Un site archéologique remarquable a été découvert en Angleterre, révélant plus de 200 empreintes de dinosaures datant de 166 millions d’années. Composé de cinq pistes distinctes, ce lieu offre un aperçu fascinant de la vie préhistorique, incluant des interactions entre herbivores et carnivores. Une occasion inestimable de comprendre notre passé terrestre.
Lors d’opérations de fouille dans l’Oxfordshire, un comté du centre de l’Angleterre, de merveilleuses empreintes de dinosaures datant de 166 millions d’années ont été découvertes, remontant au Jurassique moyen. Il y a plus de 200 empreintes réparties sur cinq pistes distinctes, la plus longue atteignant plus de 150 mètres. Le site est considéré comme le plus grand du Royaume-Unis et l’un des plus spectaculaires au monde, tant par son état de conservation que par les espèces ayant laissé ces traces. Selon les paléontologues, quatre pistes proviennent de grands herbivores et une d’un grand carnivore. Ces animaux ont probablement eu des interactions liées à la prédation, ce qui rend la découverte de leurs empreintes encore plus précieuse et extraordinaire. De plus, des fossiles de mollusques bivalves (coquilles), de plantes et d’autres organismes, y compris des terriers creusés dans le sable, ont été trouvés. Cela offre un aperçu sans précédent de l’habitat naturel jurassique de ces animaux, une lagune chaude et peu profonde qui est aujourd’hui une carrière de Dewars Farm.
La découverte de l’“autoroute jurassique”, comme l’appellent les paléontologues, a été totalement fortuite. Gary Johnson, un ouvrier, a identifié les premières empreintes alors qu’il travaillait avec son engin pour retirer de la terre. Il a remarqué des “bosses” inhabituelles dans le sol argileux qui se répétaient à intervalles réguliers. Après les avoir observées, il a pensé qu’il pourrait s’agir d’empreintes de dinosaures et a immédiatement contacté ses supérieurs et des experts.
Il y a environ 30 ans, des chercheurs avaient déjà trouvé d’autres chemins spectaculaires laissés par des animaux préhistoriques dans cette région. Le plus grand mesurait 180 mètres. Malheureusement, le site original n’est plus accessible, et la documentation est rare, tandis que pour le nouveau, un travail minutieux a été effectué pour photographier et cartographier toutes les empreintes avec les technologies les plus modernes, y compris la modélisation en trois dimensions.
Les premières empreintes ont été trouvées en juin 2024, et pendant tout l’été, plus d’une centaine de chercheurs et d’étudiants ont travaillé dur pour faire émerger toutes les empreintes du site. La recherche a été coordonnée par des scientifiques des universités d’Oxford et de Birmingham et a été financée par diverses institutions, comme l’Association des Géologues et le fonds des anciens élèves de l’université de Birmingham. Au cours des travaux, plus de 20 000 images ont été prises et de nombreux survols ont été réalisés à l’aide de drones. Cela permettra de recréer l’autoroute jurassique en trois dimensions sur ordinateur et d’obtenir des informations précieuses sur les animaux qui les ont laissées. “Ce qui est vraiment beau avec une empreinte de dinosaure, surtout s’il y a une piste, c’est que c’est un instantané de la vie de l’animal”, a expliqué dans un communiqué le professeur Richard Butler, professeur de paléobiologie à l’Université de Birmingham. “On peut apprendre comment cet animal se déplaçait. On peut découvrir exactement à quoi ressemblait l’environnement dans lequel il vivait. Donc, les traces nous donnent un ensemble d’informations complètement différent de ce qui peut être obtenu à partir du registre fossile des os”, a ajouté le paléontologue.
Mais quels animaux ont laissé ces traces ? Les chercheurs ont une idée assez claire des espèces impliquées. Les quatre pistes des herbivores proviennent très probablement de cetiosaures, des sauropodes à “long cou” comme le diplodocus, le brachiosaurus et l’apatosaurus (autrefois connu comme brontosaurus). Leur taille est inférieure à celle de ces géants, car on pense qu’ils atteignaient au maximum 18 mètres pour environ 25 tonnes de poids. Ces animaux ont vécu au Jurassique moyen, entre 180 et 165 millions d’années, dans ce qui est aujourd’hui l’Angleterre (à l’époque, le climat était chaud et humide, rempli de lagunes tropicales grouillantes de vie). Un détail intéressant est qu’il s’agit des premiers sauropodes jamais décrits par des scientifiques, grâce aux travaux de quelques chercheurs réalisés au milieu du XIXe siècle.
Quant à la trace laissée par le carnivore, elle provient probablement d’un megalosaure, le plus grand prédateur terrestre du Jurassique moyen dans ce qui est aujourd’hui le Royaume-Unis. Ce dinosaure theropode, dont l’apparence n’est pas trop différente de celle du Tyrannosaurus rex vivant à l’époque du Crétacé, avait une longueur estimée entre 6 et 9 mètres et un poids d’environ une tonne. Il se nourrissait probablement des cetiosaures, vraisemblablement jeunes ou malades, plus faciles à capturer que des géants de près de 20 mètres qui se défendaient en groupe. Le megalosaure, par ailleurs, est le premier dinosaure jamais décrit dans l’histoire de la paléontologie. Actuellement, il n’est pas clair s’il y a eu interaction entre les animaux ayant laissé les empreintes, mais des études détaillées sur la vitesse, la disposition et les dimensions pourraient nous fournir des informations précieuses sur ce tableau de vie jurassique. Les détails de la découverte seront présentés dans un épisode de la série Digging for Britain de la BBC, prévu le soir du mercredi 8 janvier.
Parmi les autres empreintes de dinosaures remarquables récemment découvertes, mentionnons celles d’un mantellosaurus trouvées sur l’“île des dinosaures” (l’île de Wight au Royaume-Unis, l’un des sites les plus riches en fossiles au monde) ; les empreintes d’un sauropode retrouvées sous la table d’un restaurant chinois ; et celles d’un acrantosaurus (un theropode) découvertes au Texas.
