Des enquêtes récentes sur le crash du Boeing 787 Dreamliner révèlent des interrogations autour de l’état psychologique du pilote, Sumeet Sabharwal. Cette affaire relance le débat sur les méthodes de sélection et de suivi mental des pilotes de ligne.

Les investigations autour du vol Boeing 787 Dreamliner d’Air India, qui s’est écrasé le 12 juin à Ahmedabad (Inde), causant la mort de 260 personnes – un seul survivant a été retrouvé – mettent en cause le pilote Sumeet Sabharwal. D’après le Wall Street Journal, il aurait volontairement coupé le moteur de l’appareil.
Il aurait été en arrêt maladie pendant un certain temps, possiblement pour raisons psychologiques. Mohan Ranganathan, spécialiste indien de la sécurité aérienne, a confié au Telegraph que plusieurs collègues d’Air India auraient évoqué une dépression chez le pilote.
Comment est évalué le mental des pilotes
Même si rien n’est confirmé, la possibilité qu’un pilote en détresse psychologique ait été aux commandes alimente les discussions sur les critères d’évaluation mentale des candidats.
Chaque compagnie suit sa propre procédure, mais tous les futurs pilotes doivent passer des tests psychologiques. Ces questionnaires comportent souvent des centaines de questions au contenu parfois déroutant.
Un des plus connus est le MMPI (Minnesota Multiphasic Personality Inventory), un test développé dans les années 1930, encore utilisé aujourd’hui pour identifier les troubles psychologiques dans différents corps de métiers. En Italie par exemple, il sert dans les sélections des Forces Armées et des pilotes civils.
Le MMPI : un test toujours utilisé
Le MMPI comprend 567 affirmations auxquelles le candidat répond par « Vrai » ou « Faux ». L’analyse de ces réponses, effectuée par des spécialistes, permet de repérer des traits de personnalité et des troubles éventuels, comme l’anxiété ou la dépression.
Créé à l’hôpital de l’Université du Minnesota en 1942, ce test s’est imposé dans la psychologie du travail et forensique. Sa version la plus récente, le MMPI-2, date de 1989, avec des ajustements en 2001 et 2003. Des versions allégées ou adaptées aux adolescents existent également.
Que révèlent les questions ?
Les 500 questions sont disponibles en ligne, mais seules les évaluations faites par un psychologue ou un psychiatre formé sont valides. Le test repose sur 13 échelles, dont certaines mesurent la sincérité des réponses, d’autres des traits cliniques : phobies, idées noires, troubles anxieux, etc. Il peut aussi révéler une faible estime de soi, des comportements antisociaux ou des tensions familiales.
« J’aime réparer les serrures et lire des revues techniques »
Parmi les affirmations, certaines visent directement l’état mental : « L’avenir me paraît sans espoir », « J’ai peur d’être seul dans de grands espaces », « Personne ne me comprend ». D’autres sont plus inhabituelles : « J’aime réparer des serrures », « J’aime les revues de mécanique », « Je sens parfois des odeurs étranges », « J’aimais sauter à la corde ».
Le but n’est pas de juger chaque réponse isolément, mais d’examiner l’ensemble pour dresser un profil fiable. C’est sur cette base que se fondent encore de nombreuses évaluations dans le secteur aérien.
