Les polpis, couramment confondus avec des polypes, sont des créatures fascinantes dotées de huit bras aux ventouses impressionnantes. Leur anatomie complexe soulève des questions sur la terminologie et les différences entre bras et tentacules. Plongez dans un éclairage enrichissant sur ces mollusques et explorez leurs caractéristiques uniques.
Les pieuvres, souvent appelées à tort « polypes », ont huit longues appendices préhensiles dotées de ventouses. Plus ou moins tous, depuis l’enfance, les avons entendues nommer tentacules, mais en réalité, d’un point de vue de l’anatomie comparée, ce ne sont pas du tout des tentacules. Voici de quoi il s’agit réellement.

Une des caractéristiques distinctives des pieuvres, comme la pieuvre commune (Octopus vulgaris) répandue dans le Mer Méditerranée, est la présence de huit longues et robustes appendices préhensiles, riches en fortes ventouses. On les appelle communément tentacules depuis l’enfance, mais d’un point de vue de l’anatomie comparée, il s’agit d’une structure complètement différente. Les pieuvres ont en effet ce que les zoologistes appellent des bras, tout comme nos membres supérieurs. Sur les bras, les ventouses sont uniformément réparties le long de toute la longueur de l’appendice, exactement comme chez les pieuvres, où elles sont présentes en double rangée. Les véritables tentacules, quant à eux, présentent des ventouses uniquement à la partie terminale de l’appendice et sont généralement plus longs et plus fins que les bras.

Un calamar dans lequel on voit les deux longs tentacules et les huit bras. Crédit : Hans Hillewaert
Les mollusques céphalopodes peuvent avoir uniquement des bras ou des tentacules, ou une combinaison des deux types d’appendices. Les seiches communes (Sepia officinalis) et les calamars (Loligo vulgaris), comme l’expliquent les biologistes marins de la Station Zoologique Anton Dohrn de Naples, ont par exemple deux longs tentacules pour attraper leurs proies et huit bras plus courts et robustes pour les maintenir et les manipuler pendant qu’ils les consomment. Chez les céphalopodes mâles, il peut y avoir des tentacules modifiés appelés ectocotyles, par lesquels sont déposées les spermatophores (sacs contenant les spermatozoïdes « emballés ») dans une structure spécifique des femelles connue sous le nom de cavité palléale. Un type particulier de tentacule est celui des magnifiques mollusques du genre Nautilus, comme Nautilus pompilius ; chez ces céphalopodes à l’apparence préhistorique – qui possèdent encore une coquille externe – on trouve quatre-vingt-dix petits tentacules dépourvus de ventouses, mais caractérisés par une surface irrégulière et « adhésive » leur permettant d’attraper et de manipuler leurs proies. Chez les pieuvres, comme indiqué, seules les huit bras sont présents et non les tentacules.

Nautilus. Crédit : Profberger
Une autre erreur commune que l’on fait avec les pieuvres est de les appeler polypes; encore une fois, cela mérite d’être surligné lors de le test de zoologie. Les polypes, en effet, appartiennent à un phylum complètement différent de celui des mollusques, à savoir celui des Cnidaires; ils peuvent être des organismes uniques – par exemple les magnifiques anémones de mer – ou vivre en grandes colonies comme dans les coraux, à la base des barrières coralliennes. Ce sont des animaux fragiles qui peuvent vivre en symbiose avec des algues unicellulaires appelées zooxanthelles dont ils tirent leur nutriment ; le fameux blanchissement des coraux causé par le changement climatique est lié précisément à la fuite des minuscules algues, laissant les polypes mourir de faim, entraînant ainsi une perte de couleur.
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Pieuvre. Crédit : Profberger
Pour revenir aux pieuvres, en plus d’être des animaux incroyablement fascinants, au sein du groupe des invertébrés, ce sont aussi ceux dotés des comportements les plus complexes et surprenants. Ils sont ainsi capables d’utiliser des outils et d’apprendre par l’expérience, de plus, ils montrent des capacités de résolution de problèmes et sont même capables d’établir de vraies interactions sociales avec d’autres espèces, comme le suggère au moins en partie le film documentaire “My Octopus Teacher” (Mon ami au fond de la mer) disponible sur Netflix. Pas étonnant que plusieurs chercheurs parlent de la véritable intelligence des pieuvres, même si pour beaucoup d’autres, il ne s’agit que d’adaptations écologiques modelées par le système nerveux et non d’une véritable intelligence.
