Depuis peu, une pratique millénaire acquiert un statut officiel en matière de santé, offrant un nouvel espoir pour soulager diverses affections. Évaluée par des autorités sanitaires, elle ouvre la voie à de nouvelles possibilités de soins intégrés, tout en posant des défis quant à sa mise en œuvre et à la formation des praticiens.
L’acupuncture est une technique très ancienne de la médecine traditionnelle chinoise qui consiste à insérer des aiguilles stériles à usage unique pour rétablir l’équilibre psycho-physique du patient et est reconnue par l’Organisation mondiale de la santé comme un outil valable dans diverses conditions. Depuis 2024, l’acupuncture a été intégrée dans les Niveaux Essentiels de Soins (Lea).

En Italie, comme dans la plupart des pays occidentaux, l’acupuncture a été victime de préjugés qui la présentaient comme une technique peu fiable, sans égale avec la médecine conventionnelle. Pourtant, avec plus de 2000 ans d’histoire, l’acupuncture est une méthode ancienne de la médecine traditionnelle chinoise, reconnue depuis plusieurs années par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le traitement de diverses douleurs.
En Italie, elle est considérée comme un traitement sûr, tant qu’elle est pratiquée par des professionnels de la santé. En effet, depuis 1982, après un jugement de la Cour de cassation à ce sujet, il est obligatoire d’avoir un diplôme en médecine pour réaliser une séance d’acupuncture. Au fil des ans, l’intérêt pour cette technique a progressivement augmenté, ainsi que l’effort pour la reconnaître en tant que traitement médical à part entière. Après l’inclusion de l’acupuncture pour la thérapie de la douleur dans les directives officielles de l’Institut supérieur de santé (Iss) en 2022, en 2023, l’acupuncture a été officiellement intégrée dans les Lea, suite à l’approbation du décret de président du conseil des ministres publié dans le Journal officiel le 23 juin 2023.
Qu’est-ce que l’inclusion de l’acupuncture dans les Lea indique ?
L’inclusion de l’acupuncture dans les Lea est une nouveauté importante car cela indique que l’acupuncture fait maintenant partie de l’ensemble des prestations et services de santé reconnus par le système de santé national (Ssn), que les régions doivent garantir à tous les citoyens. Dans ce cas, les prestations reconnues incluent en effet les mentions « Acupuncture pour analgésie » et « Autre acupuncture ». Cependant, comme l’a expliqué le président de la Fédération des associations d’acupuncteurs Carlo Maria Giovanardi, le défi est maintenant de rendre effectifs les services, ce qui n’est pas facile à réaliser en raison du manque de professionnels.
Étant de nouvelles prestations de santé reconnues pour les citoyens, les médecins peuvent donc prescrire une ou plusieurs séances d’acupuncture, qui pourront être administrées sur présentation d’une ordonnance médicale, avec un ticket à payer : 24 euros pour la première visite et 10 euros pour chaque séance. Voyons maintenant ce qu’est et à quoi sert l’acupuncture.
Qu’est-ce que l’acupuncture et à quoi sert-elle ?
L’acupuncture est une technique de la médecine traditionnelle chinoise qui consiste à insérer des aiguilles stériles à usage unique dans la couche superficielle de la peau, à des points spécifiques du corps pertinents sur le plan énergétique. Son objectif est de « restaurer », explique le Groupe hospitalier italien, l’équilibre psycho-physique et de promouvoir la santé et le bien-être de l’individu soumis au traitement.
Il est important de préciser qu’il ne s’agit pas d’une technique alternative à la médecine occidentale, mais d’un outil thérapeutique pouvant être associé à d’autres thérapies pour traiter une maladie ou une condition douloureuse.
Pour quels problèmes de santé l’acupuncture peut-elle être utile ?
L’OMS reconnaît l’acupuncture comme un outil qui peut accompagner le traitement de plusieurs conditions, en plus de la thérapie de la douleur. Parmi celles-ci figurent certains troubles neurologiques, tels que les céphalées, les migraines ou les paralysies, des troubles digestifs, y compris les nausées et les dysfonctions intestinales, des troubles dermatologiques ou de l’appareil urogénital, et bien d’autres conditions pouvant causer de la douleur.
De plus, l’acupuncture est également utilisée et reconnue dans le traitement de troubles gynécologiques, tels que les douleurs menstruelles, les bouffées de chaleur post-ménopausiques et la dysménorrhée. À cet égard, l’Iss a ajouté aux lignes directrices pour l’acupuncture un document spécifiquement dédié aux directives pour l’utilisation de l’acupuncture dans la dysménorrhée primaire.
Qui peut effectuer l’acupuncture ?
Comme l’a expliqué Giovanardi à Repubblica, l’acupuncture ne peut être pratiquée que par des professionnels de santé, avec une distinction supplémentaire. Dans le secteur public, seuls les médecins ayant obtenu un diplôme de spécialisation dans un cours de trois ans dispensé par environ quinze écoles en Italie peuvent la pratiquer après leur diplôme en médecine, tandis que dans le secteur privé, les médecins souhaitant pratiquer l’acupuncture n’ont pas nécessairement besoin de cette spécialisation supplémentaire.
