Dans nos vies quotidiennes, l’anxiété est devenue un thème fréquent, mais il est crucial de faire la différence entre une réaction normale et une condition pathologique. Près de 50% des jeunes ressentent cette pression, surtout après la pandémie. Comprendre la distinction entre l’anxiété adaptée et inadaptée est essentiel pour gérer cette réelle problématique.
En France, plus de huit millions de personnes ont souffert au moins une fois de troubles de l’anxiété. La situation s’est aggravée après la pandémie, avec une augmentation fulgurante du problème, surtout parmi les jeunes : 49,9% des jeunes de 18 à 25 ans en France ont déclaré avoir fait face à l’anxiété et à la dépression après l’arrivée du Covid-19.
Cependant, pour certains troubles ou conditions psychologiques, le risque d’autodiagnostic est omniprésent : on l’a vu par exemple avec l’essor de contenus sur les réseaux sociaux concernant le trouble du déficit de l’attention (TDAH). Pour l’anxiété, la frontière entre une condition normale et un trouble est souvent difficile à reconnaître, surtout si l’on n’est pas un expert en santé mentale.
Avoir de l’anxiété n’est pas nécessairement une condition pathologique, mais une réaction naturelle et nécessaire que notre instinct de survie active pour nous faire fuir une situation dangereuse ou augmenter notre vigilance lorsque quelque chose nous menace ou nous rend mal à l’aise. L’anxiété pathologique est présente sans causes objectives et finit par envahir tous les aspects de notre vie sans raison réelle.
Pourquoi avoir de l’anxiété est normal
« Comment savoir si mon anxiété est normale ou non ? ». Dans un article du Washington Post, le psychiatre Christopher W.T. Miller explique que c’est l’une des questions les plus fréquemment posées par ses patients.
Pour y répondre, il est important de préciser que l’anxiété est une émotion physiologique, tout comme la peur ou la colère. Dans cette analyse, un expert nous explique la séquence d’un attaque de panique dans le film à succès À l’intérieur 2. Cependant, si l’anxiété se manifeste sans raison réelle, cela peut devenir problématique.
La différence entre l’anxiété adaptative et inadaptée
Les experts font une distinction entre l’anxiété adaptative et l’anxiété inadaptée. La première – selon le manuel MSD, une source autorisée d’information médicale – a pour fonction fondamentale de « motiver les personnes à se préparer, s’exercer et réessayer, ainsi qu’à encourager une prudence adéquate dans les situations potentiellement dangereuses ». En bref, l’anxiété adaptative est non seulement normale mais aussi saine.
Les choses se compliquent avec l’anxiété inadaptée, un type d’anxiété qui provoque « disfonction et désagrément excessif » : elle peut interférer avec la vie quotidienne, tant sur le plan professionnel que relationnel. C’est ce type d’anxiété qui peut être classé comme un trouble psychique et peut se manifester sous différentes formes, allant du trouble panique à l’anxiété sociale et au trouble d’anxiété généralisée.
Comment le cerveau réagit à l’anxiété
Bien que ce soit un trouble d’origine mentale, l’anxiété pathologique peut engendrer des effets physiques, à l’intérieur et à l’extérieur du corps. Elle peut se manifester par de la transpiration, des tremblements ou des nausées ; en interne, les troubles d’anxiété peuvent activer certains processus cérébraux sans raison évidente.
Ce qui se passe dans la réseau de saillance, une zone du cerveau, explique Miller, qui joue un rôle clé dans la réception des stimuli. Chez les personnes souffrant d’anxiété, cette zone du cerveau peut s’activer de manière excessive, stimulant ainsi la production d’hormones de stress, comme le cortisol ou l’adrénaline.
Les effets sur le corps
Une production prolongée de cortisol peut produire des effets négatifs sur notre corps : en théorie, cet hormone devrait être libérée en cas de danger, sa fonction étant de faire augmenter la glycémie et les graisses dans le sang, pour fournir l’énergie nécessaire pour se défendre.
Cependant, si cela se produit en l’absence de danger réel et pendant de longues périodes, cela devient problématique : le cortisol joue effectivement un rôle clé – selon Humanitas – dans l’équilibre du métabolisme, des cycles veille-sommeil, de la pression artérielle et du taux de sucre dans le sang, mais aussi dans les processus inflammatoires et le bon fonctionnement de la mémoire.
Que faire en cas de doute
Pour revenir à la question initiale, les troubles d’anxiété représentent un problème qui mérite attention, étant parmi les troubles psychiatriques les plus répandus, mais il est tout aussi important de savoir reconnaître l’anxiété physiologique de la pathologique.
Si vous éprouvez de l’anxiété face à un événement important de votre vie ou pour un problème concret, cela pourrait être une réaction tout à fait normale, mais si l’anxiété devient un état permanent, même face à des préoccupations insignifiantes du quotidien, ou même sans raison, il est important de consulter un professionnel de la santé mentale qui saura identifier la stratégie thérapeutique la plus adaptée à votre situation.
