Après une longue période sur l’ISS, les astronautes Butch Wilmore et Suni Williams retournent enfin sur Terre, faisant face à des effets surprenants, tels que la condition appelée « baby feet ». Cette situation pose des questions intéressantes sur les répercussions du voyage spatial sur la santé humaine.
Les astronautes Butch Wilmore et Suni Williams, bloqués pendant plus de neuf mois sur la Station Spatiale Internationale (ISS), ont enfin décollé pour rentrer sur Terre. À 05h05 heure française le mardi 18 mars, leur retour est prévu pour 22h00 aujourd’hui, après un départ de la navette Crew Dragon. Initialement, leur mission devait durer seulement huit jours, mais des problèmes techniques ont prolongé leur séjour, transformant cette courte mission en une expérience à long terme, avec des implications pour leur santé. Bien que les astronautes soient bien préparés, ils n’avaient pas suivi d’entraînement spécifique pour une telle durée. Les souvenirs de leurs retours précédents où des astronautes étaient transportés en fauteuil roulant persistent. Parmi les effets que Wilmore et Williams pourraient éprouver, il y a notamment les fameux “baby feet”.
L’ancien astronaute de la NASA, Leroy Russel Chiao, a expliqué lors d’une interview à NewsNation Prime que le retour à la gravité terrestre après un long séjour dans l’espace n’est pas simple. Il a comparé son expérience à celle d’une grippe sévère pendant plusieurs semaines. Certains paramètres physiologiques, comme la densité osseuse, mettent du temps à se rétablir. En ce qui concerne les baby feet, Chiao a précisé que les astronautes perdent l’épaisseur de leur peau. La plante des pieds, qui est normalement plus épaisse pour supporter le poids du corps et l’irritation, perd cette protection en quelques mois d’inaction en microgravité. Ce phénomène se produit parce que l’absence de pression et de frottement réduit la formation de l’épaisseur de peau callosée qui nous permet de marcher sans douleur.
Chiao a également précisé que ce phénomène apparaît après six mois à un an dans l’espace, rendant les pieds aussi doux et sensibles que ceux d’un bébé. La peau de l’épiderme se renouvelle tous les 28 à 40 jours, mais la peau des pieds prend plus de temps à se régénérer. Ainsi, avec des pieds de bébé ultra-sensibles, les astronautes auront probablement des difficultés pendant un certain temps. Il pourrait falloir semaines ou mois avant qu’une nouvelle couche de peau callosée ne se forme grâce à la gravité terrestre.
Les baby feet ne sont qu’un des nombreux effets du voyage spatial sur le corps humain. Une étude de l’Université de Calgary a montré que des missions prolongées entraînent une perte significative de masse osseuse. La masse musculaire subit également un déclin rapide, d’où la nécessité pour les astronautes de faire régulièrement de l’exercice. D’autres recherches ont révélé des problèmes de santé plus graves, comme des mutations sanguines liées au cancer et aux maladies cardiovasculaires, ainsi que de graves lésions rénales. Les experts estiment que des astronautes se rendant sur Mars pourraient nécessiter une dialyse à leur retour sur Terre. Ces préoccupations soulèvent des doutes quant à la possibilité de conquérir la planète rouge dans la décennie à venir. Pour étudier les effets de ces missions sur le corps humain, l’ESA a récemment recruté 20 volontaires pour l’étude Vivaldi III; les participants sont rémunérés 5 000 euros pour passer 10 jours allongés tout en subissant divers examens médicaux.
