Une récente étude révèle que la vitesse de traitement de notre cerveau est étonnamment lente, équivalente à 10 bits par seconde. Cet article explore comment la manière dont nous percevons le monde pourrait être influencée par l’évolution et la nécessité de filtrer des millions d’informations à chaque instant, suscitant des réflexions sur notre cognition.
Avec l’évolution de la technologie qui permet un traitement à une échelle quantique, avec des vitesses incroyables, notre cerveau est-il encore la meilleure machine que l’univers ait produite ? Eh bien, les scientifiques ont calculé la vitesse à laquelle notre cerveau pense et… surprise, c’est plus lent que prévu !

Le cerveau traite à 10 bits…
Nos cerveaux sont des ordinateurs complexes et puissants, capables de traiter des informations à grande vitesse. Du moins, c’est ce que l’on croyait. En effet, une nouvelle étude remet en question cette idée : la vitesse à laquelle nous pensons pourrait ne pas être aussi rapide qu’on le pensait !
Une nouvelle estimation de la vitesse à laquelle notre cerveau traite l’information a établi cette vitesse comme étant équivalente à 10 bits par seconde. L’étude a également révélé que son fonctionnement est en série et non en parallèle, c’est-à-dire que notre cerveau traite un flux d’information, une donnée à la fois, sans pouvoir gérer plusieurs flux simultanément.
Cette valeur a suscité de nombreuses interrogations en raison de son ampleur, qui est inférieure à ce que l’on pourrait attendre. Selon les explications de l’équipe ayant mené l’étude, notre cerveau compte 85 milliards de neurones, chacun capable de transmettre des informations à des vitesses bien supérieures à cela.

Cela devient d’autant plus impressionnant lorsque l’on considère la vitesse immense à laquelle notre système nerveux recueille des informations sur notre environnement, une vitesse environ 100 millions de fois supérieure à celle à laquelle notre cerveau traite ces informations.
Ceci est un chiffre extrêmement bas. À chaque instant, nous extrayons seulement 10 bits de mille millions que nos sens captent, et nous utilisons ces 10 bits pour comprendre le monde qui nous entoure et prendre des décisions. Cela soulève une paradoxe : que fait le cerveau pour filtrer toutes ces informations ?
a souligné Markus Meister, co-auteur de l’étude, dans un communiqué de presse.
De la même manière, il est intéressant de noter que nous sommes uniquement capables de traiter des informations « en série », même lorsque notre perception du monde extérieur repose sur l’interaction entre plusieurs sens qui fonctionnent et compilent des informations en même temps.
L’étude a été réalisée par Jieyu Zheng et Meitner et s’est basée sur l’application de techniques du domaine de la théorie de l’information à la neurobiologie. L’équipe a analysé la littérature scientifique axée sur des tâches aussi variées que la lecture, l’écriture, les jeux vidéo ou la résolution de cubes de Rubik. À partir de là, la nouvelle estimation a été établie.
Les détails de l’étude ont été publiés dans un article dans la revue Neuron.

Le processus évolutif
Pourquoi le cerveau est-il si « lent » et ne peut-il traiter que des flux d’information ?
L’équipe pense que la réponse réside dans notre évolution. Ils expliquent que les premiers animaux à développer un système nerveux utilisaient le cerveau pour deux tâches simples : chercher de la nourriture et fuir les prédateurs.
La pensée humaine peut être vue comme une forme de navigation à travers un espace de concepts abstraits. Nos ancêtres ont choisi un niche écologique où le monde évolue suffisamment lentement pour rendre la survie possible. En réalité, 10 bits par seconde ne sont nécessaires que dans les pires scénarios, et, la plupart du temps, notre environnement change à un rythme beaucoup plus tranquille.
Écrit l’équipe.