Un nouvel astéroïde, le 2024 YR4, présente un risque d’impact avec notre planète de 2,3 % d’ici 2032. Bien que ce chiffre ait doublé récemment, des analyses futures pourraient réduire ce risque à néant. Comment cette menace pourrait-elle être neutralisée ? Découvrez les enjeux fascinants de cette situation !
La probabilité que l’astéroïde 2024 YR4 touche la Terre a augmenté et se situe désormais à 2,3 % pour le 22 décembre 2032. Les calculs orbitaux récents ont révélé ces nouvelles estimations. Cependant, les prochaines observations pourraient potentiellement faire chuter ce risque à zéro.

En février, l’astéroïde avait seulement une probabilité d’impact de 1 sur 83, soit 1,2 %. Aujourd’hui, ce risque est passé à 2,3 %. Selon le Center for Near Earth Object Studies (CNEOS) du Jet Propulsion Laboratory de la NASA, le risque est désormais de 1 sur 45. L’astéroïde, mesurant entre 40 et 100 mètres de diamètre, pourrait causer des dommages localisés en cas d’impact. Les experts soulignent que l’incertitude actuelle rend difficile un calcul précis des trajectoires possibles, mais il est probable que des analyses orbitales plus précises pourraient réduire le risque d’impact à zéro.
Pour mieux comprendre les risques et les conséquences d’une collision entre l’astéroïde 2024 YR4 et la Terre, nous avons interrogé Fabio Ferrari, professeur de systèmes aérospatiaux au Politecnico di Milano.
Les analyses orbitales des astéroïdes mènent généralement à une réduction du risque, mais dans ce cas, il a doublé. Que s’est-il passé ?
Chaque observation comporte une certaine incertitude et les mesures suivantes visent à la réduire. Nous cherchons à mieux comprendre la trajectoire et son évolution possible. Nous avons éliminé certaines trajectoires ne présentant pas de collision avec la Terre, ce qui a fait grimper la probabilité de risque à un peu plus de 2 %.
Devons-nous nous inquiéter ?
Pour l’instant, non : il est crucial de préciser que dans 98 % des cas, il n’y a pas d’impact.
Outre le pourcentage de risque, que savons-nous de cet astéroïde ?
Nous connaissons approximativement ses dimensions, et comme il n’est pas très grand, l’impact ne serait pas catastrophique, avec un diamètre estimé compris entre 40 et 100 mètres.
Est-il de type métallique ou rocheux ?
Nous avons encore peu de données, mais il pourrait être de type S, riche en silicates, ce qui est courant. Cette composition est importante, car elle nous aide à déterminer sa densité, sa masse, ainsi que les conséquences possibles.
Quelles pourraient-elles être ?
On pourrait assister à un événement similaire à celui de Tunguska. Au début des années 1900, un astéroïde a explosé dans l’atmosphère et s’est écrasé dans une zone inhabitée de la Sibérie, détruisant une partie de la forêt. L’astéroïde mesurait entre 30 et 60 mètres de diamètre. Donc, même en cas de collision, ce serait un événement localisé.
Savons-nous déjà où il pourrait tomber ?
Nous avons une zone d’incertitude s’étendant de l’Océan Pacifique, à l’ouest de l’Amérique Centrale, jusqu’à l’Atlantique, en passant par le centre de l’Afrique, jusqu’à l’Inde. Bien que cette zone soit large, elle est limitée à la zone équatoriale, une grande partie de cette zone est océane, mais il existe des zones terrestres.
À quelle fréquence les analyses orbitales seront-elles effectuées pour cet astéroïde ?
Le plus souvent possible, c’est un astéroïde suivi par la communauté scientifique. Nous pouvons l’observer depuis la Terre encore pendant quelques mois, pour l’instant il s’éloigne de notre planète, et comme c’est un objet très petit, il sera trop loin pour être observé depuis la Terre entre avril 2025 et 2028. Des observations depuis l’espace sont cependant prévues.
Comment cela sera-t-il fait ?
Grâce à des télescopes en orbite, par exemple le Télescope James Webb, qui est le plus performant et a déjà prévu des observations de l’astéroïde en 2025.
Y aura-t-il un moment où nous aurons certitude ou non d’un impact ?
En 2028, il y aura un nouveau passage proche de la Terre, et les conditions d’observation favorables nous permettront d’estimer mieux son orbite.
Avec quel pourcentage de risque déciderions-nous d’intervenir avec une mission de défense planétaire ?
En fait, on en parle déjà. En tant que communauté, nous sommes impliqués dans plusieurs missions. J’ai participé à la mission Dart de la NASA et maintenant à la mission Ramses pour l’astéroïde Apophis. Nous travaillons déjà sur le 2024 YR4, et des concepts sont déjà prêts.
Que prévoient-ils ?
Des stratégies similaires à celles de Dart, donc un éventuel impact cinétique pour dévier la trajectoire, par exemple pour déplacer l’astéroïde et le faire tomber dans l’océan. Mais ce sont des réflexions à envisager à partir de 2028.
