Un récent rapport souligne une probabilité inquiétante d’augmentation des températures mondiales dans les années à venir, avec des impacts potentiellement irréversibles sur notre planète et nos sociétés. Les données reflètent une tendance alarmante qui mérite une attention immédiate.
Un nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) révèle qu’il y a 70 % de chances que la température moyenne globale dépasse 1,5 °C au cours des cinq prochaines années par rapport à la période préindustrielle. Les effets sur l’humanité et l’environnement pourraient être significatifs.

En 2024, nous avons enregistré la température la plus élevée jamais mesurée, témoignant de la crise climatique actuelle. Les prévisions indiquent une probabilité de 80 % qu’au moins une année entre 2025 et 2029 dépasse ce record. Par ailleurs, il y a 70 % de chances que la moyenne de réchauffement au cours de ces cinq années soit supérieure de 1,5 °C (ou plus) par rapport à la moyenne de la période préindustrielle (1850-1900), moment où l’humanité a commencé à émettre du carbone dans l’atmosphère. Ce seuil critique entraîne des conséquences selon les experts, qui parlent d’un monde « inexploré » avec des effets potentiellement irréversibles sur notre environnement.
L’alerte a été lancée par l’OMM, organisme affilié à l’Organisation des Nations Unies (ONU), suite à un rapport sur les prévisions climatiques pour les cinq prochaines années. Ce rapport se base sur des données du Met Office du Royaume-Unis, qui assure le rôle de Centre de Référence de l’OMM pour les prévisions climatiques annuelles et décennales. Le point crucial réside dans la probabilité de 70 % que les températures mondiales moyennes entre 2025 et 2029 dépassent la barre de 1,5 °C. En effet, pour chaque année de ce quinquennat, la température moyenne pourrait se situer entre 1,2 °C et 1,9 °C au-dessus des niveaux de 1850-1900. De plus, il y a 86 % de chances qu’au moins une année soit plus chaude que 1,5 °C. Comparativement, la probabilité pour le quinquennat précédent de 2024-2028 était de 47 % et de 32 % pour 2023-2027.
Ces chiffres envoient un message clair sur l’impact des gaz à effet de serre – tels que l’anidride carbonique (CO2) et le méthane (CH4) –, que nous continuons à libérer dans l’atmosphère par nos activités, particulièrement dans les domaines de l’énergie, de l’industrie et des transports. Les émissions provenant de l’élevage intensif sont comparables à celles de pays industrialisés comme la France et l’Allemagne. Les émissions de CO2, principal gaz à effet de serre, continuent de croître. En 2024, elles ont atteint les 420 parties par million (ppm), le niveau le plus élevé en 14 millions d’années, selon les estimations. Cela indique qu’il y a 420 milligrammes de CO2 pour chaque kilogramme d’atmosphère. Par rapport à 2023, la concentration de l’air a augmenté de 4,7 ppm. Il n’est pas surprenant que les températures continuent d’augmenter, malgré les annonces des gouvernements sur la réduction des émissions.

Les risques liés à l’augmentation des températures moyennes mondiales. Crédit : World Resources Institute
Les conséquences d’un réchauffement supérieur à 1,5 °C
Qu’entraîne un supplément de 1,5 °C sur la température moyenne globale ? Les effets seront irréversibles, nous plongeant dans un scénario encore inexploré. Concernant les vagues de chaleur extrême, particulièrement dangereuses pour la santé, elles deviendront 9 fois plus probables sur une période de 50 ans. Les événements les plus sévères le seront 4 fois plus. De plus, environ 4 milliards de personnes seront à risque face à ces vagues de chaleur fatales.
On prévoit également une élévation du niveau de la mer de 40 centimètres, avec des conséquences dévastatrices pour les nations insulaires du Pacifique et d’autres régions. Les tempêtes et inondations, avec un niveau de mer supérieure à 50 centimètres, auront des impacts catastrophiques pour les côtes et les métropoles. S’ajoutent à cela une réduction significative de la biodiversité (la sixième extinction de masse est déjà en cours), l’appauvrissement des ressources halieutiques, des famines, des vagues de sècheresse extrêmes plus fréquentes, des incendies dévastateurs et des événements atmosphériques de plus en plus violents. Ce contexte fera face à des migrations de masse sans précédent et à d’éventuels conflits mondiaux pour les ressources restantes.
Heureusement, les prévisions de l’OMM, s’appuyant sur les observations des dix dernières années, estiment un réchauffement moyen de 1,44 °C pour la période 2015 – 2034. Cela indique que nous pourrions théoriquement encore éviter de dépasser la seuil critique de 1,5 °C à long terme, même si, en raison des données croissantes de CO2, l’objectif pour beaucoup est désormais de limiter la hausse des températures à 2,0 °C, un objectif moins ambitieux établi lors de la Conférence de Paris sur le climat de 2015.
