Magnifique cigogne blanche aperçue au parc du Circeo : les images de cette rare rencontre

Cicogna bianca. Crédit : Andrea Centini

Un spécimen de cigogne blanche a été repéré dans le parc national du Circeo, où ces merveilleux oiseaux se rencontrent très rarement. Autrefois, les cigognes nichaient également sur les cheminées de la Rome impériale, mais depuis 1600, elles ont disparu d’Italie, pour ensuite commencer à revenir lentement après la guerre. Les images de cette rencontre spectaculaire.

Cicogna bianca. Crédit : Andrea Centini

Cicogna bianca. Crédit : Andrea Centini

Le dimanche 14 avril 2024, dans l’après-midi, une cigogne blanche rare et magnifique (Ciconia ciconia) a été repérée en vol dans le parc national du Circeo. L’oiseau survolait à basse altitude certains champs agricoles et a permis de capturer les images que vous pouvez voir dans l’article. La cigogne a été photographiée lors d’une séance de photographie naturaliste consacrée à la merveilleuse biodiversité offerte par le parc dans la province de Latina (qui est généralement riche en cette première partie de la belle saison). Cet oiseau majestueux en noir et blanc, arrivé ces jours-ci d’Afrique pour la migration printanière, a rapidement disparu après être passé derrière quelques arbres qui ont coupé la ligne de vue. Il n’est pas clair si la cigogne s’est éloignée du point d’observation, un endroit non loin du lac de Caprolace, ou si elle a poursuivi son voyage. La présence d’un canal, l’altitude basse du vol (généralement, les cigognes migratrices volent très haut) et une manœuvre en cercle laissent supposer la seconde hypothèse. Ce qui est certain, c’est qu’il s’agit d’une observation rare et très significative.

Cicogna bianca. Crédit : Andrea Centini

Cicogna bianca. Crédit : Andrea Centini

L'enorme apertura alare della cicogna bianca. Credit: Andrea Centini

L’enorme apertura alare della cicogna bianca. Crédit : Andrea Centini

L'enorme apertura alare della cicogna bianca. Credit: Andrea Centini

En Italie, selon les données citées par la LIPU, on compte actuellement plus de 300 couples nicheurs, principalement dans le nord, mais des populations significatives commencent également à se développer dans le sud, comme celle de Gela (Sicile). Ce sont des données encourageantes, sachant qu’autrefois les cigognes nichaient également dans la Rome impériale avant de disparaître du pays vers 1600. Les premiers signes de leur retour ont commencé après la guerre, grâce à des projets et des centres de réintroduction tels que ceux de Racconigi (Cuneo), Fagagna (Udine), le parc naturel du Mincio (Mantoue) et d’autres. Aujourd’hui, ces magnifiques oiseaux sont en train de repeupler notre pays.

Plusieurs régions ont été le lieu de nidification de la cigogne blanche. Parmi celles mentionnées par la LIPU figurent « le Piémont, la Lombardie, la Vénétie, le Frioul-Vénétie Julienne, l’Émilie-Romagne, la Toscane, la Campanie, la Calabre, les Pouilles, la Sicile et la Sardaigne ». Le Latium, comme le montre cette liste, n’est pas encore inclus. Ces animaux sont donc souvent repérés dans le parc national du Circeo, comme en témoignent les données partagées avec Netcost-security.fr par l’ornithologue et botaniste anglais Nick Henson, qui a commencé à enregistrer les observations des oiseaux dans le parc pontin depuis le début des années 80.

Le chercheur nous a confirmé qu’il a commencé à collecter systématiquement des données à partir de 1988, mais il n’a vu sa première cigogne blanche qu’en 2006, à la fin du mois d’octobre (évidemment en migration de retour vers l’Afrique). Depuis lors, il a fait d’autres observations les années suivantes, que nous rapportons ci-dessous : trois spécimens en mars et un en novembre 2007 ; un en septembre et quatre en novembre 2009 ; un en avril 2011 ; un en février et quinze entre mars et avril 2013 (dont un blessé par la foudre et emmené dans un centre de récupération en Italie du Nord) ; un en août 2016 ; cinq en avril 2017 ; un en mars 2018 ; trois en mars 2019 ; un en juin 2020 ; un en avril 2021 ; et un en avril 2024, celui documenté par nous. Il est donc assez difficile de rencontrer ces oiseaux dans le parc pontin.

Le professeur Henson nous a expliqué que les cigognes se divisent principalement en deux populations : l’est et l’ouest. Selon leur lieu d’hivernage, principalement en Afrique subsaharienne, les cigognes blanches reviennent en Europe en empruntant deux itinéraires distincts, soit au-dessus du détroit de Gibraltar, soit par le Bosphore. Ces oiseaux exploitent les courants thermiques ascendants pour planer, ce qui est moins fatigant, mais évitent de traverser la mer Méditerranée car ces courants ne se forment pas au-dessus de la mer. Un petit groupe qui niche généralement en Italie passe cependant par la Tunisie en traversant le cap Bon pour arriver en Sicile. Il est possible que l’individu observé à Circeo ait emprunté cet itinéraire, mais sa destination finale n’est pas connue. Comme confirmé par le Dr Henson, la population est de cigognes blanches de l’est est en bonne santé, tandis que celle de l’ouest est en grave déclin, principalement en raison de la destruction des zones humides et de la diminution des proies.

Traditionnellement, l’observation des cigognes est perçue comme un signe de bon augure. Dans la culture populaire, elles sont également associées au transport des bébés, grâce à la fameuse bourse tenue dans leur bec. Comme l’explique la LIPU, cela remonte au fait qu’autrefois, après la naissance d’un nouveau-né, pour le réchauffer, le feu était maintenu allumé dans les maisons, même au printemps. Les cigognes étaient attirées par les cheminées chaudes et choisissaient précisément celles-ci pour y construire leur nid. Ces oiseaux, en effet, nichent souvent dans des environnements anthropisés à proximité des zones où ils se nourrissent, choisissant les cheminées, les pylônes et autres infrastructures surélevées où ils construisent des nids larges d’environ deux mètres de diamètre. La femelle pond 3 à 4 œufs, d’où émergent les poussins environ 35 jours plus tard. L’incubation est assurée à la fois par le père et la mère. Les cigognes blanches sont tendanciellement monogames et forment donc un couple pour toute leur vie. Elles peuvent vivre environ 40 ans. Les jeunes commencent leur migration depuis l’Afrique vers l’âge de trois ou quatre ans, lorsqu’ils deviennent matures pour la reproduction.