Un communiqué marquant souligne que l’humanité a modifié le cycle hydrologique, entraînant des déséquilibres fatidiques. Près de 3 milliards de personnes souffrent déjà de pénurie d’eau, et sans intervention, les conséquences pourraient affecter gravement la production alimentaire mondiale et l’économie des pays, avec des pertes pouvant atteindre 15% du PIB.
Le cycle global de l’eau, ou cycle hydrologique, est le complexe système de mouvement de l’eau entre la Terre et l’atmosphère, dont l’équilibre dépend de la santé des écosystèmes et de la disponibilité de l’eau pour tous les êtres vivants, y compris les humains. Le communiqué fait la distinction entre “eau bleue”, l’eau présente dans les lacs, les rivières, les océans et les aquifères, et “eau verte”, l’humidité stockée dans les sols et les plantes.

L’eau verte, souvent négligée, est tout aussi importante pour le cycle de l’eau, souligne le communiqué, car elle retourne dans l’atmosphère par évaporation de l’humidité retenue par le sol et par la transpiration des plantes, générant environ la moitié de toutes les précipitations sur Terre. Les principales étapes du cycle global de l’eau incluent :
- évaporation, qui comprend le passage de l’eau des océans, lacs, rivières et sol, de l’état liquide à l’état gazeux (vapeur d’eau), et l’évo-transpiration de l’eau retenue par les plantes.
- condensation : la vapeur d’eau, qui monte dans l’atmosphère, se refroidit et se condense pour former des nuages
- précipitation : lorsque les nuages deviennent saturés, l’eau tombe sur la Terre sous forme de précipitations
- infiltration et ruissellement : une partie des précipitations s’infiltre dans le sol, rechargeant les aquifères, tandis que le reste, qui s’écoule à la surface terrestre, est stocké par les terres, les plantes ou alimente les rivières, lacs ou océans.
L’instabilité du cycle de l’eau
Tandis que les quantités d’eau bleue restent quasiment constantes, la quantité d’eau verte au niveau régional et global est menacée par des changements d’utilisation des sols dus à l’activité humaine, tels que la destruction des zones humides et le déboisement, réduisant non seulement la contribution de l’évo-transpiration par les plantes, mais également le processus de photosynthèse, par lequel les plantes absorbent le dioxyde de carbone de l’atmosphère tout en libérant de l’oxygène et de la vapeur d’eau. Cela aggrave le réchauffement climatique qui, à son tour, accentue la sécheresse, augmentant le risque d’incendies dans de nombreuses régions du monde.
L’instabilité du cycle de l’eau aggrave donc également la crise de l’eau : selon le communiqué, les humains ont besoin d’un minimum d’environ 4 000 litres par jour pour mener une “vie digne”, bien au-dessus des 50-100 litres que les Nations Unies estiment nécessaires pour les besoins de base, et plus que ce que la plupart des régions pourront fournir à partir de sources locales.
La Commission appelle à un “réajustement fondamental” de la place de l’eau dans les économies. “La crise de l’eau mondiale est une tragédie, mais elle est aussi une opportunité de transformer l’économie de l’eau – a déclaré Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce et co-présidente de la commission ayant publié le communiqué – . Évaluer correctement l’eau est essentiel pour reconnaître sa rareté et les nombreux bénéfices qu’elle offre.”
