Une récente étude révèle un événement météorologique exceptionnel : le plus long éclair jamais enregistré, mesurant près de 830 kilomètres. Ce phénomène, observé grâce aux satellites de la NASA, met en lumière la puissance fascinante des orages et souligne l’efficacité des nouvelles technologies dans l’analyse des tempêtes.

En examinant un ensemble de données satellitaires, des chercheurs ont mis au jour le plus grand éclair jamais documenté. Il traverse environ 830 kilomètres de ciel, une distance presque équivalente à celle reliant Milano à Palermo. Cette gigantesque décharge, au cours de son parcours, a touché le sol plus de cent fois et a duré au total 7,39 secondes. Les scientifiques désignent ces phénomènes colossaux par le terme de “megaflash”.
Ce n’est que depuis quelques années que ces phénomènes extrêmes peuvent être analysés avec précision, grâce au lancement des satellites météorologiques géostationnaires GOES-16 et GOES-17 de la NASA et de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). Ces satellites, spécialisés dans la prévision météorologique et la surveillance d’événements tels que ouragans et incendies, sont équipés d’un instrument appelé Geostationary Lightning Mapper (GLM). Ce dernier permet d’étudier les éclairs en temps réel, interceptant environ 1 million d’entre eux chaque jour. C’est à travers l’analyse des données récoltées par ces satellites que le megaflash record a été révélé.
Le périphérique à l’origine de cette découverte est une équipe de recherche internationale, comprenant des scientifiques des instituts du Georgia Tech Research Institute et de l’Université de l’État de l’Arizona, qui ont collaboré avec divers établissements. Parmi ceux-ci figurent l’Université de São Paulo au Brésil, EUMETSAT (Allemagne), le Politecnico de l’Université de Catalogne de Barcelone (Espagne) et d’autres. Ils ont identifié le gigantesque éclair en étudiant les données du satellite GOES-16, collectées durant une tempête majeure survenue le 22 octobre 2017 sur les Plaines du Centre des États-Unis.
À partir de l’analyse des données collectées, il a été déterminé que le megaflash a pris naissance près de Dallas (Texas) et a continué jusqu’à Kansas City, au Missouri, parcourant exactement 515 miles, soit 829,8 kilomètres. Sa durée de 7,39 secondes le rend nettement moins persistant que l’éclair record de 17,1 secondes, observé lors d’une tempête entre l’Uruguay et l’Argentine en 2020, également capté par les satellites GOES. Les chercheurs désignent par megaflash tous les éclairs dépassant 100 kilomètres, une minorité par rapport aux éclairs qui mesurent généralement moins de 16 kilomètres. Ce nouvel éclair a battu le précédent record de 61 kilomètres, établi lors d’une autre observation sur les Plaines du Centre en 2020.

Le megaflash du 22 octobre 2017. Crédit : Organisation météorologique mondiale, Société météorologique américaine
Les chercheurs pensent que des phénomènes encore plus extrêmes peuvent se produire dans le ciel, mais seuls les nouveaux satellites permettront de les détecter. Auparavant, des antennes radio étaient utilisées, alors que les nouveaux détecteurs satellitaires offrent une précision exceptionnelle. “Il est probable qu’il existe encore des événements extrêmes plus puissants, que nous serons en mesure d’observer au fur et à mesure des futures mesures de qualité des éclairs”, a affirmé un chercheur durant une conférence. “Nos satellites météorologiques sont équipés d’outils de détection des éclairs très précis, qui nous permettent de documenter avec une précision milliseconde le moment où un éclair commence et combien de distance il parcourt”, a-t-il précisé.
Les éclairs se forment au cœur des nuages, en raison du frottement du givre et d’autres particules qui se chargent électriquement. La d différence de potentiel qui s’établit entre les nuages et le sol provoque une décharge électrique très violente, pouvant aller de 300 millions à 1 milliard de Volts. Cette énergie intense peut être fatale lorsqu’elle frappe les personnes, environ mille d’entre elles étant touchées chaque année.
Les éclairs cherchent à annuler la différence de potentiel le plus rapidement possible, d’où leur tendance à frapper les objets les plus élevés entre eux et le sol. Une personne sur une plage ou sur un terrain de sport est particulièrement à risque à cause de cela. Les principales victimes des éclairs restent cependant les arbres ; selon une étude récente, 320 millions d’entre eux sont détruits chaque année, ce qui a des implications importantes pour les changements climatiques. Les détails de la nouvelle recherche intitulée “Un Nouveau Record de Distance d’Éclair Megaflash Certifié par l’OMM : 829 km (515 mi) survenu le 22 octobre 2017” ont été publiés dans le Bulletin de la Société Américaine de Météorologie.
