Pourquoi parler de bombes d’eau est scientifiquement faux, même si tout le monde en parle

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Les événements météorologiques extrêmes, responsables de nombreux dégâts, sont souvent qualifiés de « bombes d’eau ». Cette notion, bien que populaire, manque de fondement scientifique et détourne l’attention des véritables enjeux liés aux changements climatiques et à leurs conséquences croissantes.

Ces dernières années, l’intensité des phénomènes comme les « bombes d’eau » a augmenté, entraînant des dommages importants et des pertes humaines. Ce terme, utilisé largement dans les médias, s’ancre dans une réalité climatique préoccupante. Les effets du réchauffement climatique, tels que les émissions de CO2, sont responsables de l’augmentation des événements météorologiques extrêmes. Ces phénomènes, bien que médiatisés, manquent de rigueur scientifique et ne se trouvent pas dans les manuels de météorologie.

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Le terme « bombe d’eau » est d’origine italienne et est né de la succession d’événements naturels désastreux sur le territoire, souvent soumis à des problèmes d’érosion. On attribue son utilisation à un reportage de 1996 suite à une inondation tragique en Versilia. Les estimations révèlent des pluies dépassant les 160 millimètres en séances brèves, entraînant des ravages conséquents. L’éventualité que ce terme ait été utilisé dès 1966 lors d’événements à Florence reste en débat, mais il est clair qu’il n’a pas émergé d’une sphère scientifique, ce qui est démontré par la classification formelle des pluies.

La classification des pluies

Dans le Manuel de météorologie rédigé par Mario Giuliacci, Andrea Giuliacci et Paolo Corazzon, les pluies se classifient selon divers critères tels que : la quantité tombée sur une période définie, la vitesse de chute, le diamètre des gouttes et la densité atmosphérique. Une pluie légère se mesure par des valeurs qui ne dépassent pas 2 mm/h, tandis qu’une pluie forte excède souvent 6 mm/h. Les événements qualifiés de « nubifragi » se définissent par des précipitations supérieures à 30 mm/h avec des gouttes atteignant 3 mm de diamètre.

Il est essentiel de noter que les « bombes d’eau » désignent des nubifragi extrêmes pouvant provoquer des inondations, mais leur désignation reste imprécise sur le plan scientifique. Certains plaident pour une séparation en ne les associant qu’à ceux avec des pluies au-dessus de 100 mm/h, bien que cela ne soit pas unanime dans la communauté des météorologues.

L’utilisation de cette terminologie, possiblement dérivée de « cloudburst » en anglais, ramène à une vision erronée qui peut masquer la réalité des changements climatiques qui rendent ces épisodes extrêmes plus fréquents et destructeurs. Bien qu’elles puissent sembler sporadiques, ces crises s’intègrent dans un schéma où divers phénomènes d’extrême urgence, comme les incendies et les sécheresses, deviennent la norme.

Le dernier incident de ce type a eu lieu le 6 juillet en Lombardie, causant des blessures et des dommages matériels considérables. Les cyclones de forte intensité et les sécheresses, engendrés par un environnement saturé d’énergie, deviennent monnaie courante, comme le démontre les tragédies survenues au Texas avec un déluge causant plus de 100 morts. La dynamique créée par le changement climatique accentue ces phénomènes, ce qui appelle à une vigilance accrue de la part des autorités et des météorologues.