La façon de marcher révèle l’autisme : les experts expliquent les particularités de l’andature

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Les anomalies de l’andatura sont désormais reconnues comme un critère diagnostique pour les troubles du spectre autistique. Des études mettent en lumière des caractéristiques spécifiques de la marche des personnes autistes. De nouvelles technologies promettent d’améliorer le diagnostic de ces troubles grâce à l’analyse de signaux génétiques.

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Parmi les signes de l’autisme, notamment des troubles du spectre autistique, l’andatura a été officiellement ajoutée au Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5). Ce manuel, en usage depuis les années 50, propose un large éventail de signes et sintomes pour diverses maladies psychiatriques et conditions de neuros développement, offrant aux professionnels de la santé mentale une référence précieuse pour une diagnostic uniforme à l’échelle mondiale. L’inclusion de l’andatura anormale souligne l’importance de ce signal comme critère diagnostique.

Mais qu’est-ce qu’une andatura anormale ? C’est ce que révèlent Nicole Rinehart, Chloe Emonson et Ebony Renee Lindor dans un article publié sur The Conversation. Elles identifient plusieurs caractéristiques de l’andatura, notamment : marcher sur la pointe des pieds, avec un ou deux pieds orientés vers l’intérieur, ou vers l’extérieur.

La recherche « Meta-Analysis Reveals Gait Anomalies in Autism », par des chercheurs australiens et américains, explore davantage les caractéristiques de la marche chez les personnes ayant des troubles du spectre autistique. Cette étude se base sur une révision de 18 études, couvrant environ 30 ans de recherche. Les résultats montrent que les personnes autistes ont tendance à faire des pas plus larges, marcher plus lentement, passer le pied au sol plus longtemps et afficher un cycle de marche globalement plus long et lent. Selon le professeur Jarrad AG Lum et ses collègues, les différences d’andatura entre les personnes autistes et les groupes de contrôle deviennent plus marquées avec l’âge.

Les troubles du spectre autistique, tel que précisé par la Mayo Clinic, sont associés à un développement cérébral (neuros développement) qui influence les interactions et la perception des autres. Cela entraîne des difficultés de communication et d’interactions sociales, ainsi que des comportements répétitifs. Les experts notent que l’andatura anormale serait liée à des différences de développement neurologique, notamment au niveau des ganglions de la base et du cervelet.

Les ganglions de la base jouent un rôle clé dans la séquence des mouvements, y compris les changements de posture, en veillant à ce que la marche soit fluide et automatique. Le cervelet, quant à lui, utilise les données visuelles et proprioceptives pour maintenir la posture, la coordination, l’équilibre et le contrôle des mouvements. Dans les cas les plus sévères, les anomalies de l’andatura peuvent être liées à d’autres troubles moteurs, langagiers ou cognitifs, mais une intervention n’est pas toujours nécessaire si ces anomalies ne perturbent pas les activités quotidiennes.

Un groupe de recherche international de l’Université Johns Hopkins et de l’Université de Virginie a récemment mis au point une intelligence artificielle capable d’identifier les signaux génétiques de l’autisme à partir de scans cérébraux avec une précision de 95%. Cette avancée pourrait transformer le diagnostic, qui repose généralement sur des comportements, des interactions sociales et similaires. D’autre part, des chercheurs de l’Université de l’Indiana ont constaté que les mouvements oculaires, détectés grâce à la technologie de eye-tracking, peuvent permettre un diagnostic rapide et précoce des troubles du spectre autistique chez les enfants, avec des implications significatives pour l’efficacité des traitements. Par ailleurs, d’autres recherches ont identifié quatre sous-types d’autisme.