Élections américaines 2024 : comment les astronautes voteront-ils depuis l’espace pour Harris ou Trump ?

Le drapeau des États-Unis dans la Station Spatiale Internationale. Crédit : NASA

Le prochaines élections présidentielles américaines, prévues pour le 5 novembre 2024, offriront une opportunité unique aux astronautes de la NASA, actuellement en mission à bord de la Station Spatiale Internationale, de voter par le biais d’une procédure électronique. Découvrez comment le droit de vote s’étend même dans l’espace !

Le 5 novembre 2024 se déroulera le très attendu face-à-face électoral entre Kamala Harris et Donald Trump pour élire le nouveau président des États-Unis. Les astronautes à bord de la Station Spatiale Internationale voteront également. Voici comment ils pourront exprimer leur préférence.

Le drapeau des États-Unis dans la Station Spatiale Internationale. Crédit : NASA

Le drapeau des États-Unis dans la Station Spatiale Internationale. Crédit : NASA

Le vote des représentants politiques dans les démocraties modernes est un droit et un devoir de chaque citoyen, mais il n’est pas toujours facile à exercer, surtout lors des élections quand on se trouve loin de son domicile, par exemple à l’étranger. Un cas emblématique est celui des astronautes, qui ne peuvent pas rentrer chez eux pendant leurs missions spatiales. C’est pourquoi, depuis les débuts de l’exploration spatiale, il a été crucial de trouver un moyen d’autoriser ceux qui souhaitent voter. Aujourd’hui, les astronautes de la NASA à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS) peuvent voter par le biais d’une carte de vote électronique, car même « dans les étoiles », les préparatifs pour les élections présidentielles américaines du 5 novembre 2024 se préparent, lorsque Donald Trump et Kamala Harris s’affronteront pour la Maison Blanche.

Les premiers votes depuis l’espace

Les premiers astronautes à voter depuis l’espace furent les cosmonautes russes Georgy Dobrovolsky, Vladislav Volkov et Viktor Patsayev en 1971 lors de la mission Soyuz 11, alors qu’ils se trouvaient à bord de la station spatiale Salyut 1 (la première jamais construite et mise en orbite). Malheureusement, ils ont également eu un autre triste record : ils furent les premiers (et les seuls) êtres humains à perdre la vie dans l’espace, à cause de la déchirure de la capsule de retour. Revenons au droit de vote. À l’époque, le vote s’exerçait fondamentalement par procuration, en communiquant simplement sa préférence à une personne de confiance au centre de commandement sur Terre, qui se chargeait ensuite d’envoyer le vote pour le comptage. Il s’agissait d’un système obsolète qui ne garantissait pas la confidentialité du vote à distance, aujourd’hui nettement simplifié grâce aux cartes de vote électroniques, qui permettent de voter depuis n’importe quel endroit avec une connexion internet (y compris la Station Spatiale Internationale).

Le cas Blaha et le premier vote des astronautes américains

Les astronautes américains ont dû attendre 1997 pour pouvoir voter pendant une mission spatiale. L’astronaute de la NASA John Blaha, à bord de la station spatiale russe MIR en 1996, a été le premier à soulever le problème. Ce vétéran, ayant effectué six missions sur le Shuttle, a voulu voter pour les élections présidentielles de cette année-là (victoire de Bill Clinton), mais n’a pas pu. La NASA avait mis en place un plan pour le vote à distance, mais la procédure a été bloquée par le Secrétaire d’État du Texas car aucun vote électronique n’avait encore été établi dans cet État. Cela a conduit à la réglementation des procédures pour les astronautes dans tout le pays, de sorte qu’en 1997 David Wolf est devenu le premier “homme des étoiles” américain à voter depuis l’espace, en l’occurrence à partir de la MIR. Pour l’anecdote, il a voté aux élections locales à Houston.

Comment voter aujourd’hui à bord de la Station Spatiale Internationale

La procédure actuelle a récemment été expliquée en détail par la NASA, en prévision de l’attendu face-à-face électoral du 5 novembre entre l’ancien président Donald Trump et la vice-présidente en exercice Kamala Harris pour les démocrates. Deux options s’offrent d’abord : le vote anticipé et le vote électronique. La première option implique le remplissage et la soumission anticipés de la carte de vote, comme cela a été fait en 2012 par Sunita Williams et Kevin Ford avant de voler vers l’ISS ; la seconde repose sur une carte de vote électronique. Pour obtenir la carte, les astronautes doivent remplir la Federal Post Card Application, un document pour voter à distance auquel peut prétendre tout citoyen américain. Une fois obtenue, ils peuvent voter à distance par une connexion cryptée, même depuis l’espace.

Le voyage du vote électronique de l'espace à la Terre. Crédit : NASA

Le voyage du vote électronique de l’espace à la Terre. Crédit : NASA

Pour les astronautes de la NASA, sur l’ISS, l’ensemble du processus est géré par le programme Space Communication and Navigation (ScaN). Après avoir exprimé leur préférence depuis un ordinateur, les données des cartes de vote électroniques voyagent par le biais de la Near Space Network et du Tracking and Data Relay Satellite System, et sont ensuite envoyées sur Terre à une antenne de la White Sands Test Facility à Las Cruces, au Nouveau-Mexique. À partir de là, les données sont transférées au Johnson Mission Control Center de Houston (Texas) et finalement transmises au secrétaire responsable du vote, l’agent électoral du comté dans lequel réside l’astronaute. La carte est complètement cryptée et seul le secrétaire et l’astronaute signataire peuvent lire le nom du candidat choisi. Un processus un peu plus complexe qu’un simple e-mail, mais entièrement protecteur de la vie privée et de la confidentialité du vote exprimé parmi les étoiles.