Pourquoi ajuster son cycle pendant les vacances est essentiel : la gynécologue déclare : « Il existe un traitement, finissons-en avec les jugements »

Image

Les vacances peuvent parfois être compliquées pour les femmes en raison des menstruations. Un médicament à base de progestérone, prescrit par un médecin, offre la possibilité de retarder ces menstruations. Pourtant, de nombreux professionnels de santé hésitent à en informer leurs patientes. Ce droit à une meilleure gestion des cycles menstruels est essentiel.

Image

Combien d’entre nous se sont déjà retrouvées en vacances, à devoir penser à la date de leurs prochaines menstruations, ou pire, à subir des douleurs pendant leurs précieuses vacances en raison de celles-ci?

Il existe un médicament permettant de les retarder, même pour celles qui ne prennent pas de contraceptifs hormonaux. Il s’agit d’une pilule à base de progestérone, qui nécessite une prescription médicale pour son utilisation. Bien qu’il puisse y avoir des effets secondaires, c’est un traitement généralement sûr après une évaluation médicale. Pourtant, de nombreux gynécologues hésitent à le prescrire ou à en parler à leurs patientes.

Ce sujet a été abordé sur le profil Instagram d’une gynécologue, portant sur des enjeux souvent négligés, comme la médecine de genre, le jugement lié aux corps féminins et la véritable liberté de choix des femmes. Dans un entretien, elle explique pourquoi cette possibilité devrait être un droit pour toutes les femmes, sans craindre des refus fondés sur des jugements non médicaux.

pouvez-vous expliquer de quel médicament il s’agit?

Avant tout, il est important de préciser qu’il est impossible de retarder les menstruations avec des produits naturels; cela nécessite une thérapie hormonale. Les principes actifs utilisés sont le méthylprogestérone ou le norethisterone, ou encore le progestérone naturelle.

Ces médicaments sont utilisés en gynécologie depuis longtemps pour diverses situations et besoins. Par exemple, pour bloquer un flux abondant, retarder les menstruations pour un acte chirurgical, ou traiter les règles abondantes chez des patientes atteintes d’endométriose.

Peut-on également le prendre pour des raisons non médicales, comme éviter ses règles en vacances?

Oui, ce sont des « astuces » que nous avons toujours utilisées et que nous pouvons appliquer sans hésitation, même pour des raisons qui peuvent sembler futiles à certains, mais qui en réalité ne le sont pas.

Vous affirmez que connaître et utiliser cette option est un droit pour chaque femme. En quoi cela consiste-t-il?

Avoir le droit de gérer ses menstruations est fondamental, afin de pouvoir vivre pleinement des moments importants comme une semaine de vacances ou un mariage, sans les désagréments que peuvent causer les menstruations.

Pouvez-vous nous donner quelques exemples pour illustrer cela?

Il y a des femmes qui ont taché leur robe de mariée, et beaucoup d’entre elles m’écrivent durant cette période pour dire qu’elles renoncent à leurs vacances car leurs règles coïncident avec leurs voyages. C’est injuste. Sans compter les cas où les menstruations sont encore plus difficiles à gérer.

Vous parlez des femmes qui souffrent de douleurs menstruelles?

Pas seulement celles qui ont mal, mais aussi celles qui ont des règles incontrôlables. Certaines femmes souffrent de menstruations extrêmement douloureuses, avec des saignements abondants, des caillots, des douleurs intenses, et qui s’évanouissent. D’autres, en plus de cela, doivent s’occuper d’enfants.

Tous vos collègues ne semblent pas partager votre point de vue, n’est-ce pas?

En effet, beaucoup de femmes me rapportent que leur médecin ou gynécologue refuse de prescrire ce traitement, le considérant inutile. Certains pensent même que mettre un tampon ou prendre des anti-douleurs suffit. Cela ne fonctionne pas toujours comme ça.

Comment justifient-ils leur position?

Je peux relater ce que mes patientes me disent. La situation la plus extrême que j’ai rencontrée est celle où des gynécologues non seulement refusent de prescrire ces médicaments, mais effraient leurs patientes en partageant des idées fausses sur les risques de crises cardiaques, de thromboses ou de problèmes de fertilité. Ce sont tous des mythes. Il suffit de consulter les recommandations officielles pour constater que le progestérone est sans danger.

Est-ce possible qu’il s’agisse aussi d’un manque de connaissance?

Étant donné qu’il peut être prescrit par n’importe quel médecin, y compris un généraliste, cela pourrait également être une réalité. J’ai souvent été contactée par des médecins généralistes cherchant des conseils. Cependant, si la réponse vient d’un gynécologue, il s’agit souvent d’un refus de principe.

Quelles histoires vous ont partagées les femmes que vous avez rencontrées?

Beaucoup m’ont confié qu’elles n’ont pas osé demander de peur d’être jugées. À d’autres, on leur a dit qu’il n’existait aucune alternative à la pilule contraceptive. J’ai également entendu des histoires où il a été explicitement dit : « Ce sont des raisons futiles pour prendre un médicament. »

Ce type de médicament, lorsqu’il est pris pour ces raisons, est-il sûr?

Absolument sûr. On peut le prendre aussi souvent que nécessaire, avec simplement une prescription médicale. Bien qu’il puisse interférer avec d’autres traitements, l’utilisation se fait généralement sur de courtes périodes. Les femmes qui souhaitent retarder leurs menstruations commencent généralement le traitement environ sept jours avant leurs menstruations et terminent dès qu’elles souhaitent les éviter, souvent pas plus de dix jours. Ensuite, les menstruations reprennent leur cours normal.

Un conseil pratique pour nos lectrices. Si une femme veut prendre ce médicament mais son médecin refuse pour des raisons doctrinales, que faire?

Mon premier conseil, même si je reçois parfois des critiques à ce sujet, c’est de changer de médecin. N’oublions pas qu’en dehors des hôpitaux, nous avons la possibilité de choisir nos médecins, qu’il s’agisse d’un généraliste ou d’un gynécologue, et de consulter un autre spécialiste.