Une recherche italienne récente a révélé que la bétaïne pourrait prédire le déclin physique chez les seniors, notamment chez les femmes. Des niveaux accrus de cet acide aminé dans le sang signalent un état de pré-fragilité, offrant ainsi des nouveaux axes pour le diagnostic et le traitement préventif de cette condition.
Une étude menée par une équipe de recherche italienne a mis en évidence un signe précoce du déclin physique détectable dans le sang : il s’agit de la bétaïne, un dérivé d’acide aminé également connu sous le nom de triméthylglycine, dont les niveaux dans le sérum peuvent constituer un indicateur de pré-fragilité, un état qui anticipe le déclin physique associé à l’âge.
Ce travail, dirigé par des chercheurs du Ceinge de Naples, de l’Université de Campanie Luigi Vanvitelli et de l’Université de Pavie, a également impliqué des spécialistes de l’Université de Salerne, de l’Irccs Fondazione Mondino à Pavie et de l’Université Federico II de Naples. Les résultats montrent que des niveaux plasmatiques de bétaïne plus élevés distinguent les individus pré-fragiles, notamment les femmes, des personnes fragiles et non fragiles.
“La bétaïne est un acide aminé modifié, impliqué dans le cycle de la méthionine et possédant des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes,” précisent les chercheurs. “L’identification de la bétaïne comme marqueur biochimique de la pré-fragilité ouvre de nouvelles perspectives sur le métabolisme associé à cette condition, qui est courante et potentiellement réversible chez les personnes âgées, mais qui prédispose à une fragilité clinique avérée.” Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Npj Aging du réseau Nature.
Comprendre la fragilité et le rôle prédictif de la bétaïne
La fragilité représente une syndromique complexe liée à l’âge, caractérisée par un déclin progressif des fonctionnalités de plusieurs systèmes physiologiques, ce qui entraîne une vulnérabilité accrue face aux stress et un risque élevé d’hospitalisation et de mortalité. Cette syndrome clinique chez les personnes âgées se définit selon cinq critères : perte de poids involontaire (4,5 kg ou plus dans l’année), faiblesse, lenteur de la marche, faible activité physique et fatigue. La fragilité est reconnue lorsque trois de ces critères sont présents.
En dépit de leur utilité pour classer et identifier la fragilité, ces critères ne sont cependant pas encore accompagnés de biomarqueurs validés permettant de différencier les sujets fragiles, pré-fragiles et non fragiles. C’est là qu’intervient cette recherche italienne, qui a réussi à établir dans des niveaux plus élevés de bétaïne dans le sérum une signature biochimique spécifique à la pré-fragilité.
Étant donné que la fragilité est une condition dynamique (“Un individu peut varier entre des états de gravité de la fragilité tant en direction du déclin que de l’amélioration,” soulignent les chercheurs), l’identification des niveaux sériques de bétaïne comme signal distinctif de la pré-fragilité ouvre de nouvelles voies pour le développement de tests diagnostiques et de traitements potentiels visant à freiner la progression de la pré-fragilité vers une fragilité manifeste.
“Nos résultats – ont noté les chercheurs – ont des implications pratiques pour de futures recherches cliniques, visant à analyser le métabolisme des acides aminés et de la bétaïne comme possible source de biomarqueurs sanguins appropriés, ainsi qu’à concevoir des interventions ciblées pour contrer la fragilité dans ses stades initiaux.
