Un avenir préoccupant se profile avec une prévision de triplement des cas de démence d’ici 2050. Les dangers s’accroissent, notamment pour la maladie d’Alzheimer, touchant particulièrement ceux de plus de 55 ans. Cet article explore les causes de cette tendance inquiétante et les solutions potentielles pour faire face à cette crise.
Les cas de démence vont augmenter de manière significative dans les prochaines décennies, la maladie d’Alzheimer étant la forme la plus répandue. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il y a actuellement 50 millions de personnes atteintes de démence dans le monde, et ce chiffre pourrait atteindre 152 millions d’ici 2050. « Chaque année, environ 10 millions de personnes développent la démence, dont 6 millions dans les pays à revenu faible ou intermédiaire », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. Pour ce qui est de l’Italie, le rapport mondial Alzheimer 2024 élaboré par des experts de l’Alzheimer’s Disease International (ADI) et publié par la Fédération Alzheimer Italie le 21 septembre dernier, jour mondial de la maladie neurodégénérative, estime le nombre de cas passant de 1,48 million – dont 500.000 cas d’Alzheimer – à 2,3 millions dans 25 ans.
Un nouvel étude indique qu’aux États-Unis, les cas de démence doubleront d’ici 2060, passant de 500 000 à 1 million. L’étude révèle un risque de 42 % de développer la maladie après 55 ans et un risque de 50 % après 75 ans. Ce risque est particulièrement plus élevé par rapport aux recherches antérieures. L’équipe de recherche a été dirigée par des scientifiques de l’Optimal Aging Institute et du Département de Médecine de la New York University Langone Health. Leurs résultats, publiés dans Nature Medicine, sont fondés sur l’analyse de données proposées par plus de 15.000 adultes entre 1987 et 2020. Le risque de démence se révèle plus élevé chez les femmes (48 %) par rapport aux hommes (35 %), ainsi que chez les adultes noirs (44 %) comparés aux adultes blancs (41 %). Posséder deux copies du gène APOE4, lié au risque d’Alzheimer, augmente aussi le risque de manière significative, s’élevant à 59 %. « Nos résultats prévoient une augmentation dramatique de la démence aux États-Unis dans les prochaines décennies, un Américain sur deux devant faire face à des difficultés cognitives après 55 ans », a ajouté le professeur Coresh dans un communiqué de presse.
Pourquoi le nombre de personnes atteintes de démence (et donc d’Alzheimer) continuera-t-il d’augmenter dans le futur ? L’OMS met en avant le vieillissement de la population comme un facteur clé. La démence, étant une affection neurodégénérative étroitement liée à l’âge, n’est cependant pas seulement influencée par le temps qui passe. Les tranches de population issues de milieux socio-économiques défavorisés affichent un risque notablement plus élevé. De plus, le manque d’exercices mentaux, tel que la lecture ou l’étude, associé à l’isolement social, peut aggraver le risque, tout comme une perte auditive et des maladies courantes telles que l’hypertension et d’autres troubles cardiovasculaires, comme l’expliquent les chercheurs de la nouvelle étude.
Afin de réduire les nouveaux cas de démence, il est suggéré d’améliorer l’accès aux soins de santé, de fournir davantage d’appareils auditifs et de promouvoir l’engagement dans des activités sociales et communautaires. Dans une interview récente, la professeure Federica Agosta, spécialiste en neurologie à l’Université Vita-Salute San Raffaele, a déclaré à Netcost-security.fr que 35 % du risque d’être atteint d’Alzheimer serait attribuable à des facteurs modifiables, citant une mauvaise alimentation et un mode de vie sédentaire liés à l’obésité, la perte auditive, l’isolement social et un « exercice cognitif limité ».
Le futur boom démographique des cas de démence représente des défis importants, en particulier pour les responsables de la santé publique qui doivent redoubler d’efforts sur des stratégies visant à minimiser la gravité des cas de démence ainsi que sur les plans de fourniture de services de santé pour les personnes atteintes. Au-delà de l’impact sanitaire d’Alzheimer, il est essentiel de considérer également l’impact économique et social; on estime qu’aux États-Unis, environ 600 milliards de dollars sont dépensés chaque année à cause de la démence, un montant alarmant qui devrait connaître une croissance significative dans les années à venir. De grandes espoirs reposent également sur les nouvelles thérapies utilisant des anticorps monoclonaux, comme le Donanemab, qui pourrait réduire le déclin cognitif de 35 % si administré à un stade précoce.
