SpaceX a lancé dans l’espace la Starship, le prototype du vaisseau spatial qui emmènera l’homme sur Mars et permettra la reconquête de la Lune. Le vaisseau s’est détaché de la plateforme de Starbase à Boca Chica et est en route vers l’espace. C’est le troisième lancement du plus grand et puissant véhicule spatial.

Au 14:25 heure française d’aujourd’hui, SpaceX a lancé la Starship, le révolutionnaire vaisseau spatial qui emmènera l’homme sur Mars. Il s’agissait du troisième test de vol intégré (IFT) du gigantesque véhicule spatial, composé de la combinaison de la fusée lanceuse SuperHeavy et du vaisseau spatial proprement dit appelé Starship (ils conservent tous deux le nom de Starship). Rappelons que c’est le plus grand, le plus lourd et le plus puissant véhicule spatial jamais construit ; il atteint en effet une hauteur de 122 mètres, tandis que sa masse au décollage est de 5 000 tonnes. Ce sont des données qui lui permettent de surpasser le colossal Saturn V du Programme Apollo, celui qui a permis aux astronautes de la NASA de conquérir la Lune dans les années 60 et 70 du siècle dernier.
Le lift-off ou décollage de la Starship, initialement prévu à 13h00 heure française (07h00 CT), a été reporté à plusieurs reprises par la compagnie aérospatiale privée d’Elon Musk, en raison de bateaux présents dans la zone d’exclusion et de vents forts en haute atmosphère. Malgré un retard d’une heure sur l’horaire prévu, le chargement de carburant a été correctement réalisé et le vaisseau spatial a été lancé avec succès à l’heure programmée. La fenêtre de lancement était de 110 minutes (14:50 limite). À la fin du compte à rebours palpitant, Starship a libéré l’énorme puissance de ses 33 puissants moteurs Raptors du premier étage et s’est détachée de la plateforme de lancement de Starbase, la base spatiale de SpaceX située à Boca Chica, dans le sud du Texas.
L’objectif principal de ce troisième test de vol intégré (IFT) était de réaliser pour la première fois un vol orbital. En effet, les deux lancements précédents, bien qu’ils aient été considérés comme un succès (plus ou moins partiel), n’ont pas permis à la Starship d’atteindre l’altitude prévue. Le lancement inaugural du jeudi 20 avril 2023, reporté de 3 jours en raison d’une vanne gelée, a duré seulement 3 minutes ; après le décollage, les ingénieurs de SpaceX ont en effet détruit le vaisseau spatial en raison de la non-séparation des étages. Cependant, ils ont recueilli des données précieuses pour le deuxième test de lancement, réalisé le 18 novembre 2023. Grâce à ces données, les deux principaux étages – la fusée lanceuse SuperHeavy / Booster 9 et le vaisseau spatial Starship / SHIP25 – se sont séparés correctement lors d’une spectaculaire procédure de décollement à chaud.
En raison de la perte des données (après 9 minutes de vol) et du contrôle, probablement en raison d’un retard dans l’allumage du système automatisé de terminaison du vol présent sur le deuxième étage, SpaceX a été contrainte de détruire les composants du véhicule spatial. La fusée lanceuse à 70 kilomètres d’altitude, le deuxième à plus de 150 kilomètres. Cela indique que le vaisseau spatial a quand même réussi à franchir efficacement la Ligne de Karman et à pénétrer dans l’espace. Un jalon historique, même s’il n’a pas atteint l’altitude souhaitée et accompli le vol orbital prévu.
C’était l’objectif ambitieux principal du troisième vol d’aujourd’hui, le premier de 2024, après les deux étapes précédentes qui ont permis aux ingénieurs de corriger toutes les anomalies et les problèmes rencontrés. Il est bon de savoir que SpaceX a effectué 60 corrections de défauts après le premier lancement d’avril et 17 autres après le deuxième. Mais SpaceX visait également d’autres objectifs, notamment l’allumage correct des deux étages ; l’ouverture et la fermeture d’une porte spécifique pour la charge utile de la Starship (par exemple pour le déploiement de satellites) ; le transfert de carburant des petits réservoirs à la « tête » de la Starship vers les réservoirs plus grands pour le décollage, une exigence de la NASA nécessaire pour permettre les futures missions sur la Lune ; et la première ré-allumage d’un moteur Raptor dans l’espace et le retour contrôlé du vaisseau spatial.
Si lors du premier lancement le seuil de succès partiel était le lift-off (le décollage de la plateforme de lancement) et lors du deuxième la séparation des deux principaux étages, pour le troisième SpaceX a naturellement relevé la barre encore plus haut. Dans ce cas, l’amerrissage contrôlé du SuperHeavy dans le Golfe du Mexique doit en effet se dérouler correctement, tandis que le deuxième doit rejoindre l’Océan Indien (au large de l’Australie), où est prévue la descente à plat de la Starship. Il est intéressant de noter que lors de ce troisième lancement, le plan de vol est légèrement différent de celui prévu pour les deux premiers ; lors des deux premiers tests, l’amerrissage du vaisseau spatial était prévu près des îles Hawaii, tandis que cette fois-ci, il y aura une orbite plus petite qui s’arrêtera dans l’océan Indien. Rappelons qu’il s’agit d’un test de véhicule expérimental ; seulement après avoir franchi ces phases fondamentales, SpaceX tentera également de récupérer la Starship, exactement comme pour le Falcon9.

