Découvrez l’origine et les couleurs de cette comète extraterrestre : une antiquité riche en eau, d’après les premières recherches

La comète 3I/ATLAS capturée par la Station Astronomique de Loiano de l'INAF OAS: Crédit: Albino Carbognani et Manuel Barbetta

Une comète intrigante, nommée 3I/ATLAS, suscite l’attention des chercheurs. Originaire d’un système stellaire ancien, elle pourrait être plus vieille que notre propre système. Son étude offre des perspectives uniques sur la composition et l’activité de cet objet interstellaire, alors qu’elle se dirige vers le Soleil.

La comète 3I/ATLAS capturée par la Station Astronomique de Loiano de l'INAF OAS: Crédit: Albino Carbognani et Manuel Barbetta

La comète 3I/ATLAS capturée par la Station Astronomique de Loiano de l’INAF OAS: Crédit: Albino Carbognani et Manuel Barbetta

Selon des recherches récemment publiées, la comète “alienne” découverte début juillet proviendrait d’un système stellaire situé au cœur du disque épais de notre galaxie, la Voie lactée. Cette région, moins dense en étoiles, s’étend jusqu’à environ 7 500 années-lumière. L’âge moyen de ces corps célestes est estimé à environ 10 milliards d’années, ce qui suggère que la comète 3I/ATLAS – le troisième objet interstellaire identifié dans le Système solaire – pourrait être plus ancienne que notre système. On pense raisonnablement que ce corps céleste dépasse les 7 milliards d’années, le seul connu à ce jour en provenance du disque épais. Dans cette zone, les étoiles sont moins riches en métaux et plus riches en éléments lourds.

Une des études sur la comète, mise en ligne sur le site ArXiv et qui n’a pas encore été évaluée par des pairs, mentionne que l’objet présente un caractère roux, semblable à certains planétoïdes appelés centaures orbitant entre Jupiter et Neptune. Cette couleur pourrait être le résultat d’une exposition prolongée à la radiation cosmique. Son voyage vers le Système solaire aurait commencé il y a des millions d’années, faisant de 3I/ATLAS un sujet d’étude précieux, surtout qu’elle reste encore très éloignée du Soleil, où sa composition et sa structure de surface n’ont pas été significativement modifiées par la chaleur de l’étoile.

D’après l’étude “From a Different Star: 3I/ATLAS in the context of the Ōtautahi-Oxford interstellar object population model”, dirigée par Matthew J. Hopkins et Chris J. Lintott du Département de Physique de l’Université d’Oxford, la vitesse remarquable de l’objet – environ 68 kilomètres par seconde – ainsi que sa trajectoire indiquent clairement une origine du disque épais de la Voie lactée. Pour ce faire, un modèle nommé Ōtautahi-Oxford a été utilisé, basé sur diverses sources de données, y compris les données stellaires collectées par le satellite GAIA de l’Agence Spatiale Européenne (ESA). Un détail marquant émerge de cette analyse : la comète “alienne” serait extrêmement riche en eau, en raison de son origine ancienne. Cette richesse devrait devenir évidente à l’approche du périhélie (la distance minimale au Soleil), qui sera atteinte le 29 octobre à 1,8 unités astronomiques, soit environ 270 millions de kilomètres. En s’approchant, la température plus élevée provoquera la sublimation du glace, entraînant une queue et une coma de plus en plus spectaculaires.

L’étude “Snapshot of a new interstellar comet: 3I/ATLAS has a red and featureless spectrum”, réalisée par Cyrielle Opitom de l’Institut d’Astronomie de l’Université d’Édimbourg, souligne que les analyses effectuées sur la comète avant le périhélie sont particulièrement précieuses, car elles offrent une occasion unique d’étudier son activité et sa composition, avant toute alteration due au réchauffement. L’analyse spectroscopique faite avec l’instrument MUSE du puissant Very Large Telescope (VLT) de l’ESO au Chili a révélé que la coma de la comète est rougeâtre, une couleur similaire à celle observée sur la surface de certains des centaures et objets transneptuniens mentionnés plus haut. Aucune émission de gaz n’a été détectée, compte tenu de la grande distance, seulement des poussières. Comme indiqué, le roux pourrait être dû à une longue exposition à la radiation cosmique pendant le long voyage qui a conduit la “balle de glace” indienne à entrer dans notre voisinage galactique.

Une autre recherche coordonnée par Bryce T. Bolin de Eureka Scientific a utilisé le spectrographe “Next Generation Palomar Spectrograph” pour étudier 3I/ATLAS, déterminant que la comète perd actuellement jusqu’à 1 kg de poussière par seconde, créant une queue d’une section transversale d’environ 230 kilomètres carrés (près de la comète). Il est prévu que ces valeurs augmentent considérablement à l’approche du Soleil, avec le déclenchement d’une deuxième queue ionisée, composée de gaz libérés par la sublimation.

Malheureusement, lors du passage de la comète au périhélie, comme l’explique un professeur de l’Université La Sapienza de Rome, le Soleil se situera entre la Terre et l’objet, rendant son étude difficile. On estime que son diamètre est d’environ 20 kilomètres, mais l’objet passera heureusement au périgée (distance minimale de la Terre) à 240 millions de kilomètres, près de l’orbite de Mars. Si cette comète avait eu la trajectoire de notre planète, nous n’aurions pas eu les moyens de nous défendre contre un tel géant.