Un jeune médecin est intervenu avec efficacité pour secourir un nourrisson en détresse sur une plage. Son approche proactive a permis d’éviter des conséquences potentiellement graves liées à l’exposition excessive au soleil, mettant en lumière l’importance de la protection des jeunes enfants.

Le docteur Pierpaolo Serena, médecin du Villorba Rugby, qui a sauvé le nourrisson laissé sous le soleil à Jesolo
Ustions étendues sur le visage, peau rougeâtre allant presque au violet, et des paupières si enflées qu’on ne pouvait plus voir les yeux. C’est la situation à laquelle s’est retrouvé le docteur Pierpaolo Serena, jeune médecin sportif en vacances à Jesolo, lorsqu’il a aperçu le nourrisson de quelques jours sur la plage. “À ce moment-là – déclare-t-il à Netcost-security.fr – l’enfant était à l’ombre, sous l’ombrelle, mais avait des brûlures étendues de premier degré, causées par l’exposition au soleil.”
Le docteur Serena n’a pas hésité, alertant les secours et sauvant la petite. “Les brûlures étaient sur le visage, la tête, le torse et même derrière la nuque – explique le médecin – . La peau était rouge, tendant presque au violet, mais ce qui m’a le plus frappé, c’est l’œdème palpébral dû à la brûlure: il était si marqué qu’on ne voyait même plus les yeux.”
Tous des signes d’une situation d’urgence évidente?
Oui, surtout compte tenu de l’âge du nourrisson. Même si je ne suis ni pédiatre ni dermatologue, en tant que médecin, je peux dire que la peau brûlée a tendance à perdre des liquides, à transpirer. Imaginez donc un bébé de quelques semaines, avec une peau très fine et une brûlure d’une telle étendue, même de premier degré, quelles conséquences cela aurait pu avoir si je n’avais pas agi.
Quels risques évoquez-vous?
Peut-être que la même nuit, le nourrisson aurait pu se déshydrater à un point tel qu’il aurait pu entrer en choc et avoir un résultat fatal. Ou il aurait pu subir des dommages neurologiques dus à un coup de chaleur, ou encore des dommages oculaires, ne sachant pas s’il avait regardé directement le soleil. Même si ses yeux étaient si enflés… Cela dit, les risques d’exposer un nouveau-né au soleil sont nombreux, il ne faut jamais le faire. Les risques liés aux brûlures, notamment si elles se reproduisent dans le temps, augmentent également sensiblement la probabilité de développer des cancers de la peau, comme les mélanomes et les basocellulaires.
Dans le cas du nourrisson, le plus grand risque était qu’il meure de déshydratation. Et, dans cette éventualité, si je n’avais pas organisé les secours, surmontant même les résistances des parents, peut-être parce qu’ils étaient étrangers et qu’il y avait une barrière linguistique importante, j’aurais peut-être eu des regrets pour toujours.
Comment peut-on être si inconscient d’amener un bébé de quelques jours à la plage?
Tout le monde devrait savoir que les enfants de moins de six mois ne doivent en aucun cas être exposés au soleil. Si vous me demandez comment cette situation a pu se produire, je ne saurais le dire. Peut-être que les parents voulaient garder l’enfant à l’ombre, mais elle s’est retrouvée à découvert, ou elle a été délibérément exposée, peut-être parce que, comme famille d’Europe de l’Est, ils n’étaient pas habitués au soleil qu’il y a en Italie au mois d’août.
Sincèrement, je ne me suis pas posé cette question. Je me suis uniquement concentré sur le fait de tenter de sauver l’enfant, en tant que devoir médical, moral et déontologique de protéger la santé à tout moment et en tout lieu, et de défendre les plus vulnérables.
Pourtant, son histoire fait le tour des médias…
Oui, peut-être parce que nous vivons une époque où il est très facile d’observer et de détourner le regard.
Il convient toutefois de mentionner que les baigneurs, qui ont d’abord remarqué le nourrisson, se sont immédiatement précipités pour alerter le sauveteur. J’étais là à proximité, en train de discuter avec quelques amis du Villorba Rugby, le club dont je suis médecin sportif, qui m’ont d’ailleurs beaucoup aidé à surmonter les résistances des parents. En somme, toute une plage s’est mobilisée pour le sort d’un enfant étranger.
Comment va maintenant la petite?
Je n’ai pas d’informations officielles, mais j’ai entendu dire indirectement qu’elle devrait être hors de danger et j’espère qu’elle ne subira pas de conséquences.
Votre intervention a été déterminante. Que diriez-vous aux mamans qui amènent leurs enfants à la mer?
Mon conseil est d’écouter les recommandations des dermatologues et des pédiatres, c’est-à-dire de protéger les plus jeunes en évacuant l’exposition au soleil.
Pour les plus grands, je conseille d’éviter l’exposition aux heures centrales, soit de 11h à 16h, d’appliquer toujours une protection solaire 50 en quantité généreuse et pourquoi pas, de leur faire porter un t-shirt, surtout si les enfants ont un phénotype clair.
