Le revers caché du coup de tête : une étude révèle l’inquiétant impact sur le cerveau des footballeurs

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Un nouvel éclairage sur le geste de jeu courant dans le football révèle des implications inquiétantes pour la santé des joueurs. Une étude récente met en lumière les effets néfastes des impacts répétés sur la cognition, soulignant l’importance d’une prise de conscience accrue sur les risques liés à cette pratique.

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Le colpo di testa est l’un des gestes les plus spectaculaires du football, particulièrement lorsqu’il se traduit par un magnifique but. Pourtant, toucher le ballon avec le front à grande vitesse n’est pas toujours agréable et peut engendrer un impact douloureux. Une étude récente publiée dans l’éditeur JAMA Open montre que cet exercice n’est pas sans conséquences, en particulier pour les pratiquants réguliers : des fracas répétés peuvent engendrer une déformation d’une région spécifique du cerveau, la cortex cérébral, entraînant une diminution des performances cognitives.

L’une des particularités de cette étude réside dans les anomalies observées, semblables à l’encéphalopathie traumatique chronique (CTE), une maladie neurodégénérative pouvant survenir chez les personnes soumis à des traumatismes crâniens répétés, comme les boxeurs ou les joueurs de football américain. Les recherches suggèrent que les altérations causées par les coups de tête, souvent perçues comme inoffensives, pourraient être le déclencheur d’une pathologie plus grave, affectant même les individus en bonne santé, avec une baisse des capacités cognitives, notamment en mémoire et en apprentissage.

C’est une équipe de recherche américaine, dirigée par des scientifiques de l’Albert Einstein College of Medicine et de l’Université Columbia, qui a mis en évidence les effets des coups de tête sur le cerveau. Ils ont élaboré une nouvelle méthode d’imagerie par résonance magnétique à diffusion (dMRI), qui permet d’analyser non seulement les structures profondes mais aussi les couches superficielles du cortex cérébral. Plus précisément, l’étude s’est focalisée sur l’interface orbitofrontale entre matière grise et matière blanche (GWI), essentielle pour les fonctions cognitives.

Pour cette recherche, 352 footballeurs amateurs adultes (âgés de 18 à 55 ans) ont été recrutés et soumis à des examens cérébraux afin d’évaluer leur condition micro-structurale. Les résultats ont montré que ceux qui effectuaient des têtes plus fréquemment présentaient un affaiblissement de l’interface GWI, où la distinction entre matière grise et matière blanche était moins marquée, comparée à ceux n’effectuant pas ces impacts. Cette micro-lésion se forme tel un bleu, résultant de l’impact avec le ballon.

«Nous avons étudié cette interface car la matière blanche et grise ont des densités différentes et réagissent de manière distincte à l’impact de la tête», a indiqué le professeur Lipton dans un communiqué. «Cela crée des forces de cisaillement entre les deux tissus, rendant cette interface vulnérable aux blessures», a-t-il expliqué. «Chez les individus en bonne santé, la transition entre ces tissus doit être nette. Nous avons vérifié si une atténuation de cette transition pouvait survenir à la suite d’impacts mineurs», a ajouté la coautrice Joan Song.

Pour les grands frappeurs de tête, qui réalisaient au moins 1.000 têtes par an, la déformation de la GWI était plus significative. De plus, lors de tests cognitifs, ces footballeurs, bien que sains, montraient des performances cognitives inférieures en mémoire et en apprentissage par rapport à ceux s’adonnant à des sports sans impacts crâniens. «Ce qui est essentiel dans notre étude, c’est qu’elle démontre, pour la première fois, que l’exposition à des impacts répétés à la tête entraîne des changements spécifiques dans le cerveau, compromettant ainsi la fonction cognitive», a affirmé le professeur Lipton. À présent, il est nécessaire d’explorer la corrélation potentielle de ces micro-lésions avec la CTE. Les détails de l’étude « Orbitofrontal Gray-White Interface Injury and the Association of Soccer Heading With Verbal Learning » sont publiés dans JAMA Open.