La Chine prévoit un système de gestion du trafic spatial pour gérer l’augmentation rapide des satellites en orbite terrestre basse, qui pourraient atteindre 100 000 unités. Ce plan vise à organiser efficacement le déploiement des satellites, assurer la sécurité des opérations et soutenir durablement le développement industriel du secteur spatial commercial.
Partant du principe qu’il faut préserver la durabilité de l’espace, l’agence spatiale chinoise élabore un système pour gérer le trafic orbital. Les projections estiment que le nombre de satellites en orbite basse autour de la Terre pourrait atteindre 100 000.

En complément des satellites développés par d’autres nations et entreprises, les données industrielles révèlent que la Chine compte 58 usines de satellites actives, en construction ou en projet.
D’après les capacités publiquement disponibles, la production annuelle de satellites dans le pays devrait dépasser les 5 000 unités d’ici la fin de l’année.
Les principaux projets chinois comprennent :
- G60 Starlink de Spacecom Satellite Technology basée à Shanghai, un réseau de communication prévu pour environ 15 000 satellites, dont 648 devraient être en orbite fin 2024 ;
- La constellation Guowang du China Satellite Network Group, planifiée à 12 992 satellites ;
- LandSpace ambitionne le lancement de 10 000 satellites pour son projet Honghu-3.

Meng Lingjie, directeur du Centre d’observation terrestre et des données de l’Administration spatiale nationale chinoise (CNSA), a indiqué au portail Jiemian que « les calculs montrent que l’orbite terrestre basse pourrait devenir surchargée avec environ 100 000 satellites ».
Pour garantir la durabilité de l’espace, la CNSA développe un système de gestion du trafic spatial afin d’optimiser le placement et les opérations des satellites. Sans ce cadre, les chevauchements de projets et la concurrence pourraient nuire sérieusement à l’industrie.
Meng Lingjie a ajouté que le gouvernement chinois va fortement soutenir le secteur spatial commercial, qui construit plusieurs grandes constellations.
Selon le South China Morning Post, la croissance rapide des lancements de satellites nécessite d’urgence une gestion et une coordination renforcées.
La Chine souhaite éviter la surcharge orbitale
La CNSA a annoncé la création d’une Alliance pour l’innovation dans le spatial commercial, en collaboration avec des entités industrielles et des entreprises, pour relever des défis tels que l’utilisation des ressources, la réglementation et la coordination insuffisante du secteur.
Premièrement, il faut transférer et appliquer l’expérience accumulée par les entreprises nationales [publiques] pendant des décennies, notamment dans les technologies des lanceurs et satellites, au secteur commercial, en l’adaptant aux besoins des vols spatiaux commerciaux rapides.
Deuxièmement, la satisfaction des exigences de lancements souples et rapides permettra la création de réseaux et d’opérations à grande échelle.
Meng Lingjie a précisé que « une fois les satellites en orbite, il conviendra d’éviter les collisions, d’assurer des services coordonnés entre satellites et de maintenir une coopération sécurisée avec les équipements opérés par des fournisseurs internationaux ».

Le but principal est d’encourager un développement rapide, mais sûr, de l’industrie spatiale commerciale.
Pour y parvenir, les agences spatiales nationales guideront les entreprises privées. La CNSA travaille ainsi à ouvrir l’accès à des installations nationales de tests autrefois réservées à des projets gouvernementaux.
Par ailleurs, le gouvernement chinois envisage la création d’environnements publics de type « sandbox » pour expérimenter des scénarios commerciaux à haut risque dans le spatial, où les équipes nationales conduiraient les essais et convertiraient rapidement les résultats en ressources destinées aux entreprises du secteur.