Plongé dans l’espace durant l’opération, l’urologue : « La réalité augmentée a bénéficié au patient »

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Une nouvelle approche utilisant des visuels immersifs transforme l’expérience des interventions médicales. Les patients bénéficient d’un environnement apaisant, réduisant leur anxiété pendant les procédures invasives. La technologie déployée à l’Hôpital Molinette de Turin pourrait transformer les soins vécus par les patients, notamment lors des traitements du cancer de la prostate.

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Se soumettre à une intervention chirurgicale ou à un test diagnostique invasif, comme une biopsie ou une gastroscopie, entraîne souvent une réaction émotionnelle significative, rendant cette épreuve psychologiquement difficile. Pour atténuer cet effet secondaire lié à certaines procédures médicales, la clinique universitaire d’Urologie de l’Hôpital Molinette de Turin expérimente une nouvelle technologie : des visiteurs de réalité augmentée qui, grâce à l’intelligence artificielle, permettent au patient de se distraire et de se plonger dans un environnement apaisant pendant que les médecins effectuent leur travail.

Plus précisément, l’hôpital utilise cet outil lors de certaines interventions pour traiter le cancer de la prostate, grâce à une procédure innovante, la thérapie focale par technologie Echolaser. Cette méthode « permet », selon l’Hôpital Molinette, l’ablation sélective de la zone de la prostate affectée par le cancer, tout en préservant le reste de la glande. Cela évite au patient des complications telles que l’incontinence urinaire ou les déficits érectiles.

Un professeur à l’Université de Turin a participé à l’équipe médicale ayant réalisé la première intervention avec cette procédure innovante, utilisant un casque de réalité augmentée afin d’améliorer l’expérience du patient. Il a expliqué que cet outil, initialement conçu à d’autres fins, peut avoir un impact positif sur l’expérience des patients, non seulement dans ce type d’intervention, mais potentiellement dans d’autres procédures médicales.

Est-ce la première fois qu’un casque de réalité virtuelle est utilisé?

Dans le cadre d’une intervention de ce type, nous avons été les premiers à expérimenter cette technologie, bien que des expériences préliminaires aient déjà été menées en France, où cette technologie a été testée sur des patients subissant des ponctions lombaires.

Quels sont les bénéfices sur la santé?

L’objectif principal est d’aider le patient à se distraire et à se détendre durant des procédures invasives réalisées sous anesthésie locale, améliorant ainsi leur tolérance.

Quelle a été l’origine de l’idée d’utiliser un casque dans le domaine urologique?

L’idée a émergé du besoin d’atténuer l’anxiété et la perception de la douleur des patients subissant des biopsies prostatiques transperineales. À l’Hôpital Molinette, où nous pratiquons depuis des années ces biopsies sous anesthésie locale, nous avons constaté que ces procédures, bien que courantes, engendrent souvent anxiété et malaise chez les patients.

Quels enseignements avez-vous tirés de vos études?

Une de nos publications a montré qu’une composante d’anxiété significative est liée à la perception de la douleur, rendant la biopsie prostatique une expérience très négative pour le patient. Toutefois, en gérant cette anxiété de manière positive, l’expérience peut être améliorée. Nous nous sommes donc demandé pourquoi ne pas tenter d’améliorer cette expérience lors d’une thérapie focale pour cancer de la prostate.

En quoi consiste cette intervention?

La thérapie focale implique une ablation sélective de la tumeur de la prostate tout en préservant le reste de la glande, évitant ainsi les complications des traitements radicaux. À Molinette, nous utilisons une méthode nouvelle, l’Echolaser, réalisée sous anesthésie locale. Cela réduit l’impact anesthésique, mais pas l’anxiété. Une partie importante de cette thérapie consiste à bien définir la zone à traiter, ce qui peut accroître l’anxiété du patient pendant qu’il attend sur la table d’opération. D’où l’importance des casques pour minimiser l’anxiété et le malaise.

Comment cela s’est-il passé?

Nous devons attendre les résultats de l’étude clinique actuelle pour le confirmer, mais les retours de nos patients sont très positifs, ce qui nous encourage à poursuivre nos expérimentations.

Quel scénario le patient a-t-il choisi pour son intervention?

Les options sont variées. Par exemple, il est possible de s’immerger dans un monde sous-marin, dans l’espace, sur des plages des Caraïbes ou d’écouter de la musique apaisante. Notre patient a opté pour l’espace et les galaxies, lui permettant d’observer ce beau panorama pendant que nous travaillions.

Le patient peut-il communiquer avec le médecin pendant l’utilisation du casque?

Oui, c’est surtout essentiel pour la sécurité des procédures. Il peut échanger à tout moment, et il peut arrêter la diffusion si nécessaire, car enlever le casque est très facile. Ainsi, le patient est toujours en contact avec son environnement tout en étant immergé dans une autre réalité.

Était-il satisfait de l’expérience avec le casque?

Oui, il était très content. À la fin de l’intervention, il a mentionné ne pas avoir vu le temps passer, captivé par son expérience immersive.

Pour vous, médecins, y a-t-il eu un changement?

Sur le plan opérationnel, non, la procédure reste inchangée. Cependant, un patient apaisé facilite notre travail. Nous n’avons pas besoin de le rassurer, et un patient détendu est plus facile à gérer durant les étapes, de l’anesthésie à la procédure elle-même.

Pourquoi est-il important de réduire l’anxiété?

Bien que le principal objectif soit de soigner le patient, il est important de penser à sa qualité de vie et de rendre chaque procédure aussi tolérable que possible. Les avancées médicales nous orientent vers des méthodes moins invasives, parfois sous anesthésie locale. Toutefois, chaque patient supporte différents niveaux d’anxiété et de douleur, et nous devons nous adapter pour accueillir tous ces cas de la meilleure manière possible.

Quelles autres applications médicales peuvent exister pour le casque?

Je pense à toutes les interventions médicales réalisées sur des patients conscients, avec un certain degré d’invasivité et de durée. Cela inclut non seulement des thérapies focales ou des biopsies prostatiques, mais aussi des coloscopies ou des gastroscopies. Ce sont des examens généralement bien tolérés, mais pas forcément plaisants pour le patient.