Pourquoi avez-vous payé si cher vos chocolats de la Saint-Valentin : l’énorme hausse des prix du cacao

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La hausse alarmante des prix du cacao, atteignant 400 %, résulte d’une crise climatique impactant les récoltes. Les chocolats, notamment ceux de San Valentin, voient donc leurs coûts exploser, menaçant l’industrie sucrière et les revenus des agriculteurs, tout en suscitant des préoccupations mondiales sur l’avenir de cette précieuse ressource.

Ces dernières années, le prix du cacao a augmenté de 400 pour cent, une croissance inquiétante qui s’est reflétée sur les prix des produits sucrés. C’est pourquoi les chocolats de Saint-Valentin (et pas seulement) coûtent si cher aujourd’hui.

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Si les chocolats pour Saint-Valentin coûtent bien plus cher aujourd’hui, c’est pour une raison précise : le réchauffement climatique causé par les activités humaines. Le changement climatique est considéré comme la principale menace existentielle pour l’humanité en raison de son impact sur notre santé et sur l’environnement. Au-delà des effets les plus connus, comme les vagues de chaleur mortelles plus fréquentes et l’élévation du niveau de la mer capable de submerger des régions côtières entières, il y a aussi des conséquences significatives sur les récoltes, avec le risque de grandes famines liées à la sécheresse extrême. Parmi les cultures les plus touchées par le réchauffement climatique, on trouve celles du cacao, qui, bien qu’elles ne soient pas aussi fondamentales pour l’alimentation que les céréales et les légumineuses (même si le chocolat noir en quantités appropriées est un précieux allié pour le cœur), représentent néanmoins le pilier de l’industrie sucrière mondiale. Il ne faut pas oublier non plus qu’un grand nombre de personnes dans les zones les plus pauvres du monde dépendent et survivent grâce aux plantations de cacao. Un nouveau rapport a mis en évidence à quel point ces plantations souffrent en raison de la crise climatique, entraînant des dommages significatifs à la productivité et donc une augmentation des prix.

Au-delà des chocolats de Saint-Valentin, il suffit de se souvenir des prix que nous avons payés pour les nougats, les panettones et d’autres douceurs chocolatées durant les récentes fêtes de fin d’année, avec des prix supérieurs de 30 pour cent (mais pour certaines marques, l’augmentation a atteint même 50 pour cent). Entre les pluies torrentielles de 2023 et les températures extrêmes de 2024, l’année la plus chaude jamais enregistrée, les plantations de cacao des pays de l’Afrique centrale et occidentale ont subi des dommages dévastateurs, se traduisant par une augmentation progressive des coûts du cacao, une matière première échangée sur les marchés de Londres et New York. Si, il y a quelques années, une tonne de cacao se vendait entre 2.000 et 3.000 dollars, le 12 février 2025, elle pouvait être achetée pour plus de 10.000 dollars (le pic maximal a été atteint en décembre 2024, avec une somme incroyable de 12.500 dollars, comme l’a indiqué l’Agence France-Presse). Ce sont les effets évidents de la crise climatique, qui se répercutent clairement sur les prix pour le consommateur. Juste aujourd’hui, le 14 février, ceux qui ont acheté une boîte de chocolats pour leur partenaire en ont pris conscience. Récemment, plusieurs marques célèbres ont annoncé des augmentations des prix des douceurs au chocolat à plusieurs reprises, afin de suivre les cotations astronomiques du cacao sur le marché.

Un nouveau rapport de Christian Aid a souligné comment les vagues de chaleur extrême de plus en plus fréquentes affectent la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Cameroun et le Nigeria, les pays d’Afrique centrale et occidentale où se concentre la majeure partie de la production de cacao (environ 70 pour cent au niveau mondial). Les chercheurs ont observé que, ces dix dernières années, il y a eu, en moyenne, trois semaines de plus où la température dépassait 32 °C (la température optimale pour les plants de cacao) entre mars et octobre, période de forte productivité. En 2024, il y a eu au moins 42 jours de chaleur extrême dans plus de 70 pour cent des zones étudiées, impactant significativement la quantité et la qualité des récoltes, ce qui a ensuite eu un écho inévitable sur les prix.

Une autre étude, basée sur un modèle prévisionnel informatique, a estimé qu’à l’horizon 2060, la crise climatique entraînera un déclin de la productivité du cacao dans les régions occidentales des pays africains, mais aussi une augmentation dans les régions orientales. En général, les modèles indiquent des baisses de rendement plus importantes en Côte d’Ivoire et au Ghana (12 pour cent) par rapport au Nigeria (10 pour cent) et au Cameroun (2 pour cent), avec quelques gains selon les zones de production. Globalement, la Côte d’Ivoire pourrait perdre jusqu’à 50 pour cent de sa surface cultivable actuelle, bien que les chercheurs estiment qu’en raison des gains dans d’autres régions, les effets du changement climatique sur la production mondiale de cacao pourraient être atténués. L’étude a été menée par une équipe de recherche internationale dirigée par des scientifiques du Centre pour l’analyse des systèmes agricoles de l’Université de Wageningen (Pays-Bas), qui ont collaboré avec leurs collègues du Centre international pour l’agriculture tropicale (Colombie) et le Centre de recherche sur la biodiversité et le climat Senckenberg (Allemagne). Une recherche antérieure de la NOAA avait établi qu’jusqu’à 90 pour cent des zones de production de cacao dans les pays africains pourraient disparaître à cause du changement climatique, conduisant de fait le chocolat à disparaître ou à se transformer en un bien de luxe.