L’alimentation peut presque doubler le risque de démence : une étude sur les aliments qui provoquent l’inflammation

Image

Une étude révèle que consommer des aliments inflammatoires pourrait augmenter le risque de démence jusqu’à 84 %. En examinant plus de 1 400 participants durant 20 ans, les chercheurs soulignent l’importance d’une alimentation équilibrée pour protéger notre cerveau des effets néfastes de l’inflammation associée à des maladies neurodégénératives.

Avoir un régime riche en aliments inflammatoires pourrait presque doubler le risque de démence. Quels aliments peuvent contribuer à l’inflammation et lesquels peuvent la contrer ? Les réponses d’une étude sur plus de 1 400 participants.

Image

Le lien entre alimentation, inflammation et démence est désormais bien établi : notre régime alimentaire peut mettre notre corps dans un état d’inflammation chronique, ce qui, à long terme, favorise des processus de neurodégénérescence responsables des symptômes typiques de la démence, y compris ceux associés à la maladie d’Alzheimer.

Bien qu’il n’existe pas de relation de cause à effet directe entre alimentation et risque de démence, comprendre dans quelle mesure l’un influence l’autre reste crucial pour tenter d’inverser ou, au moins, de ralentir l’augmentation continue des cas de démence, un phénomène destiné à croître année après année. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), d’ici 2050, plus de 250 millions de personnes seront atteintes de démence.

À présent, une nouvelle étude a calculé de quelle manière un régime riche en aliments pro-inflammatoires peut augmenter le risque de démence : les estimations effectuées sur un exemplaire de plus de 1 400 participants surveillés pendant plus de 20 ans ont révélé un risque accru de 84 % associé à un régime inflammatoire. Il s’agit d’un risque presque double.

L’étude sur l’alimentation et la démence

À la suite d’études antérieures ayant confirmé que certaines diètes peuvent mieux protéger le cerveau humain des processus inflammatoires, un groupe de chercheurs du Glenn Biggs Institute for Alzheimer’s & Neurodegenerative Diseases de l’UT Health San Antonio, de la Boston University School of Medicine et du Framingham Heart Study a exploré l’association entre inflammation due à des facteurs alimentaires et apparition de la maladie après plusieurs années.

Pour ce faire, ils ont utilisé l’Indice de l’inflammation diététique (DII), un outil standardisé qui mesure le potentiel inflammatoire d’un régime alimentaire. Pour évaluer l’alimentation des 1 487 participants, qui au début de l’étude avaient 60 ans ou plus et aucun signe de démence, les chercheurs ont administré des questionnaires à trois moments différents (1991-1995, 1995-1998 et 1998-2001).

Chaque régime a reçu un score DII basé sur 36 paramètres, classés en pro-inflammatoires et anti-inflammatoires. Dans le premier groupe, on trouve par exemple la présence dans le régime de fibres, de vitamines A, C, D, E et du groupe B6, d’acide folique, de magnésium, de flavonoïdes, mais aussi d’aliments spécifiques tels que ail, thé vert ou noir et poivre. En revanche, d’autres paramètres comme la présence de vitamines B12, de fer, de glucides, de cholestérol, d’apport énergétique total, de protéines, de graisses saturées et de graisses totales sont considérés comme pro-inflammatoires. Plus le score sur l’indice d’inflammation diététique est élevé, plus le régime est considéré comme inflammatoire.

Après une période de suivi de 22,3 ans, 246 participants ont développé des formes de démence, dont 187 avaient Alzheimer. Il a été constaté que les participants ayant les régimes les plus pro-inflammatoires (scores DII les plus élevés) avaient un risque accru de tomber malades.

De plus, la différence de risque entre le groupe ayant les scores les plus élevés et celui ayant les scores les plus bas, et donc les régimes les plus anti-inflammatoires, était considérable, atteignant 85 % en plus. Cela indique qu’un régime riche en aliments inflammatoires pourrait presque doubler le risque de démence. Un constat qui, selon les chercheurs, pourrait être utilisé pour élaborer des stratégies de prévention efficaces pour la population à risque.