Un plan ambitieux des États-Unis vise à endiguer la propagation d’une mouche parasite menaçant la santé animale et humaine, en évitant une crise environnementale. Ce programme, qui débutera au Mexique, utilise une méthode innovante pour contrôler les populations nuisibles tout en protégeant les ressources vitales du pays.
Le programme des États-Unis pour limiter la propagation de la mouche parasite Cochliomyia hominivorax, dont les larves carnivores attaquent les tissus vivants d’animaux et de personnes, débutera au Mexique et s’étendra jusqu’au Texas méridional. Cette initiative permettra de protéger le bétail américain, la faune sauvage et la population contre cette larve “mange-carné”.
Annoncé par le Département de l’Agriculture des États-Unis (USDA), le plan prévoit d’augmenter l’élevage de mâles stériles de Cochliomyia hominivorax. Une fois relâchés dans la nature, ces mâles s’accoupleront avec les femelles sans féconder les œufs, entraînant une réduction progressive des larves jusqu’à leur disparition. Cette technique de l’insecte stérile a déjà permis d’éradiquer la mouche aux États-Unis en 1966 et de contrôler un foyer isolé en Floride en 2017.
Des mâles stériles pour combattre les larves « mange-carné »
Cette méthode de relâchement de mâles stériles est plus efficace et respectueuse de l’environnement que l’utilisation d’insecticides. Elle repose sur la concurrence entre les mâles fertiles et ceux stérilisés par irradiation, qui, bien qu’ils s’accouplent, ne fécondent pas les œufs, ce qui réduit la population des générations suivantes jusqu’à leur disparition dans les zones concernées.
Ce procédé a déjà été testé avec succès aux États-Unis et dans d’autres pays au nord du Panama, où Cochliomyia hominivorax a été la première espèce contrôlée par cette technique.
Cochliomyia hominivorax ont été détectées (données au 21 juin 2025) / Crédit : USDA » width= »1366″ height= »1056″/>Les pays d’Amérique centrale où les larves « mange-carné » de la mouche Cochliomyia hominivorax ont été détectées (données au 21 juin 2025) / Crédit : USDA.
Les récentes découvertes en Amérique centrale, et particulièrement au Mexique, ont suscité des inquiétudes parmi les responsables américains de l’agriculture, de l’industrie animale et des associations vétérinaires. Cela a conduit l’USDA à prévoir de nouveaux relâchements.
Le Mexique, sous pression des États-Unis, a intensifié ses efforts pour contenir la propagation de la mouche, notamment après un incident de myiase (infestation par le ver) chez une femme de 77 ans dans l’État du Chiapas. Si la migration n’est pas maîtrisée, a averti l’USDA, les mouches pourraient atteindre la frontière américaine d’ici la fin de l’été, entraînant des dommages significatifs à la faune et des pertes économiques majeures dans le secteur animal, ainsi qu’une menace potentielle pour la santé humaine.
Pour augmenter l’élevage des mâles stériles, l’USDA prévoit également la création d’une nouvelle installation au Texas, près de la frontière mexicaine, qui sera opérationnelle d’ici juillet 2026. La logistique des relâchements, qui toucheront le Mexique et s’étendront jusqu’au Texas méridional, n’est pas encore fixée. Cependant, la détection récente de mouches Cochliomyia hominivorax à moins de mille kilomètres de la frontière américaine pourrait accélérer les opérations.
