La composition des selles peut annoncer un risque de mort imminente, selon une étude

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Des recherches récentes soulignent l’importance de l’analyse des caractéristiques du microbiote intestinal pour prédire le risque de décès. Une nouvelle échelle permet d’identifier les patients à haut risque et d’envisager des traitements ciblés pour améliorer leur survie.

Des chercheurs de l’Université de Chicago ont démontré que l’analyse des caractéristiques du microbiote intestinal et des métabolites fecaux peut fournir une estimation précise du risque de décès d’une personne dans les 30 jours suivants. La composition des bactéries et des métabolites présents dans les selles agit comme un biomarqueur indiquant la probabilité de décès à court terme. Une échelle nommée score de dysbiose métabolique ou MDS a été développée pour évaluer la gravité de l’état du patient. Cet outil permet de détecter les personnes à haut risque et offre la possibilité d’interventions thérapeutiques visant à améliorer les chances de survie.

Cette découverte vient d’un groupe de recherche américain dirigé par des scientifiques du Duchossois Family Institute de l’Université de Chicago, en collaboration avec le département de médecine de l’Université de Chicago. Les chercheurs, sous la direction des professeurs Alexander P. de Porto, Eric G. Pamer et Bhakti K. Patel, ont atteint leurs conclusions après avoir analysé les échantillons de selles de près de 200 patients en soins intensifs, tous souffrant de choc ou d’insuffisance respiratoire, mais pas en lien avec une forme sévère de COVID-19. Les patients ont été répartis en deux groupes et le lien entre les caractéristiques de leur microbiote et les risques de mortalité a été étudié sur quatre semaines.

Il est connu que les patients critiques en soins intensifs ont une diversité réduite de leur microbiote intestinal, mais la réponse aux traitements varie. Les scientifiques cherchent à établir les profils de microbiote les plus à risque afin d’intervenir pour rétablir un équilibre, possiblement avec des probiotiques et d’autres options thérapeutiques. La dysbiose est une condition de déséquilibre microbien, souvent liée à des pathologies graves comme le syndrome de Parkinson ou certaines infections et cancers.

Le professeur de Porto et son équipe ont examiné le microbiote des patients critiqués à l’aide de techniques de séquençage métagénomique et de spectrométrie de masse pour quantifier les métabolites liés à la flore bactérienne. Ils ont identifié 13 métabolites en lien avec un risque de mortalité dans les 30 jours, contribuant à établir le score de dysbiose. Ce score a montré une précision de 84 %, une sensibilité de 89 % et une spécificité de 71 % pour prédire la mortalité parmi les patients en soins intensifs. Dans le second groupe de 50 patients, les résultats n’ont cependant pas atteint de signification statistique, probablement à cause de la taille réduite de l’exemplaire.

Bien que les résultats préliminaires soient encourageants, ils nécessitent des études supplémentaires pour valider ces conclusions. Ils ouvrent néanmoins la voie à des traitements potentiels dans les contextes hospitaliers critiques. Les détails de cette recherche, intitulée “Fecal metabolite profiling identifies critically ill patients with increased 30-day mortality”, ont été publiés dans la revue scientifique ScienceAdvances.