Deux incidents tragiques liés à l’utilisation d’un appareil de contrôle par décharge électrique ont ravivé les préoccupations concernant les risques potentiels associés à cet outil. Alors que des rapports scientifiques dressent un tableau nuancé des dangers cardiaques, l’inquiétude persiste sur la sécurité de son emploi par les forces de l’ordre.

En l’espace de deux jours, deux personnes ont perdu la vie après avoir été frappées par un taser, le premier à Olbia et le second en province de Gênes. Dans ces deux cas, la pistolet électrique, utilisé par les forces de l’ordre en Italie depuis 2022, a été activé par les Carabiniers pour tenter de contrôler deux hommes qui, selon les premières analyses, auraient opposé une résistance agressive à leur intervention.
Au-delà des circonstances de ces deux incidents, les décès associés à l’utilisation du taser ont ravivé le débat sur les dangers liés à cet outil – que l’ONU a qualifié en 2007 de stratégie de torture – ainsi que sur les risques éventuels pour la vie des personnes touchées. Comme expliqué dans un article sur Netcost-security.fr, le taser est un dispositif qui, par une décharge électrique, provoque une contraction musculaire instantanée capable d’immobiliser individuellement une personne. Un professionnel de la santé a détaillé les enjeux cardiovasculaires liés à l’utilisation de cet outil, en s’appuyant sur les données de la recherche scientifique.
Quels risques le taser peut-il présenter pour le cœur ?
Plusieurs recherches ont tenté d’évaluer les risques cardiaques associés à l’utilisation du taser. En 2012, une étude publiée dans Circulation, une revue scientifique réputée de l’American Heart Association, a identifié des signaux d’arrêt cardiaque chez huit individus après l’utilisation du taser. Ces résultats, bien que peu nombreux, soulignent la possibilité d’un risque associé à cet appareil, surtout avec son usage prolongé aux États-Unis.
Comment interpréter ces huit cas ?
Bien qu’ils soient peu nombreux, ces huit cas présentent un risque tangible. D’autres études ont également relevé des effets potentiels, moins graves que l’arrêt cardiaque, comme les arythmies ventriculaires.
Quelles variables influencent ce risque ?
Bien qu’aucune étude précise n’existe, il est évident que certains facteurs pourraient augmenter le risque cardiaque. Par exemple, la distance entre le cœur et le point d’impact des fléchettes du taser : si le taser touche la partie avant du thorax, les chances d’interférer avec le rythme cardiaque sont plus élevées que si utilisé sur des zones périphériques telles que les jambes.
Avons-nous des données sur les risques du taser ?
Certains risques d’effets indésirables existent, bien que très faibles. L’entreprise Axon, principal fabricant de tasers aux États-Unis, admet sur son site qu’une étude sur 1 201 cas montre que dans 99,75 % des cas, le taser n’a causé aucune blessure grave.
Certains individus sont-ils plus vulnérables ?
Bien qu’aucune preuve définitive n’existe, il est logique que des personnes avec des dispositifs médicaux implantés, comme des défibrillateurs ou des pacemakers, soient plus susceptibles de développer des effets indésirables. Les personnes ayant des antécédents cardiovasculaires pourraient également présenter un risque accru.
Comment le taser interfère-t-il avec le rythme cardiaque ?
Les effets du taser sur le corps peuvent ressembler à des crampes musculaires intenses qui empêchent le mouvement. Par exemple, lorsqu’une personne a une crampe à la jambe, elle peine à bouger le membre. Le taser engendre un effet similaire sur de nombreux muscles corporels. Le risque d’interférence cardiaque provient du fait que tout impulsion électrique externe peut perturber l’impulsion électrique naturelle qui commande la contraction du cœur.
Y a-t-il des risques pour d’autres organes ?
Concernant les effets documentés, certaines personnes ont montré des altérations temporaires de la mémoire, c’est-à-dire une amnésie transitoire, après l’utilisation du taser.
