ChatGPT peut-il vraiment remplacer un psychologue ? Les secrets des applications de psychothérapie basées sur l’IA

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L’intelligence artificielle transforme les interactions humaines en proposant des outils innovants pour le bien-être mental. L’émergence des applications de psychothérapie, comme Wysa, soulève des questions sur leur efficacité et leurs limites, tout en suscitant un débat sur leur utilisation dans le domaine de la santé mentale.

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Bien que l’intelligence artificielle générative ait récemment fait son apparition, son impact est déjà palpable. Certaines répercussions sont visibles immédiatement, comme son usage dans presque tous les secteurs professionnels, tandis que d’autres évoluent plus lentement. Les conséquences, positives ou négatives, demeurent à évaluer.

Un nombre croissant de personnes exploitent les chatbots pour discuter de leurs préoccupations, qu’il s’agisse de conflits, de déceptions ou de stress professionnel. De nombreuses personnes rapportent même une attache émotionnelle à ChatGPT. Le marché numérique a rapidement réagi à cette évolution, avec l’apparition de multiples applications dédiées, allant des plateformes de méditation à de véritables chatbots simulant des séances de psychothérapie. Ce phénomène est abordé dans un article paru dans The Conversation par NeuPooja Shree Chettiar, chercheuse en neurosciences à l’Université Texas A&M.

Les applications de psychothérapie basées sur l’IA

Parmi les applications utilisant l’intelligence artificielle pour simuler de véritables conversations thérapeutiques, on trouve Wysa. Selon sa présentation sur le Play Store, Wysa : Mental Wellbeing AI, a été téléchargée plus de un million de fois. Elle promet un « support mental complet » et des outils de soins personnels basés sur plusieurs écoles reconnues de psychothérapie, telles que la psychothérapie cognitivo-comportementale et la thérapie dialectique-comportementale.

Ce n’est pas simplement un confesseur, mais un outil structuré. D’après le site de l’application, « nos méthodes – sont validées par la recherche et approuvées par des organisations sanitaires majeures pour améliorer le bien-être mental ». Concernant les coûts, comme pour la plupart de ces applications, une version gratuite est disponible, mais une option premium payante offre des services et fonctions supplémentaires.

Le débat entre les experts en santé mentale

En plus de son impact sur le marché des applications, l’utilisation de l’IA pour développer des outils de support à la santé mentale interpelle les psychologues et spécialistes du domaine. Diverses études et sondages ont été réalisés sur les risques potentiels et les bénéfices éventuels. « Certaines recherches – indique Chettiar – démontrent que les formes numériques de thérapie peuvent réduire les symptômes d’anxiété et de dépression, en particulier pour les cas légers à modérés », mais les effets positifs semblent temporary: « Ces résultats tendent à s’estomper avec le temps et aucun bénéfice durable n’est observé à 12 mois« , conclut une étude récente ayant comparé les résultats de 17 travaux sur le sujet.

Le point fort de ces applications résiderait dans leur capacité à simuler une empathie intense envers l’utilisateur, visant à l’aider durant des périodes de stress mental aigu, notamment grâce aux techniques de thérapie cognitivo-comportementale. Néanmoins, des risques cachés ne doivent pas être négligés.

Quels sont les risques

Premièrement, la clarté et la validité scientifique de ces outils. Nombre de ces applications vantent des slogans tels que « validé cliniquement » ou « approuvé par la FDA » (l’autorité régissant le secteur pharmaceutique et alimentaire aux États-Unis) ; de telles affirmations sont souvent sans fondement. Une étude évaluant 27 des applications les plus populaires pour la dépression et l’anxiété a révélé que moins de 22% avaient cité des travaux scientifiques réels.

Ensuite, il y a la question de la vie privée: les utilisateurs oublient souvent qu’à la différence d’un psychologue ou d’un psychiatre, il n’existe pas de codes éthiques pour les applications de santé mentale, ni de secrets professionnels. Un manque d’information sur la politique de confidentialité risque de mener à des plateformes stockant nos données dans de vastes bases de données. « Que se passerait-il si ces données étaient compromises lors d’une attaque informatique ?« , s’interroge l’experte.

Par ailleurs, une question essentielle persiste: converser avec un chatbot produit-il vraiment le même effet que l’échange avec un être humain ? Les neurosciences suggèrent que « la connexion humaine » d’un support active des réseaux neuronaux que l’IA ne peut atteindre, du moins pour l’instant.

En dernière analyse, comme souvent souligné en médecine, l’IA n’est pas nécessairement néfaste; ses possibilités sont infinies, mais le moment semble peut-être prématuré (et les risques trop présents) pour considérer qu’un outil donnant accès à l’IA puisse remplacer totalement l’expertise humaine et professionnelle d’un spécialiste, surtout dans un domaine aussi délicat que la santé, qu’elle soit physique ou mentale.