Alzheimer : délai alarmant entre les premiers symptômes et le diagnostic de démence

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Un nouveau rapport met en évidence le temps moyen nécessaire pour établir un diagnostic de démence, soit 3,5 ans, avec des implications sur l’efficacité des traitements. Les chercheurs soulignent l’importance d’accélérer le processus de diagnostic afin d’améliorer les résultats pour les patients.

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Depuis l’apparition des premiers symptômes jusqu’au diagnostic de démence, la forme la plus répandue étant le mal d’Alzheimer, il s’écoule en moyenne 3,5 ans. Pour la démence à début précoce, se manifestant avant 60-65 ans (comme dans le cas d’un jeune de 19 ans), le délai est de 4,1 ans. Ces données proviennent d’une étude préoccupante publiée dans le Journal of Geriatric Psychiatry, qui a analysé les informations de dizaines de milliers de personnes à travers le monde.

Ce chiffre est hautement révélateur car, pour la majorité des maladies, un diagnostic tardif aggrave les effets des traitements, voire les rend inefficaces. Pour l’Alzheimer – et d’autres formes de démence – cette réalité est d’autant plus prégnante pour deux principales raisons : la disponibilité limitée des options thérapeutiques et l’efficacité des médicaments, comme les nouveaux anticorps monoclonaux tels que le Donanemab, qui peuvent ralentir la progression de la démence – jusqu’à 39 % – en ciblant les plaques de béta-amyloïde. Ces traitements sont efficaces lorsqu’administrés à un stade précoce, lorsque le déclin cognitif est encore léger. Il est donc essentiel de réduire le temps de diagnostic, qui prend encore trop de temps pour diverses raisons (y compris liées à la stigmatisation).

Une équipe de chercheurs internationaux, dirigée par des scientifiques britanniques de la Division de psychiatrie de l’University College London, a déterminé que, depuis l’apparition des premiers symptômes jusqu’à un diagnostic de démence, il s’écoule en moyenne 3,5 ans (4,1 ans pour la forme à début précoce). L’âge plus jeune des patients et des formes comme la démence frontotemporale étaient généralement associées à des délais de diagnostic plus longs. Il convient de souligner que, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 30-40 millions de personnes vivent avec l’Alzheimer dans le monde, et le diagnostic définitif ne peut souvent être confirmé qu’après l’autopsie et le test du cerveau, donc après le décès du patient. Ces chiffres, qui pourraient tripler d’ici 2050, soulignent la nécessité d’accélérer le processus de diagnostic pour garantir aux patients les meilleurs résultats en termes de traitements et de possibilités de vivre longtemps de façon autonome.

« Le diagnostic précoce de la démence reste un défi mondial important, déterminé par une série de facteurs complexes, et des stratégies de santé spécifiques sont urgemment nécessaires pour l’améliorer. D’autres études estiment que seulement 50-65 % des cas sont diagnostiqués dans les pays à revenu élevé, tandis que de nombreux pays présentent des taux de diagnostic encore plus bas », a déclaré la chercheuse dans un communiqué. « Dans les systèmes de santé, des parcours de référence incohérents, un accès limité aux spécialistes et des cliniques mémoires sous-resources peuvent entraîner des retards supplémentaires. Pour certains, les différences linguistiques ou l’absence d’outils d’évaluation culturellement appropriés peuvent rendre l’accès à un diagnostic rapide encore plus difficile », a ajouté le co-auteur de l’étude.

Il est à noter qu’une étude récente menée en Chine par des scientifiques du Département de neurologie de l’Hôpital Xuanwu a révélé que les premiers signes de l’Alzheimer peuvent être détectés jusqu’à 18 ans avant le diagnostic. Tous ces éléments devraient contribuer à accélérer les processus diagnostiques dans un avenir proche. Les détails de cette nouvelle recherche, intitulée « Time to Diagnosis in Dementia: A Systematic Test With Meta-Analysis », ont été publiés dans le Journal of Geriatric Psychiatry.