La migration printanière des oiseaux en Italie débute avec l’arrivée de fascinants torcicollo, membres uniques de la famille des pics. Leur plumage cryptique et leur chant reconnaissable éveillent curiosité et admiration. Découvrez leur comportement intrigant et les défis auxquels cette espèce est confrontée dans un monde en mutation.
En provenance d’Afrique, les premiers oiseaux engagés dans la migration printanière arrivent en Italie, notamment les torcicollo, magnifiques représentants de la famille des pics, distingués par de nombreuses caractéristiques fascinantes telles qu’un plumage cryptique saisissant. Nous en avons déjà observé un dans la région des Castelli Romani. Que savons-nous vraiment sur ces créatures et pourquoi portent-elles ce nom ?

Torcicollo. Credit: Andrea Centini
La grande migration printanière des oiseaux revenant d’Africa commence essentiellement en mars, mais dès février, les premiers arrivants peuvent être admirés, impatients. Dans plusieurs régions d’Italie, des ornithologues, passionnés de birdwatching, et photographes naturalistes signalent des observations intéressantes. Parmi elles, nous pouvons mentionner deux cuculs à huppe (Clamator glandarius) et un torcicollo (Jynx torquilla), dont nous avons distinctement entendu le chant. Le cri de cet oiseau magnifique, qui fait partie de la famille des pics mais présente des caractéristiques uniques, est inconfondable. À cette période de l’année, à la croisée de la fin de l’hiver et du début du printemps, le cri du torcicollo commence à résonner entre les arbres des forêts, dans les vergers des campagnes et parmi les buissons, alors qu’il forme des couples en prévision de la saison de reproduction.

Torcicollo. Credit: Andrea Centini
Le motif principal pour lequel de nombreuses espèces d’oiseaux retournent d’Africa après leur hibernation réside fondamentalement dans la reproduction. Upupes, rigogolis, grucciones, baillettes, rossignols, geais des chênes et de nombreuses autres espèces entreprennent, ou le feront bientôt, un long voyage, parsemé d’embûches pour la survie de leur espèce, motivées par le désir de transmettre leurs gènes, moteur fondamental de la vie. Parmi les oiseaux les plus spectaculaires participants à ce cycle merveilleux se trouve précisément le torcicollo, héros de notre article.

Qui est le torcicollo
Comme indiqué, le torcicollo est un oiseau appartenant à la famille des pics (Picidae), mais il a très peu en commun avec le pic vert, le pic à dos blanc, le pic noir et d’autres espèces de picidés présents en Italie. Comme l’explique la Ligue italienne pour la protection des oiseaux (LIPU), le torcicollo “ne tambourine pas, ne grimpe pas verticalement sur les troncs et ne creuse pas le bois pour se nourrir ou construire son nid”. En somme, son comportement est radicalement différent de celui d’un pic typique. Mais même les caractéristiques anatomiques sont extrêmement spécialisées : par exemple, il possède un bec conique et pointu, plus court que celui des pics, avec lequel il racle le bois mais ne le perce pas. Derrière, il cache une langue très longue, qui atteint presque deux tiers de la longueur totale de l’oiseau ; il s’en sert principalement pour se nourrir de Fourmis, son aliment préféré, sans négliger la capture d’autres insectes.

Torcicollo. Credit: Andrea Centini
Le torcicollo ne possède même pas de plumes caudales modifiées pour permettre un repos vertical sur les troncs, typiques de la famille des pics, mais une queue plus commune, longue et arrondie. Une des rares caractéristiques qu’il partage avec les membres de sa famille est la disposition de ses doigts, avec deux orientés vers l’avant et les deux autres vers l’arrière. Son comportement est généralement plus semblable à celui d’un passeriforme. Les spécimens les plus grands mesurent de 18 à 20 centimètres de long, avec une envergure maximale de 30 centimètres. Le vol est légèrement ondulant.

Torcicollo. Credit: Andrea Centini
Ce qui étonne chez le torcicollo, ainsi nommé pour sa capacité à tourner et allonger sa tête en arrière, c’est son incroyable plumage moucheté qui alterne des couleurs grises, brunes, crème et noires sur le dos et les ailes, avec une motif en écailles qui rappelle de près les écailles de certains serpents, comme le serpent à sonnette. D’ailleurs, lorsqu’il allonge et tourne sa tête, s’il se sent menacé, cet oiseau émet également un sifflement, augmentant son apparence serpentine. Il présente également une ligne sombre qui traverse l’œil et une partie du cou, tandis que la partie ventrale du corps est plus claire et jaunâtre, ponctuée de petites barres sombres. Les plumes sur la tête sont érétilles. Il s’agit clairement d’un plumage cryptique, qui permet au torcicollo de se fondre parfaitement entre les écorces de branches et de troncs d’arbres, comme le montrent ces photos que nous avons prises aux Castelli Romani. Le torcicollo, en plus d’être un oiseau magnifique, possède un chant caractéristique et puissant : dans la “Guide des oiseaux d’Europe, d’Afrique du Nord et du Proche-Orient” de Lars Svensson, souvent considéré comme la bible pour les amateurs de birdwatching, il est décrit comme une “série de 12 à 18 notes fortes et plaintives, 4 par seconde, tie-tie-tie-tie”. Vous pouvez l’écouter dans la vidéo ci-dessous.

Comme beaucoup d’autres oiseaux, le torcicollo souffre énormément de la détruction et de la simplification des habitats, principalement en raison des pratiques agricoles, avec la disparition de taillis, d’arbres morts, d’alignements, de haies et de cultures herbagères. Ces animaux, de fait, ne trouvent pas les cavités où nicher – souvent les nids de d’autres pics – et c’est l’une des raisons pour lesquelles les populations sont de plus en plus rares. En Italie, on estime qu’il y a entre 50 000 et 100 000 couples reproducteurs, avec une “tendance à la baisse ces dernières décennies”, selon la LIPU. Outre les modifications de l’environnement, le torcicollo est également menacé par l’utilisation de pesticides et les collisions avec des vitres. L’espèce est strictement protégée en Italie en vertu de l’Article 2 de la loi du 11 février 1992, n° 157.

Torcicollo. Credit: Andrea Centini
