a examiné les soglies cliniques, soit les valeurs souvent utilisées par les médecins pour établir un diagnostic. À cet égard, les limites étaient : pression systolique égale ou supérieure à 140 mm Hg, diastolique égale ou supérieure à 90 mm Hg, cholestérol supérieur à 240 mg/dL, glycémie égale ou supérieure à 126 mg/dL et tabagisme actif.
Résultats des chercheurs
Les chercheurs ont ensuite identifié, au sein de la large population analysée, ceux ayant subi un infarctus, un AVC ou développé une insuffisance cardiaque. Après avoir sélectionné ces cas, ils ont étudié leurs dossiers médicaux précédents pour déterminer qui présentait un ou plusieurs facteurs de risque susmentionnés. Il s’est avéré que quasiment tous, environ 99%, avaient au moins une valeur non optimale parmi celles évaluées, et plus de 93% avaient deux ou plusieurs facteurs de risque. L’hypertension s’est révélée être le facteur le plus commun : présente chez plus de 95% des patients sud-coréens et 93% des patients américains touchés par ces maladies.
