Pendant des années, la science a cherché à comprendre pourquoi l’amour se termine et quels sont les mécanismes qui conduisent à la fin d’une histoire. Les chercheurs ont réussi à trouver une loi mathématique qui explique comment une histoire résiste au passage du temps : y parvenir est possible, mais l’amour seul ne suffit pas.

« Et ils vécurent heureux pour toujours ». Enfant, nous l’avons entendu dans tous les contes d’amour, peut-être y avons-nous même cru. Mais en grandissant, nous avons commencé à douter, du moins la plupart d’entre nous l’ont dû faire, à l’exception de quelques chanceux. Il n’y a pas d’autre moyen de le dire : l’amour est presque toujours destiné à se terminer. Les statistiques sur les mariages le disent : dans plusieurs pays occidentaux, 50% d’entre eux ne durent pas plus de 25 ans. En Italie, les choses ne vont pas mieux : les personnes se marient de moins en moins et même les couples mariés ne résistent pas toujours au passage du temps. En 2016, il y a eu environ 3,4 mariages pour mille habitants, alors que 1,4 divorces ont été enregistrés (pratiquement un divorce pour trois nouveaux mariages).
Le fait est que les relations ont tendance à s’épuiser et les couples à se séparer. La science l’a déjà démontré il y a longtemps, mais maintenant certains chercheurs ont rassemblé les informations élaborées jusqu’à présent pour découvrir les lois à la base de ces rares couples qui semblent ne pas subir ce destin inévitable. En substance, ils ont trouvé ni plus ni moins que le secret du « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » (à condition d’accepter quelques pauses de temps en temps dans ce « pour toujours »).
Un couple obéit aux lois de la physique
Comme l’explique un long article publié sur The Conversation, une relation fonctionne plus ou moins comme ce qui est appelé un système clos. Le premier à l’avoir affirmé était le psychologue des relations John Gottman, selon lequel la relation entre deux partenaires répond en substance à la deuxième loi de la thermodynamique. Selon cette dernière, un système clos s’épuise si aucune énergie n’est fournie : en d’autres termes, pour faire durer une relation, il ne suffit pas de ne rien faire de mal si on ne fait rien pour l’améliorer.

Le sentiment ne suffit pas
Une étude menée par l’Université de Madrid a essayé de vérifier si cette loi était confirmée ou non par l’application de systèmes dynamiques, c’est-à-dire ces outils mathématiques utilisés pour étudier l’évolution d’une variable dans le temps.
Dans ce cas, la variable est clairement représentée par le sentiment d’amour dans le couple, qui, selon la théorie de Gottman, est donc influencé par l’énergie apportée au couple par ses membres. Les auteurs de l’étude parlent d’« effort » des partenaires pour faire durer le sentiment pour toujours. À partir de ces modèles, il en ressort que pour atteindre cet objectif, la relation a besoin d’un niveau d’effort de la part des partenaires qui dépasse ce qu’ils seraient naturellement amenés à faire. Cette différence entre l’effort naturel et l’effort nécessaire est ce qui met en péril la stabilité du couple et risque finalement de le faire s’effondrer.
Celui qui aime le plus doit faire le plus d’efforts
Apparemment, selon les calculs des chercheurs, l’amour ne tient pas du tout compte des lois du karma. Leur modèle mathématique montre en effet que dans les couples qui fonctionnent, lorsque survient un facteur externe déstabilisant – un problème ou une crise – pour la surmonter, les deux partenaires doivent augmenter leur niveau d’effort, mais celui qui est le plus émotionnellement impliqué à ce moment-là doit faire le plus grand effort.
Cette différence d’effort peut également se produire dans ce qu’on appelle les couples hétérogènes, c’est-à-dire ceux dans lesquels il y a une différence d’origines (sociale, religieuse, culturelle ou économique) entre les deux partenaires. Il semble en effet que les couples homogènes, c’est-à-dire les relations dans lesquelles les individus viennent d’un contexte très similaire, soient en général plus stables et plus enclins à durer. Dans ces cas-là, les différences entre les deux personnes peuvent les amener à investir dans la relation un type d’effort différent, mais cette asymétrie peut devenir destructrice pour le couple à long terme.
