Le États-Unis interdisent le colorant rouge numéro 3, un additif alimentaire controversé, suite à des études liant son utilisation à des risques pour la santé, notamment le cancer de la thyroïde chez les rongeurs. Ce choix soulève des interrogations sur la sécurité des colorants dans l’alimentation et leurs effets à long terme.
Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a décidé d’interdire le colorant rouge numéro 3 (red dye No. 3), connu sous le nom d’érythrosine (E127), un additif synthétique dérivé du pétrole, utilisé dans de nombreux produits alimentaires et pharmaceutiques. L’érithrosine est particulièrement présente dans les confiseries, les glaçons, les glaces, les cerises confites, ainsi que dans certains médicaments et cosmétiques.
La régulation de ce colorant varie d’un pays à l’autre. Aux États-Unis, il était déjà interdit depuis les années 90 dans les cosmétiques et les médicaments topiques, mais pas dans les aliments. En revanche, l’Union Européenne l’a interdit depuis 1994, à l’exception de certains produits comme les cerises confites utilisées dans des desserts. La FDA a réévalué plusieurs fois la sécurité de cet additif et, après de nombreux débats entre scientifiques, entreprises et régulateurs, a pris la décision d’interdire définitivement sa vente. Les entreprises alimentaires disposent jusqu’au 15 janvier 2027 pour se conformer, tandis que l’industrie pharmaceutique a un an de plus.
La raison principale de cette interdiction vient de deux études montrant que des doses élevées du colorant provoquent un cancer de la thyroïde chez les rats mâles, même si la FDA précise que ce mécanisme biologique n’est pas observé chez les humains. Le retrait est lié à une pétition demandant si la clause Delaney, qui interdit l’utilisation d’additifs reconnus comme cancérigènes, s’applique à ce colorant. Malgré l’absence de preuves de risques pour les humains, la démonstration du lien avec le cancer chez les rongeurs a conduit à l’interdiction.
Ce processus a été long et jalonné de conflits, en raison de la complexité réglementaire autour de la clause Delaney. Des études ont également associé la consommation d’érythrosine à divers problèmes de santé tels que l’hypertyroïdie, l’asthme, l’insomnie et des allergies. Une étude de 2011 a conclu que l’érythrosine a un “effet minimal” à des doses orales de 200 mg par jour, tandis qu’une dose de 60 mg n’affiche aucun effet. Compte tenu de l’utilisation moyenne, évaluée à 0,0031 mg/kg de poids corporel par jour, le panel d’experts de l’ESFA était rassuré sur la sécurité de l’additif. Toutefois, l’interdiction de la FDA pourrait inciter une nouvelle évaluation en UE et conduire à un interdiction complète de l’érythrosine, au profit d’autres colorants sans risques connus.
