Les Campi Flegrei et le Vésuve sont deux structures volcaniques proches mais distinctes, caractérisées par les risques potentiels d’une éruption volcanique. Ce que nous savons et pourquoi ils représentent tous deux un danger potentiel pour la population.

En Campanie, deux zones volcaniques particulièrement importantes d’un point de vue géologique et historique pour l’Italie sont constamment et étroitement surveillées par une section spécifique de l’Institut National de Géophysique et Volcanologie (INGV) : l’Observatoire vésuvien. Il s’agit des Campi Flegrei et du Vésuve, deux volcans qui sont parfois confondus – même en termes de risque – mais qui sont en réalité totalement distincts, sous de multiples aspects. Les origines, l’histoire éruptive, les caractéristiques géologiques et l’impact potentiel en cas d’éruption sont en effet spécifiques à chacune des structures.
Le système de surveillance de l’Observatoire vésuvien nous indique clairement qu’il s’agit de deux éléments distincts, puisqu’il attribue actuellement des niveaux d’alerte différents aux deux volcans : vert pour le Vésuve (en quiescence), jaune pour les Campi Flegrei (actifs). En termes simples, les chercheurs ne constatent aucune variation dans l’activité du Vésuve, tandis que des altérations des paramètres géophysiques sont observées pour les Campi Flegrei. Ces derniers sont en effet actuellement au cœur d’une importante crise bradisismique, caractérisée par une séquence de séismes de certaine intensité.
Par exemple, à 20h10 le lundi 20 mai 2024, un séisme de magnitude 4.4 s’est produit au cœur des Campi Flegrei. Il s’agissait du plus fort en 40 ans, entraînant des dommages aux bâtiments, des glissements de terrain et beaucoup de peur parmi la population. Des tentes ont été installées et certains bâtiments ont été évacués par mesure de précaution. Les événements sismiques répétés liés à l’activité des Campi Flegrei suscitent également des inquiétudes concernant une éruption du Vésuve, qui toutefois, comme spécifié, est une entité distincte avec une dynamique évolutive et des risques spécifiques.
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Vesuvio e Campi Flegrei: le differenze
Premièrement, la position géographique. Les Campi Flegrei se trouvent à l’ouest de Naples et, en plus d’une partie de la ville de Naples elle-même, englobent plusieurs communes. Parmi elles, Bacoli, Giugliano et Pozzuoli; ce dernier est particulièrement exposé au phénomène de bradysisme et a été l’un des plus touchés par les secousses du 20 mai. Le Vésuve, quant à lui, se trouve au sud-est de la capitale campanienne et est clairement visible dans son skyline, montrant la silhouette fascinante de la double montagne qui domine le golfe. Le Vésuve est un stratovolcan, c’est-à-dire un volcan à la forme conique caractéristique avec des pentes raides. La raison pour laquelle il apparaît comme une montagne double, en l’observant par exemple depuis le front de mer de Castel Nuovo (Maschio Angioino), est que l’édifice volcanique est composé de deux structures principales : le Monte Somma, plus ancien, et le Gran Cono del Vesuvio, plus récent, qui s’est formé à l’intérieur de la caldeira de l’ancien complexe. Il est apparu lors de l’éruption catastrophique de l’an 79 après J.-C., celle qui enfouit les villes romaines de Pompéi, d’Herculanum et de Stabia.

La caldeira des Campi Flegrei. Crédit : INGV
Le ultime eruzioni del Vesuvio e dei Campi Flegrei
La dernière éruption du Vésuve a eu lieu en 1944, pendant la Seconde Guerre Mondiale. Elle a commencé avec les premières fontaines de lave le 18 mars, après une longue période d’activité commencée environ 300 ans auparavant. À la suite de cet événement, caractérisé par une faible activité strombolienne (explosive), le volcan est passé en état de quiescence avec conduit obstrué. Il est caractérisé « uniquement par une activité fumerolique et une faible sismicité », comme l’a souligné l’INGV. Les Campi Flegrei, en revanche, sont actuellement très actifs, mais leur dernière éruption remonte bien avant celle du Vésuve, en 1538, lorsque le Monte Nuovo est apparu. Compte tenu de l’étendue de la caldeira, il n’est actuellement pas possible de prédire où une éventuelle éruption pourrait se produire; ce n’est qu’avec la variation de certains paramètres géophysiques que les chercheurs pourraient identifier l’éventuelle « bouche de feu ».
En ce qui concerne les éruptions les plus violentes du Vésuve, actif depuis environ 40.000 ans, nous connaissons tous l’éruption de l’an 79 après J.-C. qui a détruit Pompéi et d’autres villes voisines, mais le volcan a une longue histoire d’événements catastrophiques. On se souvient par exemple de l’éruption la plus récente de 1631, qui a causé des dégâts considérables à plusieurs villes et a fait des milliers de victimes. La plus dévastatrice des Campi Flegrei, connue sous le nom d’Ignimbrite Campana, s’est produite il y a 39.000 ans et aurait expulsé des dizaines de kilomètres cubes de magma. Cet événement, qui a donné naissance en grande partie à la caldeira actuelle, a eu un impact significatif sur le climat européen et selon certains chercheurs, il aurait favorisé l’extinction de l’homme de Néandertal.

Le Vésuve vu de Pompei
I rischi di Vesuvio e Campi Flegrei
Les deux volcans campaniens représentent un risque significatif pour les personnes, car tant autour du Vésuve que au cœur des Campi Flegrei se trouvent des zones densément peuplées, une condition vivement critiquée par le géologue Mario Tozzi dans une interview avec Netcost-security.fr. En raison des risques inhérents, en réalité, une urbanisation étendue et sauvage ainsi que l’arrivée de nouveaux habitants dans les zones à risque n’auraient pas dû être permises. Il est important de souligner que le système volcanique flegrien, dont le risque n’est pas immédiatement perceptible contrairement à celui d’un volcan typique, représente un danger qui va au-delà de l’impact « simple » (et cependant potentiellement catastrophique) local du Vésuve, comme le montre l’éruption historique de l’an 79 après J.-C. Le fait qu’il n’y ait pas eu d’éruptions récentes diminue encore la perception du danger par les citoyens, mais la crise bradisismique en cours nous rappelle que beaucoup sont littéralement « assis » sur un énorme chaudron de lave. Une récente étude a déterminé que le réservoir de magma se trouve à environ 5 kilomètres de profondeur.
Il n’y a pas de risque immédiat d’éruption car aucun paramètre géophysique sinistre n’a été détecté, comme l’ont souligné les experts, mais il est clair que la surveillance doit être approfondie et constante. Les secousses sismiques de magnitude comparable à celles les plus fortes enregistrées ces dernières décennies (y compris celle du 20 mai) ne changent pas la donne en termes de « structures qui bougent », comme l’a spécifié le docteur Claudio Chiarabba, directeur du Département des Séismes de l’Institut National de Géophysique et de Volcanologie (INGV). Par conséquent, on ne s’attend pas à ce que ces séismes des Campi Flegrei influencent de quelque manière que ce soit le risque éruptif du Vésuve. Comme indiqué, il s’agit en réalité de deux structures volcaniques distinctes. Il est clair que des événements d’une intensité extrême pourraient également soumettre les structures volcaniques voisines à un stress susceptible d’exacerber d’éventuels risques éruptifs, mais ce n’est pas du tout la situation actuelle. Pour le moment, il n’y a aucun signe d’une éruption imminente, ni pour les Campi Flegrei ni même pour le Vésuve, qui est en quiescence et donc « calme ».
